cybercafé/cyberboutique
Kita (Mali), seconde capitale de l’empire Mandingue à l’heure du Net

- Télécentre Sirandou.net à Kita (Mali)
Capitale de l’arachide, Kita est également grande productrice de coton et de cultures vivrières et maraîchères. Des unités industrielles récemment implantées dans la ville, permettent de produire et d’exporter huile, tourteaux et fibres de coton de qualité.
Conscient de la fenêtre sur le monde que les Nouvelles Technologies de l’ Information et de la Communication peuvent apporter à sa région, Monsieur Amadou CISSE, maire de Kita, soutient le projet d’implantation de l’Internet dans sa ville par le biais de télé-centres. L’adjoint du maire a souligné l’ importance de la connexion à l’Internet pour la mairie par rapport à l’état civil, cela facilitant, entre autre, la transmission de l’information aux ambassades.
Sirandou.net, financé par IICD, fourni par Datatech et mis en route en décembre dernier est le premier cybercafé de Kita avec ces trois ordinateurs et son espace bureautique. Dirigé par Abdoulaye Diallo, homme enthousiaste et courageux, Sirandou.net emploie deux jeunes femmes auxquelles Mali-ntic a tendu son micro.
La première, Sankou Sissoko est originaire de Kayes. Son employeur est en quelque sorte son père puisque tous deux sont issus de familles voisines depuis de nombreuses années, ce qui crée de véritables liens dans un pays comme le Mali. Après un CAP en comptabilité, cette jeune femme de 23 ans, a suivi des cours en informatique et une formation à l’Internet à Bamako, dans les locaux du fournisseur d’accès de Sirandou.net, Datatech, qui est également partenaire de l’institut néerlandais IICD. Coumba Diawara, la seconde employée du cyber a également suivi cette formation. Née à Kita dans le quartier de Niapalan, Coumba est titulaire d’un BT en chimie/industrie, obtenu à l’ECICA de Bamako. Comme Sankou, Sirandou.net est son premier employeur après quatre années de chômage.
Expérience du net... Avant de commencer à travailler, Sankou naviguait dans les cybercafés, sur des sites de rencontres où elle a fait la connaissance d’un correspondant vivant en Côte d’Ivoire avec lequel elle continue à échanger des messages. Stratagème dont elle continue d’user afin de fidéliser ses copines au cyber.
Les Kitois et le net... Les Kitois ne sont pas encore très familiers avec l’Internet et la plupart des personnes qui fréquentent le cyber, viennent pour les services proposés par la partie secrétariat : scannage, saisie de textes à 750F la page, photocopies à 75F, envoi et réception de fax... La messagerie électronique commence cependant à faire des adeptes. A Sirandou.net, l’heure de connexion coûte 2000 Fcfa.
Fréquentation du cyber... Une moyenne de six à huit clients par jour. Sirandou.net est ouvert jusqu’à 22 heures tous les jours parce que "... le soir la navigation est plus rapide.", assurent les filles.
Les conseils de Sankou... Sankou invite les habitants de Kita à utiliser plus souvent la messagerie électronique afin de communiquer avec la partie de leur famille expatriée pour économiser de l’argent sur le coût du téléphone. " Vous pourrez envoyer un long message à un prix infime par rapport à la somme qu’il vous faudrait dépenser au téléphone. Les messages peuvent être envoyés dans tous les coins du globe : Afrique, Europe, Amérique, Asie. " Les filles sont là pour guider ceux qui en ont encore besoin et s’acquittent de cette tâche avec bonne humeur.
Différence entre Kayes et Kita ? Pour Sankou, la vie à Kita est très différente de celle de Kayes. A Kita, dit-elle, " ... il n’y a pas autant d’activité qu’à Kayes qui est une grande ville... " Confrontés au chômage, les jeunes de la tranche d’âge de Sankou et Coumba ont tendance à quitter la région. " Les jeunes de mon âge sont obligé d’aller ailleurs car ici, vraiment il n’y a pas de boulot. Il n’y en a pas ! " appuie Coumba. Sur une promotion de 72 élèves dont 35 femmes, près de la moitié ont du partir "tenter leur chance" hors de Kita. Ceux qui sont restés malgré tout, n’ont pas trouvé d’emploi. Coumba a accepté ce poste pour ne pas " baisser les bras ", comme elle le dit elle-même, "ne pas rester là sans rien faire ". Coumba reconnaît que cela commençait à devenir difficile... Sankou donne d’ailleurs l’exemple d’une amie qui aurait " épousé un étranger riche " et "fait quitter le pays à plusieurs de ses proches ". Le genre de conte de fée que la plupart des filles rêvent de vivre mais qui ne se réalisent que pour très peu... " Que nos frères qui sont hors du pays sachent qu’ils peuvent revenir à la maison sans aucune honte si jamais cela n’a pas marché pour eux ! " Voilà qui est bien sage...
Salué aussi bien par la mairie que par les étrangers qui habitent la ville, l’ouverture de Sirandou.net apporte incontestablement sa pierre au désenclavement de cette région de notre pays. Des projets similaires sont en voie de concrétisation. Espérons que tous ces projets veilleront à se compléter et non à se phagocyter les uns les autres, aussi bien pour le bonheur des kitois que pour celui des pionniers tels que Diallo.
AMD
Cybercafés au Mali : plutôt mal que bien
Moins de clients, autant de factures, une guerre des prix, des connexions lentes, un manque d’imagination : les faillites se multiplient La morosité est l’ambiance la mieux partagée dans les cybercafés (maliens) actuellement. Les clients ne se bousculent plus devant les ordinateurs et les gérants passent la journée à se tourner les pouces.
(...)
J’ai trouvé cet article très intéressant sur la situation des cybercafés au Mali, il est en ligne dans son intégralité sur le site de l’association CSDPTT
La conclusion de cet article cite la réflexion d’un professionnel de l’internet local interviewé, qui je trouve ne manque pas d’intérêt, y compris transposée dans notre contexte français.
"Patrick Dupont (chef de division marché des entreprises de Ikatel-Ikanet, un fournisseur d’accès à internet) estime, pour sa part, que le manque d’imagination peut aussi être retenu comme l’une des causes des difficultés des cybercafés. "Beaucoup de promoteurs se contentent seulement d’offrir la connexion Internet. Alors qu’il faut développer plusieurs activités et de nombreux services dans un cyber. Ces services ont l’avantage de créer de la valeur ajoutée et de fidéliser les clients. Un cybercafé ne se résume pas uniquement à la connexion à Internet. C’est tout un service qui doit être initié tout autour pour en faire un véritable espace de loisirs", soutient-il."
20 - Les téléboutiques de Château-Rouge (Paris 18ème)
Un modèle emprunté au Pays du Sud

