Politiques gouvernementales

Net Public

Accès public accompagné au numérique : CRéATIF propose 5 mesures et 4 pistes de travail pour une politique nationale d’e-inclusion

Assises du Numérique - juin 2008

Dans le cadre des Assises du Numérique lancées fin mai par Eric Besson, Secrétaire d’Etat, chargé de la Prospective, de l’évaluation des politiques publiques et du développement de l’économie numérique.

Malgré l’essor des outils numériques, 40 % de la population n’a toujours pas accès à internet. Plus les usages et les services se développent, plus celles et ceux qui n’ont pas accès (personnes âgées, isolées socialement, en précarité ...) se sentent exclus de cette évolution de la Société. Il est urgent de prendre en compte ces personnes dans un accès public accompagné de proximité.

Les initiatives portées par les collectivités locales sont nombreuses mais inégales et CRéATIF propose aujourd’hui 5 mesures et 4 pistes de travail afin de définir une politique nationale d’e-inclusion.

Les espaces publics numériques sont des lieux d’accompagnement de projets et de support des usages innovants du numérique au service du lien social

Assises du Numérique – Juin 2008

Propositions de CRéATIF et d’un collectif d’acteurs de l’accès public à Internet

Nous sommes des acteurs engagés dans l’appropriation et le développement des usages du numérique.

L’association CRéATIF rassemble des personnes engagées dans la conduite et la promotion d’actions de sensibilisation du public aux technologies de l’information et de la communication (TIC) pour le compte de collectivités territoriales, associations ou administrations décentralisées. En s’appuyant sur une pluralité de dispositifs d’accès publics, de démarches et de territoires, CRéATIF favorise l’appropriation sociale et citoyenne des technologies de l’information par :

  • l’échange des pratiques et le travail en réseau des animateurs et des responsables ;
  • le soutien et la diffusion des réalisations et des projets ;
  • l’observation et l’évaluation des usages ;
  • l’encouragement d’une participation active de la population.

Pour prévenir les risques de nouvelles exclusions liées aux TIC

L’action de CRéATIF s’inscrit dans une démarche de développement local des usages sociaux, culturels, éducatifs, et des capacités d’expression et de création des populations. Son souci est de favoriser l’accès au droit, à la culture et à l’emploi afin de réduire les inégalités d’accès. Sa volonté est de lutter contre les risques de nouvelles exclusions liées aux TIC.

Depuis plusieurs années déjà, CRéATIF contribue à faire avancer la réflexion en matière de développement et de pérennisation des Espaces publics numériques. Ces lieux offrent aujourd’hui, et plus que jamais, un véritablement accompagnement de la population à une époque où l’informatique et les objets numériques se répandent dans les foyers, où les technologies mobiles sont entrées dans le quotidien de chacun et où les services publics développent de plus en plus leur accès via Internet.

Nous proposons 5 mesures et 4 pistes de travail afin de soutenir les actions d’e-inclusion

Sous la coordination de CRéATIF, ses membres, auxquels se sont associés d’autres acteurs de l’accès public à Internet, ont souhaité apporter leur contribution aux travaux menés dans le cadre des Assises du Numérique lancées par Eric Besson, Secrétaire d’Etat, chargé de la Prospective, de l’évaluation des politiques publiques et du développement de l’économie numérique.

  • Parce que la capacité d’accéder à l’information devient de plus en plus vitale pour tenir sa place dans la Société,
  • Parce que plus de 40% de la population restent encore en marge du maniement du multimédia et d’Internet,
  • Parce que l’appropriation par ces publics éloignés des TIC demandera un effort d’accompagnement plus soutenu du fait des freins cognitifs et culturels,

Nous sommes convaincus que les pouvoirs publics ont un rôle majeur à jouer dans le soutien et le développement de ces dispositifs, afin de tenir les objectifs européens que la France s’est engagée à respecter conformément au programme e-Inclusion 2010.

Contexte et enjeux

L’accès public accompagné au numérique : une mission d’utilité sociale

On ne peut développer une économie du numérique sans faciliter l’appropriation d’une culture numérique par le grand public.

La sensibilisation aux questions de sécurité, de protection de la vie privée et de respect d’une attitude citoyenne, l’accès aux services de l’administration en ligne, le développement des usages d’expression et de création de contenus, la prise en compte des besoins spécifiques des publics les plus éloignés, sont autant de dimensions indispensables au développement durable d’une économie numérique.

Les Espaces publics numériques relèvent d’une mission d’utilité sociale afin de prévenir les risques d’exclusion d’une partie de la population aujourd’hui « déconnectée » de l’évolution rapide vers une société où le numérique occupe une place centrale.

