International
Accès internet dans les zones rurales des Pays du sud : le téléphone mobile plutôt que l’ordinateur ?
Un extrait de l’article :
"Le téléphone portable serait-il l’outil du futur pour assurer le développement économique des campagnes dans les pays du Sud ? Ou, pour reprendre l’expression indienne, le vecteur qui gommera la « fracture numérique » séparant les villes des villages ? La réponse est loin d’être tranchée, mais de plus en plus de chercheurs estiment que le portable pourrait effectivement s’avérer plus efficace que l’ordinateur pour connecter les zones les plus reculées au reste du monde. « Les portables d’aujourd’hui sont aussi puissants que les PC de l’an 2000, et beaucoup moins cher », résume Srinivasan Keshav, professeur à l’université de Waterloo, au Canada."
La suite à lire ici : http://www.liberation.fr/transversales/futur/reportage/293978.FR.php
Résultats de la consultation en ligne sur la stratégie de l’Union Européenne en matière d’e-Inclusion
En juin dernier, CRéATIF s’est engagé pour soutenir la démarche de consultation publique de l’Union européenne sur sa politique d’e-inclusion. Nous avons traduit le questionnaire initialement en anglais uniquement et diffusé largement dans nos réseaux un appel à contribuer.
Voici les résultats de cette consultation, tels qu’ils sont présentés dans le dernier "rapport de l’initiative européenne 2010 sur l’inclusion numérique". Encore une fois, il a fallu se farcir la traduction en français car il semble qu’on ne puisse participer à la construction de la société de l’information, "inclusive et européenne", que si on lit très couramment l’anglais. :-(
Le rapport complet (pdf en anglais 191 p.) déjà cité sur ce site dans un précédent article est disponible là : European i2010 initiative on e-Inclusion, "To be part of the information society" Impact Assessment
Les résultats de la consultation en ligne sur la stratégie de l’Union Européenne en matière d’e-Inclusion
Le questionnaire était constitué de 12 questions sur différents thèmes se rapportant à la Déclaration ministérielle de Riga. Trois invitations à répondre ont été adressées directement à 2000 contacts. Le questionnaire a été annoncé surle Portail Europa et le service de presse Société de l’Information. Au final, 211 réponses ont été collectées. La majorité des réponses (65%) proviennent de particuliers (principalement de l’Europe des 15). 35 % des réponses viennent d’institutions, y compris les ONG représentant des usagers ou des industriels, des entreprises ou des centres de recherche. Les réponses confirment :
- On constate des progrès limités en matière d’e-accessibilité depuis l’adoption de la communication de 2005 soulignant le rôle des mesures volontaires de la part des industriels, ainsi que le risque d’une fragmentation aux niveau des lois et des marchés (avis partagé par 69% et 72% des répondants).
- Le besoin de renforcer (81%) et réviser (87%) la législation actuelle, comme de proposer une nouvelle legislation (72%) en matière d’e-accessibilité a été fortement souligné. Les répondants confirment aussi le besoin d’outils d’accompagnement engageant les acteurs concernés : Responsabilité Sociale des Entreprises (68%), veille renforcée (66%), coopération entre usagers et industriels (61%). Sur l’accessibilité des sites web, 53% des répondants suggèrent d’utiliser des normes obligatoires pour tous les services publics.
- L’écrasante majorité des répondants pensent que l’amélioration de l’e-accessibilité aurait des impacts très positifs sur les personnes (90,5%), sur l’industrie européenne (82,5%), et sur la société dans son ensemble (92,1%).
- Les compétences numériques doivent être renforcées selon 90% des réponses, en encourageant les partenariats public/privé (82%), et en encourageant les efforts pour promouvoir des standards de qualifications (75%).
- Les personnes agées sont dissuadées de débuter dans l’usage des produits et services à base de TIC à cause de barrières commerciales (53% des répondants) et le besoin de sensibiliser les seniors aux potentialités des TIC, ainsi que le développement des compétences, de l’accessibilité et de l’accès aux technologie (souligné par 65 à 76 % des réponses).