Les premières boutiques de téléphonie internationale à prix réduit ou « téléboutiques » se sont créées en 1996, suite à la déréglementation des télécommunications. En 2001, s’organisent les premières « Cyberboutiques » , proposant en plus l’accès à l’internet. Elles prennent modèle sur les « télécentres » africains apparus un an plus tôt, au Cameroun ou au Sénégal. « ... les façades sont ornées de dessins aux vives couleurs, les enseignes renvoient aux villes africaines : « Tout Kin », « Kin Call » (pour Kinshasa). Le matériel téléphonique, les ordinateurs parfois, sont enfermés dans des cabines de bois aux portes percées de fenêtres dans lesquelles les clients s’enferment souvent à plusieurs. Les murs sont ornés de photos de sanctuaires ou de monuments, des panneaux de bois posés dans la rue énoncent les services proposés. » [SCOPSI - Août 2004]
Ce modèle d’accès collectif qui nous vient des pays du Sud, se distingue nettement des cybercafés ou des Espaces Publics Numériques :
La « télé ou cyber boutique » relève exclusivement du secteur marchand.
Elle propose un ensemble de services : photocopies, scan, photographie, fax, téléphone facturé à la durée, cartes de forfaits d’appels, ... et accès internet.
Elle peut-être associée à une autre activité commerciale : salon de coiffure, commerce de tissus, d’objets importés, de cassettes vidéos indiennes ou africaines, ... mais jamais associée à un café !
Un bouquet de services destinés aux migrants
Aujourd’hui, ces boutiques continuent de se multiplier, à Paris comme en province, dans les zones de commerce ethnique fréquentées par une clientèle issue de l’immigration :
les commerçants recréent un environnement familier aux migrants africains, pour attirer la clientèle immigrée. Ils tiennent compte de la culture des clients (ex : forfaits téléphoniques spéciaux pour le Ramadan ou l’Aïd).
des services associés adaptés sont proposés : traductions en diverses langues, aide à la rédaction de mail ou d’actes administratifs, assurances, ... L’implantation, à proximité de services de fret, ou d’agences de voyages est fréquente.




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