Anticiper de nouvelles disparités

L’équipement des ménages est encore très inégal. Les familles à revenus modestes et faible niveau d’études ont besoin d’un accès à coût réduit (en logement social par exemple) et d’un accompagnement pour comprendre l’utilité et le bénéfice du numérique afin de se repérer dans la diversité des offres.

Après la couverture complète du pays en haut débit, le déploiement du très haut débit se fera de façon lente dans les territoires les moins rentables pour les opérateurs et sera générateur de nouvelles inégalités. Cette perspective nécessite de travailler à un maillage des réseaux, des points d’accès et des éditeurs de contenus locaux, dans une approche d’aménagement numérique des territoires. Le numérique, en permettant le même accès à une offre diversifiée de biens, de services et de culture dans le monde rural comme dans les villes, contribue à rétablir une équité territoriale.

Renforcer la qualité des services proposés

Le paysage français de l’accès public accompagné aux outils et services numériques a longtemps été caractérisé par une diversité de programmes et labels régionaux ou locaux disparates. L’Etat peine à fédérer et coordonner l’action de ces réseaux, dont le morcellement et la discontinuité de couverture du territoire, nuisent à la lisibilité de ces dispositifs par le grand public.

La charte Net Public gagnerait à être associée à un standard de qualité, supérieur à ce que proposent déjà les appellations locales, en mettant l’accent, tant sur la diversité et la cohérence des contenus et services proposés que sur la qualité de l’accompagnement.

Professionnaliser les acteurs

Cette montée en qualité nécessite de miser sur la formation des professionnels : animateurs, médiateurs, bibliothécaires, ... Chargés quotidiennement de répondre aux demandes et d’assurer des initiations ou animations dans leurs espaces, il est indispensable que leurs compétences puissent être réactualisées en permanence, afin de suivre l’évolution rapide des technologies et de leurs usages.

La qualification de ces professionnels doit pouvoir être garantie par le biais d’une certification des compétences reconnue dans la fonction publique territoriale.

Aller au devant des publics éloignés

En accueillant par exemple des services de type visioguichets ou espaces de télétravail, les Espaces publics numériques peuvent contribuer à réduire l’éloignement géographique des habitants de certaines zone rurales enclavées. En veillant à l’accessibilité des outils et services aux personnes en situation de handicap, aux publics illettrés ou en grande précarité sociale, ces lieux pourront mettre la technologie au service de l’inclusion sociale.

Les demandeurs d’emploi sont nombreux à trouver dans ces lieux des ressources pour accompagner leurs recherches. La présence croissante des seniors dans ces espaces, les amènent à côtoyer enfants et jeunes adultes, renforçant par là même le lien social intergénérationnel.

Outiller la créativité du plus grand nombre

L’évolution des technologies numériques laisse présager un potentiel de communications et d’interactions humaines plus interactives que celles que nous avons connu à l’ère de l’audiovisuel analogique. Cette invitation à la créativité des utilisateurs demande de nouvelles connaissances à apprivoiser et à maîtriser. Dans cette perspective, miser sur l’accompagnement humain s’avère un bon investissement.

Propositions de mesures pour l’e-inclusion

Les Espaces publics numériques sont des lieux d’accompagnement de projets et de support des usages du numérique au service du lien social

Mesure 1 : Elaborer avec les acteurs des territoires une Charte d’objectifs NetPublic 2.0

Par « 2.0 », on entend une démarche concertée permettant de définir les objectifs et le cadre dans lesquels doit se dérouler l’intervention des acteurs et prescripteurs, publics et privés, des services d’accès accompagné, d’initiation et de formation aux outils et contenus numériques. Associer aux objectifs quantitatifs et qualitatifs, les moyens à mettre en œuvre et les mécanismes d’observation (démarche qualité) et d’évaluation, qui seront vérifiés par les réseaux d’acteurs constitués, nationaux ou territoriaux.

Mesure 2 : Soutenir les territoires dans le développement coordonné d’un accès accompagné aux outils et services numériques

Définir le développement numérique des territoires et l’accès accompagné des usages, comme une nouvelle compétence obligatoire sur une échelle de territoire à définir (communauté de communes, département, région ...). Renforcer la complémentarité et le maillage des Espaces publics numériques sur les territoires en cartographiant l’existant, en développant une animation territoriale et une communication nationale auprès du grand public.

Mesure 3 : Définir et contractualiser avec les administrations et les collectivités le rôle des Espaces publics numériques dans l’accompagnement du développement de l’e-administration

Valoriser le travail effectué par les EPN pour l’accompagnement des publics à l’usage des téléservices en partenariat avec les administrations et organismes concernés sur les territoires (Communication et participation aux frais de fonctionnement). Développer dans les zones rurales ou relevant de la politique de la Ville, les Relais de services publics ou des dispositifs similaires.