- Le potentiel de l’usage des TIC est perçu de plus en plus comme un facteur d’intégration sociale et économique pour les jeunes marginalisés (61%) et pour les minorités ethniques (74,6%). Intégrer le thème de l’e-inclusion dans les politiques d’Education, d’Emploi et d’Immigration a été sélectionné respectivement par 42,7% 31,7% et 30,2% comme une priorité première.
- La majorité des répondants, approuvent (55,6%) ou approuvent fortement (15,9%), l’idée que le web social (ou web 2.0) a un fort potentiel en matière d’inclusion sociale, dans la mesure où les services peuvent être mieux adaptés aux usagers et les usagers plus impliqués dans la Société de l’information.
- Un appel fort à accroître les compétences TIC au sein des services publics (84%).
- Les répondants soulignent massivement (87%) le besoin d’accroître la place de l’e-inclusion à travers toutes les politiques, en renforçant les débats et les échanges internationaux, sur l’e-inclusion, en promouvant la recherche et l’innovation, ainsi qu’une meilleure coordination des niveaux locaux, nationaux et européens.
- Les répondants encouragent aussi fortement (87%) l’Union européenne à favoriser le dialogue à propos d’e-inclusion entre les différents acteurs concernés et soutiennent les efforts des industriels accomplis via la Responsabilité Sociale des entreprises (75%).
23 réponses de représentants de la société civile ou d’organisations professionnelles ont aussi été reçues par mail. Ces réponses, utilisant le questionnaire ou sous forme libre, diffèrent particulièrement en ce qui concerne les propositions en matière d’e-accessibilité. Les opinions exprimées vont d’un soutien à une intervention législative plus marquée (demande d’organisations de la société civile) à des avis plus réservés de la part d’industriels.
Ces derniers reconnaissent qu’une approche commune au niveau européen est nécessaire du fait de l’actuelle fragmentation du paysage de l’e-accessibilité en Europe, causée par les exigences divergentes dans les états membres. Malgré cela, le retour de certains acteurs industriels exprime l’invitation à privilégier la mise en oeuvre de solutions ou de procédures d’implémentation régulatoires reposant sur l’auto-certification des produits et services, l’usage de cahier des charges fonctionnels d’e-accessibilité et la promotion de normes en collaboration avec d’autres acteurs économiques majeurs que les Etats-Unis.
Rapport de l’initiative européenne i2010 sur l’insertion numérique
Ce rapport très détaillé (191 pages en anglais) fait le point sur l’état d’avancement dans les pays de l’Union européenne de l’initiative sur l’e-inclusion, par rapport aux objectifs fixés pour 2010 lors de la Conférence de Riga en 2006.
J’ai résumé quelques passages du début du texte qui fait un point sur la situation de l’e-inclusion en Europe et constate que les objectifs fixés à Riga ne pourront pas être atteints.
La suite du rapport est très intéressante, puisqu’elle préconise les élements cadres de la politique européenne des années à venir, mais demande pas mal de temps pour faire une traduction synthétique en respectant bien les nuances du texte. Donc à suivre ...
European i2010 initiative on e-Inclusion, "To be part of the information society" Impact Assessment
sous-titre : European i2010 initiative on e-inclusion "No one left behind in the information society"
Les objectifs de la déclaration de Riga ne seront pas atteints
La déclaration de Riga identifiait 6 points clés et objectifs :
- personnes agées & TIC,
- fossé géographique,
- e-accessibilité ( usage des TIC par les personnes handicapées),
- alphabétisation et compétences numériques (digital literacy),
- TIC au service de la diversité culrturelle,
- e-administration inclusive.
Les données recueillies lors des dernières études en 2006 montrent que peu de progrès ont été réalisés dans ces domaines.
Taux d’usages : Par exemple, les pourcentages d’usage régulier d’internet en 2006 comparé à (celui de 2005) pour les 27 pays de l’Union Européenne étaient de : – 71% (68%) pour les 16-24 contre seulement 10% (10%) pour les 65-74 ans ;
- 76% (73%) pour les européens disposant d’un niveau d’études supérieur contre seulement 25% (24%) parmi les européens ayant un niveau d’éducation élémentaire.