Mesure 4 : Renforcer l’accompagnement et l’accès à l’e administration dans les lieux d’accès public par la présence d’un fonctionnaire d’Etat au côté de l’animateur-trice

Redéployer des fonctionnaires d’État dans les Espaces publics numériques : véritables médiateurs administratifs, ils feraient le lien entre les citoyens et l’administration avec une pleine légitimité (Financement : mesure neutre pour le budget de l’État).

Mesure 5 : Garantir une certification minimale pour les professionnels de l’animation multimédia

Définir un référentiel national des compétences des « Médiateur des technologies numériques » et organiser à l’échelon régional des parcours de qualification des animateurs des Espaces publics numériques en vue d’obtenir la certification C2i niveau 2 correspondante. Faire reconnaître cette certification professionnelle : inscription au RNCP et dans les grilles d’emploi et de concours de la Fonction Publique Territoriale, filière animation.

Pistes de travail complémentaires

Nous proposons en outre quelques pistes de travail qui méritent d’être étudiées, approfondies et soumises au débat :

Piste 1 : Promouvoir et diffuser le B2i Adultes comme référentiel de compétences de base pouvant être acquises et développées au sein des Espaces publics numériques.

  • Encourager la mise en place de passerelles entre initiation dans les EPN et qualification dans les organismes de formation, via un portefeuille de compétences numériques (e-portfolio) s’appuyant sur un référentiel national commun.

Piste 2 : Mobiliser les fonds disponibles dans le cadre du Droit Individuel à la Formation (DIF) afin de financer les initiations qui se déroulent dans les Espaces publics numériques.

  • L’initiation à la Culture numérique fait partie intégrante de l’Education tout au long de la vie et les EPN peuvent collaborer avec les organismes de formation pour une meilleure prise en charge des publics sur chaque territoire (accueil de proximité, horaires plus adaptés).

Piste 3 : Développer des pôles ressources autour de l’appropriation du numérique pour des publics spécifiques (seniors, handicap, illettrisme, migrants...)

  • Identifier les multiples partenaires et personnes-ressources capables d’intervenir sur ces questions et favoriser l’échange et la coopération.
  • Identifier et développer les ressources pédagogiques adaptées, former et outiller les professionnels à l’accueil des publics aux besoins spécifiques et favoriser l’équipement des Espaces publics numériques d’interfaces matérielles et logicielles permettant l’accessibilité à tous les publics (Financement : Fonds européens des politiques d’e-inclusion, AGEFIPH).

Piste 4 : Doter les Espaces publics numériques des technologies les plus récentes afin qu’ils puissent durablement jouer leur rôle de facilitateur dans l’appropriation des nouvelles technologies par le plus grand nombre.

  • Accompagner les collectivités dans le renouvellement des équipements des EPN, afin de les aider à suivre les évolutions rapides des technologies : fibre optique, internet mobile, web TV, web 2.0, visioconférence, ... (Financement : Caisse des Dépôts et taxe sur le numérique collectée auprès des FAI).
Lien hypertexte: Assises du Numérique
Posté le 28 juin 2008
Posté le 28 juin 2008
Consulter cet article seul
Guide "EPN & Ecole" - 3) Mutualiser les moyens

Partager une salle multimédia : comment faire ?

Philippe Cazeneuve, consultant-formateur (Savoir en actes)
Partager la salle multimédia d’une école ou d’un collège entre des usages scolaires et des usages associatifs ou une fonction d’EPN, comment faire pour que ça marche ? Voici quelques facteurs-clés de réussite tirés de l’expérience.

Analyser et organiser en amont

- Identifier les usages et les besoins de chaque groupe d’utilisateurs en les associant à la réflexion.
- Définir une charte commune des règles de bonne conduite pour l’utilisation du matériel.

Des locaux et du matériel adaptés

- Une entrée indépendante différente de celle de l’établissement scolaire permettant un accès le soir et le week-end et des locaux sécurisés (portes et fenêtres renforcées, alarme avec code individuel pour chaque personne accréditée).
- Des ordinateurs en réseau sur un serveur permettant de paramétrer facilement des droits d’utilisation spécifiques pour chaque profil d’utilisateurs.
- Des armoires ou casiers fermant à clé permettant à chaque groupe de conserver son matériel spécifique (périphériques, consommables, documentation, etc ...)

Une salle multimédia multi-usages doit disposer d’un paramétrage permettant de contrôler et limiter strictement la modification de la configuration logicielle des postes. Par exemple :

- Droits d’enregistrement sur le disque dur limité à un seul répertoire (voire aucun avec utilisation de Clé USB obligatoire et système antivirus à jour).
- Personnalisation de l’interface (bureau, favoris, ...) bloquée ou limitée à la durée d’une session.
- Confidentialité complète des opérations effectuées lors d’une session d’utilisation (suppression des historiques de navigation, derniers documents utilisés, cookies, dossier cache, etc ...)

Ce que disent les textes officiels

La décision d’utiliser les locaux scolaires incombe au maire de la commune, après consultation du conseil d’administration de l’établissement (ou conseil d’école) et après accord de la collectivité propriétaire ou attributaire des bâtiments.

- Ouverture d’Espaces NetPublic dans les établissements scolaires - Circulaire N°2004-214 du 26 novembre 2004 – BO N°45 du 9 décembre 2004
- Convention type de partenariat Collectivité locale / Education nationale

Posté le 3 septembre 2007 par Philippe Cazeneuve
Posté le 3 septembre 2007 par Philippe Cazeneuve
Consulter cet article seul

Lutte contre l’exclusion numérique : que proposent les 2 candidats à la présidentielle ?

Politique fiction - scénario N°1 : Sarko Président

Si Nicolas Sarkozy est élu le 6 mai, voici le cadre politique dans lequel son action en matière de lutte contre l’exclusion numérique pourrait être encadrée.

Voir aussi le Scénario N°2 : Ségo Présidente

Le Journal du Net publiait le 20 avril 2007, une tribune de Nicolas Sarkozy "La France à l’ère numérique" dans lequel il expose ses idées et ses projets sur le sujet.

Voici un extrait de ses propos concernant la lutte contre l’exclusion numérique :

« Lutter contre les inégalités numériques est un impératif. Tous les Français, quel que soit le lieu où ils vivent ou travaillent, doivent avoir accès au haut débit à 1 mégabit minimum, demain au très haut débit. Mais l’accès ne sert à rien sans équipement et la France accuse un retard urgent à combler. Je m’assigne le triple objectif de 100% des écoles connectées en haut débit et 100% des universités en WiFi, de doubler le nombre de foyers équipés et de créer un point d’accès public à internet dans au moins un tiers de nos communes. » (...) « Je ferai de la formation numérique une priorité. Je réviserai profondément les programmes et référentiels, trop centrés sur la pratique à l’heure où c’est par la connaissance de la technique qu’on s’affranchit de ses contraintes. J’engagerai aussi une politique adaptée aux besoins de ceux qui ont du mal à franchir le pas du numérique, je pense notamment aux seniors, souvent déroutés face à ces nouvelles technologies, aux foyers ou aux étudiants à faibles revenus et aux TPE et PME qui les négligent faute de temps alors que c’est une condition du maintien et du développement de leur activité. »

On trouve aussi sur le site de l’UMP avec la clé d’accès « fracture numérique », les extraits suivants d’interviews parues dans la presse en mars 2007 (L’Ordinateur individuel et Internautes Micro) : http://www.u-m-p.org/propositions/index.php ?id=fracture_numerique

« Tous les Français n’ont pas les moyens d’acquérir un ordinateur, ni le temps d’acquérir les connaissances nécessaires à sa bonne utilisation. Je ne veux pas de « laissés pour compte » du numérique, qu’ils soient seniors, sans emploi, étudiants, personnes isolées, ou autres. C’est pourquoi je souhaite renforcer considérablement l’usage d’Internet dans l’éducation ; mais aussi créer un véritable réseau de formation de proximité à l’Internet, appuyé par exemple sur le réseau des points d’accès publics à l’Internet. »

Le Monde Informatique avait envoyé à tous les candidats à la présidentielle un questionnaire. Voici un extrait des réponses fournies par Eric Walter, responsable Internet et chargé des TIC à l’UMP :

Dans la question concernant l’Education, on peut lire ceci :

« "l’UMP souhaite étendre le réseau des espaces publiques numériques car le problème de la formation aux TIC ne concerne pas seulement l’Education Nationale, il existe toujours une ’fracture numérique’ chez certains publics, notamment les seniors ou les ménages défavorisés." »

Commentaires :

Il y a 36.700 communes en France, l’objectif d’« un point d’accès public à internet dans un moins un tiers des communes » nous amène à environ 12.000 lieux d’accès publics à internet, contre environ 3.500 répertoriés actuellement, soit quatre fois plus

Toute la question est de définir ce que l’on entend par « Point d’accès public à internet ». C’est sur cette définition qu’il va falloir faire des efforts de pédagogie à destination des élus et rappeller que si la formation numérique des seniors, des foyers à faibles revenus, des TPE et PME ... est la priorité de ces lieux, alors il ne peut s’agir de simples bornes d’accès ou de cybercafés et il convient de renforcer le cahier des charges et les moyens affectés aux espaces publics numériques.