- 58% (54%) parmi ceux qui ont un emploi contre 36% (32%) parmi les demandeurs d’emploi.
- 51% parmi les habitants des zones densément peuplées contre 35% pour ceux qui résident dans les zones d’habitat dispersé.
E-accessibilité :
En moyenne pour les 27 pays de l’Union Européenne seuls 5% des sites web publics sont conformes aux normes minimum d’accessibilité requises.
Fossé géographique :
89% de la population des 27 états membres de l’Union Européenne réside dans une zone couverte par un accès haut-débit (92% dans les pays de l’europe des 15). Mais les lignes de fractures géographiques persistent dans les zones rurales où la moyenne de couverture s’établit plutôt à 71%, avec des vitesses de connexion plus faibles et moins d’alternatives dans le choix de l’opérateur.
Compétences numériques :
Seuls 57% des européens ont les compétences de bases dans l’usage d’internet et d’un ordinateur. Compte-tenu du faible niveau d’exigence de l’enquête sur ces compétences de base, cela reste très insuffisant pour pouvoir imaginer tirer pleinement profit des TIC.
e-administration :
En 2006, parmi la population des 27 pays de l’Union européenne agée 17 à 74 ans :
- 21% utilisent les e-services pour obtenir de l’information ;
- 13.3% téléchargent des formulaires ;
- 8.8% effectuent des transactions.
En comparant avec les données 2004 et 2005, on constate un développement très faible de ces usages.
Personnes agées & TIC :
Les données d’enquête montrent que les objectifs fixés par la Conférence de Riga pour 2010 ne seront pas atteints et que les progrès réalisés dans le développement des usages sur cette tranche d’âge de la population sont faibles.
Est-ce la fin de l’accès public à Internet au Canada ?
Le Programme d’Accès Communautaire (PAC) assure la maintenance des équipements et la formation des intervenants du milieu communautaire. L’Initiative Jeunesse du PAC (IJ-PAC) quant à elle permet à des centaines de jeunes d’avoir une première opportunité d’emploi tout en aidant des milliers de Canadiens et de Canadiennes à s’initier à Internet et à la micro-informatique. Cette introduction à l’informatique s’effectue par le biais de formations et d’animations gratuites qui facilitent l’appropriation et l’utilisation des technologies de l’information et des communications (TIC). Ces formations sont offertes dans les milliers de Centres d’accès communautaire à Internet (CACI) implantés à travers le Canada dans les écoles, les centres communautaires et les bibliothèques.
La population qui participe aux activités de l’IJ-PAC vient apprendre les rudiments de l’informatique, élément essentiel à une participation active à la société d’aujourd’hui. Il s’agit de personnes âgées, autochtones, nouveaux arrivants, chômeurs, jeunes, personnes analphabètes, personnes atteintes de troubles de santé mentale, itinérants, personnes handicapées, personnes n’ayant jamais eu à travailler ou à utiliser Internet, bref, un large éventail de notre société potentiellement exclu de ces technologies.
Certains programmes spéciaux sont aussi offerts afin de fournir des formations plus spécifiques aux personnes handicapées et aux personnes en processus d’alphabétisation. Ce volet permet d’adapter les formations aux besoins plus particuliers de ces populations.
Pour bien des gens, l’accès public et les formations à l’utilisation de l’informatique sont devenus des services essentiels. De plus en plus de domaines de la vie quotidienne nécessitent d’avoir accès et de savoir se servir d’un ordinateur, que ce soit pour rechercher un emploi, accéder aux services du gouvernement en ligne, communiquer avec la famille et les amis éloignés, s’auto-former ou mettre à jour des connaissances, briser l’isolement, faciliter la communication pour les personnes à mobilité réduite, etc. Depuis 5 ans, une augmentation constante de la fréquentation des centres d’accès a été enregistrée. Cette année, pour 40% des utilisateurs, il s’agissait de leurs premiers pas avec l’informatique.
En ce sens, Télécommunautés Canada souhaite rappeler à Industrie Canada et au gouvernement canadien l’importance du PAC et de son Initiative Jeunesse. Ces deux programmes ont prouvé leur valeur et pour garantir la poursuite de leur succès, ils méritent qu’on leur accorde enfin un financement récurrent et suffisant.