Sur la base du cahier des charges NetPublic (1 animateur à temps plein et 5 PC connectés), on arrive à une estimation des coûts suivants pour 8.000 « Point d’accès public à internet » supplémentaires :
- investissement (hors locaux) : 6.000 € par lieu soit un total de 48 M€, étalés sur 5 ans cela représente la création de 1.600 lieux par an pour un coût annuel de 9,6 M€.
- fonctionnement annuel (salaires chargés) : 25.200 € par lieu soit un coût annuel de 201,6 M€ uniquement pour les lieux nouvellement créés, auquel il faut ajouter 88 M€ pour l’existant.

Pour avoir connaître les bases détaillées de calcul, se reporter à un article précédent, e-inclusion 2010 en France : quels moyens pour quellepolitique ? dans lequel nous proposions quelques données de cadrage pour une politique alternative en matière d’accès mutualisé aux TIC, avec une simulation chiffrée détaillée.

Moralité :

Si votre lieu d’accès public à internet se trouve dans une commune administrée par un maire UMP, que votre conseiller général ou votre député soutient Nicolas Sarkozy, n’hésitez pas à adresser à chacun d’eux, à l’occasion de la campagne pour les élections législatives un rapport succint de l’activité de votre espace, en prenant soin de rappeler dans votre courrier les promesses de leur favori devenu Président.

Lien hypertexte: Savoir en actes
Posté le 3 mai 2007 par Philippe Cazeneuve
Posté le 3 mai 2007 par Philippe Cazeneuve
Consulter cet article seul

Fête de l’Internet du 19 au 24 mars 2007 dans les Médiathèques de Sète - Thau Agglomération

Présentation Générale de nos animations pour la 10e édition de la Fête de L’internet

Les Espaces Culture Multimédia des Médiathèques François Mitterrand et André Malraux de Thau Agglomération organisent pour la 3e année consécutive une série d’animations durant la Fête de l’Internet - http://fete-internet.com - du 19 au 24 mars 2007.

Cette manifestation nationale dont on fête le 10e anniversaire est à mettre en parallèle avec Libre en Fête - http://www.libre-en-fete.net - qui se déroule chaque année à la même période depuis 2001, et qui se consacre à la divulgation du logiciel libre.

Comme les années précédentes, les E.C.M. poursuivent leur travail de vulgarisation autour des logiciels libres et de Linux, avec des présentations de logiciels et des séances pratiques.

Il sera proposé plusieurs outils d’information et de diffusion sur cédérom et version papier, au public dont :

* Bureau libre Free-Eos Version 2, une compilation de logiciels libres « sur cédérom, proposée par le Centre de Ressources Coopératif pour l’Accès Public à Internet et au Multimédia en Pays de Brest à l’initiative de la Ville de Brest, du Conseil Général du Finistère et le Conseil Régional de Bretagne.

* Ubuntu, une distribution GNU/Linux sur cédérom, non commerciale basée sur Debian et lancée en 2004.

* OpenSource Magazine, la revue bimestrielle des solutions et logiciels libres multi-plateformes.

Une conférence est proposée sur le thème « Mineurs : Dangers du Net ! - Internet et la Protection des Jeunes » le vendredi 23 mars à 18h à la médiathèque François Mitterrand, en présence de Gilles Soulié, Directeur Adjoint du SRPJ de Montpellier.

La conférence traitera des risques auxquels sont confrontés les jeunes sur le Net :

Faut-il avoir peur d’Internet ? Comment se protéger, éviter les comportements à risques, permettre aux plus jeunes de profiter du meilleur tout en évitant le pire. Bloggeurs, tchateurs, surfeurs,…parents et éducateurs vous êtes tous les bienvenus !

La Médiathèque François Mitterrand présentera une exposition « Informatique : Vive la liberté ! » en 10 panneaux, sur l’usage du « libre » en informatique, créée par « la Ligue de l’enseignement dans les Alpes du Sud - Centres de Ressources à la Vie Associative », à partir d’une idée originale de « Médias-Cité - Centre de ressources pour les usages du multimédia ».

Cette exposition sera complétée par une rencontre sur le thème « Logiciels Libres, vers un bureau portatif ! » le lundi 19 mars à 18h à la Médiathèque François Mitterrand, qui vous expliquera comment à partir d’une clé USB vous pouvez avoir à votre disposition « un vrai ordinateur portable » avec des applications libres et tous les documents associés. Nous aborderons au cours de cet atelier toutes les solutions existantes libres et commerciales.

Notre manifestation a déjà reçu le soutien de la Ville de Brest, d’Ubuntu (distibution Linux), d’OpenSource Magazine et de Mandriva Linux.

D’autres partenaires comme Mandriva Linux sont attendus dans les prochains jours. Si vous êtes interessés par notre manifestation, n’hésitez pas à nous contacter !

Date et Lieu :

Du 19 au 24 mars 2007 dans la Salle de Conférences de la Médiathèque François Mitterrand et à la Médiathèque André Malraux à l’Espace Culture Multimédia.

Contact :

Daniel BEAURON Responsable des Espaces Culture Multimédia des Médiathèques de Thau Agglomération Tél. 04 67 46 05 06 – poste N°312

Max WATTRE Animateur Multimédia Chargé de Communication des Médiathèques de Thau Agglomération. Tél. 04 67 46 39 11 - Portable : 06 03 39 90 57. E-mail : max.wattre@voila.fr

E-Mail : ecm.mitterrand.sete@orange.fr

Posté le 16 janvier 2007 par Max WATTRE
Posté le 16 janvier 2007 par Max WATTRE
Consulter cet article seul

e-inclusion 2010 en France : quels moyens pour quelle politique ?

Quelques données de cadrage pour une politique alternative en matière d’accès mutualisé aux TIC

Suite aux propositions du CISI de juillet 2006 ("un ordi à 1 euro par jour pour les familles modestes") et à la conférence des ministres européens sur l’e-inclusion qui s’est tenue à Riga les 11-13 juin 2006, cet article tente d’amorcer la réflexion sur ce qui pourrait-être une autre politique et propose :
- de soutenir les usages de la population plutôt que l’offre des constructeurs,
- une méthode de calcul pour estimer le nombre d’ordinateurs connectés en accès public nécessaires par habitant,
- de recourir à la "Solidarité numérique de proximité" (un concept innovant économique pour les fonds publics !),
- une estimation par projection des besoins en Points d’Accès Publics à Internet en 2010,
- une première estimation chiffrée du coût d’un tel programme pour les finances publiques sur 5 ans.

Vos commentaires sont les bienvenus !

La politique du gouvernement est focalisée sur l’accès à domicile

Parmi les mesures annoncées afin de « réduire la fracture numérique », lors du dernier CISI (Comité interministériel pour la Société de l’information) du 11 juillet 2006, une seule mesure a retenu l’attention de la Presse (il est vrai que le dossier fait 49 pages et que celle-ci figure en tête ... ). Sous l’intitulé « un PC et l’Internet pour les familles aux revenus modestes », le gouvernement se propose de lancer « une offre d’ordinateurs de qualité et bon marché, une connexion internet à bas prix négocié, un dispositif de formation/accompagnement à domicile et le tout pour le prix d’un euro par jour, sur 3 ans. » (extrait du dossier de presse

Comme le souligne Jean-Pierre Pinet d’ATD Quart-Monde, coordonnateur du projet Internet de rue « Un euro par jour pendant trois ans, cela fait 1095 euros (et l’on peut se demander ce que signifie un prêt bancaire lorsqu’on n’a pas assez d’argent pour ouvrir un compte...). Ce sera très probablement inaccessible pour les familles les plus pauvres, celles qui n’ont guère que quelques centaines d’euros par mois pour vivre. »

Lundi 17 juillet 2006, dans les colonnes de Libération (1), Benoit Sillard (Délégation aux usages d’Internet) défendait bien mal les solutions d’accès public à internet, qui relèvent pourtant des missions de la DUI, et présentait clairement leur action comme un échec : « Regardez les espaces publics numériques : il en existe près de 3000, où Internet est en accès libre, mais ils ne touchent que 3 à 5 % de la population. Les solutions collectives, nous les défendons aussi, mais elles ne sont pas les plus adaptées pour permettre un accès massif aux nouvelles technologies. » Puis, à propos de l’offre à 1 euro par jour destinée aux familles, il ajoutait : « Nos propositions vont faire bouger tout le monde, y compris ceux qui sont contre. Ça va les titiller et les pousser à faire des propositions alternatives. »

Puisque c’est si gentiment demandé, voici quelques propositions pour une alternative politique en matière d’e-inclusion et d’appropriation des outils numériques par le plus grand nombre.