À propos de Télécommunautés Canada
Dans l’optique de promouvoir le réseautage communautaire canadien tant au niveau national qu’international, Télécommunautés Canada travaille à s’assurer que tous les Canadiens et Canadiennes puissent participer et utiliser les divers services de leur communauté, en appuyant les initiatives locales en matière de technologies de l’information et des communications.
Le Programme d’Accès Communautaire (PAC) et son Initiative Jeunesse sont coordonnés par Industrie Canada et financés par le biais du programme Stratégie Emploi Jeunesse du Canada (SEJ) du Développement des Ressources Humaines Canada.
Une typologie des « fracturés » du numérique
Selon cette dernière enquête qui correspond à des mesures effectuées en 2006, la progression rapide des taux d’équipement des ménage et d’utilisation de l’internet constatée dans les annéees 2003-2004 semble marquer une pause en Wallonie.
Voici quelques indicateurs principaux :
- Taux de ménages disposant d’un ordinateur : 63% (identique à 2005 mais 55% en 2004) ;
- Taux de ménages avec connexion Internet : 52% (contre 51% en 2005 et 40% en 2004) ;
- Taux de citoyens ayant utilisé Internet au cours de l’année 2006 : 65% (contre 64% en 2005 et 54% en 2004).
L’auteur minimise le phénomène, qui n’est peut-être qu’un effet de correction après une forte hausse, cependant cette stagnation ramène au premier plan la question du fossé numérique qui ne semble pas prêt d’être comblé.
Une fracture numérique, moins large mais plus profonde
Selon André Delacharlerie, « chaque année voit se confirmer et se préciser une fracture numérique qui, si elle touche un public se réduisant légèrement d’année en année, tend toutefois à s’approfondir. » Ainsi, l’AWT a pu isoler des groupes cohérents susceptibles de servir de base pour la mise en place d’actions plus ciblées et plus efficaces de lutte contre la fracture numérique.
Ainsi, tenant compte des profils des personnes, on peut distinguer plusieurs catégories de "fracturés numériques" :
- les "internautes par procuration" : personnes qui n’utilisent pas personnellement Internet, mais font appel souvent (un sixième d’entre eux) ou parfois (cinq sixièmes) à un proche (parent, ami, collègue, voisin, etc.) pour effectuer à leur place des recherches ou des démarches sur Internet. Ces internautes par procuration représentent 30% des non utilisateurs soit 8% des Wallons. Un tiers de ceux-ci sont âgés de moins de 50 ans tandis que deux tiers sont des seniors ;
- les "fracturés sociaux" : personnes en âge de travailler, mais pour la moitié sans emploi, ayant souvent un niveau d’éducation moyen ou faible, vivant souvent dans des ménages de 2 personnes et plus, et ne faisant pas appel à un proche pour accéder à Internet à leur place. Ces fracturés sociaux représentent environ 11% des non utilisateurs d’Internet et 5% de la population wallonne de 15 ans et plus ;
- les "fracturés seniors" : personnes âgées de 50 ans et plus ne faisant aucun usage d’Internet, ni personnellement, ni via proche. Constitués pour les trois quarts de retraités ou préretraités et pour un dixième de personnes sans activité professionnelle, ils représentent 59% des non utilisateurs d’Internet, soit 18% de la population wallonne de 15 ans et plus.
Mes Commentaires :
De mon point de vue, les personnes qui utilisent internet "par procuration" ne sont pas victimes de la fracture numérique. Elles sont socialement connectées à internet, et c’est une manière tout aussi efficace d’être relié aux autres et au monde, même dans la "société de l’information".
Par contre, on voit clairement que les seniors, qui représente près des 2/3 des non utilisateurs d’internet devraient constituer le "coeur de cible" des actions d’accompagnement dans l’appropriation des TIC, ce qui n’est encore malheureusement pas le cas en France dans beaucoup d’Espaces Publics Numériques, victimes du syndrôme de l’espace multimédia pour les jeunes.




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