Nous avons besoin d’une politique de soutien aux usages

L’analyse des motivations et freins des ménages non-connectés nous donne des raisons de douter de l’efficacité d’une politique qui se limiterait à soutenir les dépenses d’équipement des ménages : « (les) ménages qui ne disposent pas de connexion, (..) l’expliquent par l’absence de besoin (un sur deux), le manque de compétences (un sur six) ou enfin, le coût trop élevé (un sur sept). » [INSEE Première Mai 2006) (2) ]

Les baisses de prix ne sont susceptibles d’intéresser que 15 % des non-connectés, alors que la moitié d’entre eux cherchent encore désespéremment à quoi internet pourrait bien leur servir. Nous avons besoin d’une politique de soutien et d’accompagnement des usages (donc de la demande) et non pas d’une politique de soutien à l’offre des industriels et opérateurs, ce qui est complètement contradictoire avec le libéralisme économique dont se réclame le gouvernement actuel.

Peut importe le nombre de matériels vendus, le nombre d’abonnement souscrits, notre objectif n’est pas de soutenir la croissance économique du pays, mais de se prémunir contre les risques d’une exclusion sociale renforcée. Plus que de développer le nombre de connectés, il s’agit de valoriser les usages de sociabilité que permettent les outils de messagerie, car l’expérience nous montre que la communication entre personnes prend le pas sur l’accès à l’information. Valorisons aussi l’expression individuelle ou collective que permettent les outils de publication ou le partage de contenus libres de droits que permettent les outils de Peer-to-peer ou les sites web dit « 2.0 » (tags, favoris partagés, etc ...).

Les lieux d’accès publics existants ne peuvent accueillir que 2 % de la population française

La population qui fréquente les lieux d’accès publics serait trop faible si l’on en croit les chiffres cités par M. Sillard ? Voyons cela de plus près et posons le problème autrement. Puisqu’il existe 3.500 lieux d’accès publics à internet, quelle capacité d’accueil cela représente-t-il ? Sur les bases du cahier des charges du label Net Public proposé par la DUI et sur l’hypothèse d’une consultation hebdomadaire d’internet (3), on arrive à une capacité d’accueil théorique maximale de 300 personnes par lieu d’accueil , soit un peu plus d’1 million de personnes = 1,9 % de la population française de plus de 15 ans ou 3,3 % des personnes non connectées.

Si les enquêtes révèlent que (seulement) 5 % de la population fréquente les lieux d’accès publics à internet, ne serait-ce pas tout simplement parce que statistiquement il n’y en a pas assez par rapport à la population française ? Pour être en capacité d’accueillir ne serait-ce que la moitié des non-connectés dans un lieu d’accès collectif , comme nous y invitent les objectifs du programme européen « e-inclusion 2010 » (4), il faudrait atteindre 50.000 lieux d’accès publics !

En 2006, la France compte 1 ordinateur en accès collectif mutualisé pour 430 personnes quand il en faudrait 1 pour 60

Le débat politique s’alimente de chiffres qui tournent ronds et de slogans qui claquent. Essayons de chiffrer ce que représenterait le soutien d’une politique de soutien de l’accès public collectif mutualisé à internet.

Comme il s’agit de prospective sur les politiques à venir, nous raisonnerons à horizon 2010, qui est le cap fixé par la conférence des ministres européens sur la « e-inclusion » qui s’est tenue à Riga les 11-13 juin 2006 et dont la France a ratifié la déclaration finale.

« L’e-inclusion (participation de tous à la société de l’information) a pour objectifs de réduire de moitié le nombre de personnes n’utilisant pas l’internet dans les groupes menacés par l’exclusion, d’assurer à au moins 90 % du territoire européen un accès à l’internet haut débit et de rendre accessibles tous les sites web publics d’ici à 2010. » (4)

Pour plus de finesse, nous allons raisonner en essayant d’évaluer le nombre de postes en accès public nécessaires, plutôt que de se contenter d’un nombre de lieux dont la capacité d’accueil peut-être disparate.

Actuellement, la France compte 3.500 lieux d’accès publics de type Espaces Publics Numériques, cela fait 17.500 postes en accès public. A cela on peut ajouter d’après les enquêtes d’usages, sans doute autant des lieux privés (cybercafés, cyberboutiques, ...) soit un total de 35.000 postes en accès collectif mutualisé pour 30 millions de personnes non connectées [57 % de non connectés à domicile sur une population de 52 millions de personnes de plus de 15 ans - Sce : INSEE Première Mai 2006) (2) ].

Nous disposons en France d’1 ordinateur en accès collectif mutualisé pour 430 personnes, alors que pour que la moitié des non-connectés à domicile actuels puisse accéder une fois par semaine il en faudrait 1 pour 60 personnes (6).

En 2010, il y aura 35 % de la population française non-connectés à domicile

Essayons maintenant de nous projeter dans le futur, en 2010. Une partie des écarts se comblera de lui-même par la progression « mathématique » du nombre de connectés. Si la progression de l’équipement à domicile se poursuit sur les mêmes bases qu’au cours des 5 dernières années (4), on peut tabler en 2010 sur une proportion persistante de non-connectés de 35 %, soit environ 18 millions de personnes.

S’appuyer sur la « solidarité numérique de proximité » Les statistiques d’usages nous apprennent que 25 % des français se sont déjà connectés chez des amis, voisins, famille. En comptant sur cette « solidarité numérique de proximité », on gagne à faire l’hypothèse qu’une personne non-connectée sur 4 pourrait être « socialement connectée » à internet en partageant ordinateur et connection avec un proche. Cela nous donne 4,5 millions de personnes non-connectés se débrouillant avec leur réseau de solidarité de proximité.

Répartir l’effort entre les lieux à but non lucratif et les lieux à caractère commercial En répartissant l’effort à faire entre les lieux d’accès d’initiative publique ou à but non lucratif et les lieux privés à caractère commercial, on arrive à un besoin d’accueil pour 2010 de 2,25 millions de personnes soit 37.500 postes connectés pour les lieux publics d’accès à internet de type EPN, soit deux fois plus que le parc actuel.

Etaler l’effort dans le temps Les 20.000 postes supplémentaires pour passer des 17.500 actuels au 37.500 nécessaires en 2010 dans les lieux publics d’accès à internet de type EPN représentent un effort pour la collectivité de 4.000 nouveaux postes d’accès collectif mutualisé par an sur 5 ans.

Un accès mutualisé pour les « sans claviers » nécessite un accompagnement humain

L’accès mutualisé à destination de publics débutants ou peu familiers avec les TIC suppose un accompagnement humain ; la charte Net Public prévoit 1 personne pour 5 postes. On pourrait partir sur la base d’un financement Etat à un tiers, un financement Région à un tiers, à charge pour l’échelon local de financer le tiers restant. Dans le scénario chiffré qui suit, nous tablons sur la base d’1 poste financé à 100 % par de l’argent public pour 5 ordinateurs connectés. Il faut donc provisionner des financement publics pour :

- Confirmer les 3.500 personnes nécessaires pour assurer le fonctionnement des 17.500 postes dans les 3.500 lieux d’accès publics déjà présents sur le territoire [88 M € par an].

- Créer chaque année 400 postes de médiation pendant 5 ans [10 M € par an soit 150 M € sur 5 ans] . (7)

ANNEXES : e-inclusion 2010 - France - Données de cadrage d’une politique alternative




e-inclusion 2010 – France – Données de cadrage d’une politique alternative


Personnes (en millions)

Besoin de postes connectés


Non-connectés à domicile

18 M



Objectif = en accueillir la moitié

9 M

150.000


- dont socialement connectés

4,5 M

75.000


- dont EPN d’initiative publique

2,25 M

37.500


- dont cybercafés, cyberboutiques, ...

2,25 M

37.500





Estimation des dépenses d’investissement


2006

2007

2008

2009

2010

Nbre d’ordinateurs connectés dans lieux de type EPN

21.500

25.500

29.500

33.500

37.500

Postes supplémentaires à la charge de l’Etat

2 M€

2 M€

2 M€

2 M€

2 M€

Postes supplémentaires à la charge des collectivités territoriales, associations, ...

2 M€

2 M€

2 M€

2 M€

2 M€


coût d’un poste 1.000 €, hypothèse : prime à l’investissement lors de la création d’un poste connecté

supplémentaires (50 % du coût). Le renouvellement des postes (Durée de vie d’un ordinateur : 3 ans) est à la charge de la structure sur son fonctionnement.



Estimation des dépenses de fonctionnement


2006

2007

2008

2009

2010

Effectif de médiateurs TIC

3.900

4.300

4.700

5.100

5.500

Coût total de la médiation humaine

99 M€

108 M€

118 M€

129 M€

138 M€

- un tiers pris en charge par l’Etat

33 M€

36 M€

39 M€

43 M€

46 M€

- un tiers pris en charge par les Régions

33 M€

36 M€

39 M€

43 M€

46 M€

- un tiers pris en charge par l’échelon local

33 M€

36 M€

39 M€

43 M€

46 M€

Posté le 7 septembre 2006 par Philippe Cazeneuve
Posté le 7 septembre 2006 par Philippe Cazeneuve
Consulter cet article seul