Recyclage
Un atelier de maintenance informatique associatif dans le Lot
Engagée depuis 12 ans dans l’insertion sociale et professionnelle (chantier d’insertion, logements d’urgence, activités sociales) l’association REGAIN à Figeac dans le Lot a mis en place une action nouvelle dans le cadre de la lutte contre l’exclusion des technologies de l’information et de communication. La réduction de la fracture numérique est une préoccupation européenne. Elle est reléguée par les politiques nationales qui oeuvrent essentiellement dans l’équipement des publics (couvrir le territoire avec l’ADSL, équiper de matériel le plus de familles …).
Le conseil et la maintenance notamment dans le domaine de l’informatique sont essentiels. Malheureusement c’est souvent la partie la moins développée. Le prix de la machine ne permet pas au vendeur d’assurer une maintenance en dehors d’une période de garantie et nombre d’acheteurs n’ont pas les moyens financiers de payer cette maintenance. Pour l’aide à l’utilisation, soit les personnes ont un réseau amical qui pourra les aider, soit elles se retrouvent rapidement avec un ordinateur inutilisable. Trop souvent, le micro ordinateur va rester inactif après un conflit de logiciels ou une mauvaise installation, sans parler des virus qui peuvent perturber le bon fonctionnement de la machine. Cette petite maintenance qui se résume souvent à du conseil, peut difficilement être gérée par les espaces multimédia dont ce n’est pas la fonction, ni par les revendeurs qui ne sont pas intéressés. Pourtant c’est une donnée indispensable pour la durabilité du micro ordinateur dans la famille. De même que posséder une automobile suppose savoir ouvrir le capot pour contrôler le niveau des différents liquides du moteur ou changer une roue, utiliser un ordinateur suppose de connaître quelques procédures d’entretien et de dépannage. Toute personne qui utilise un ordinateur dans le cadre familial a pu mesurer l’importance d’avoir des compétences personnelles ou un réseau relationnel qui permette de se sortir des difficultés relativement régulières.
Au terme d’une étude engagée en juillet 2004, nous avons crée un lieu ressource, complémentaire des dispositifs existants (cyber-base, espace jeune…), en terme de conseil et de maintenance pour aider à maintenir en état de marche leur matériel ou de le faire évoluer, de s’approprier les logiciels libres et gratuits, à des tarifs compatibles avec les ressources financières de chacun. Ce projet, organisé autour d’un atelier et de son animateur permet de :
- 1/ Découvrir les outils de la micro-informatique pour les publics en insertion socioprofessionnelle.
- 2/ Apprendre à maintenir ou réparer un ordinateur.
- 3/ Utiliser les logiciels libres.
Regain, porteur juridique de l’action, apporte son expérience et son savoir-faire au niveau de l’accueil, de repérage des besoins et de l’accompagnement des publics en difficulté. Elle apporte également sa compétence administrative et financière. Regain s’associe à l’association Alternative 46, association dont l’objet est de faire connaître et de promouvoir les logiciels et documents libres.
Ce projet a vu le jour grâce au soutien du Conseil Général, de la DDTEFP, de la CAF du lot, de la Région Midi-Pyrénées, de l’association de Pays Est-Quercy et de l’Europe.
Besançon, bastion de l’innovation numérique
Une ville en pointe en matière de numérique depuis 1994
Première collectivité locale française à constituer un réseau métropolitain en fibres optiques en 1994, le réseau Lumière de Besançon dessert aujourd’hui 170 sites d’une dizaine d’administrations (Ville, Université, Rectorat, Conseil Général, CHU, Région, ...). Utilisé dès 2000, pour faire de la téléphonie sur IP, loué aux opérateurs privés pour le dégroupage de la boucle locale, l’infrastructure mutualisée dans le cadre d’un syndicat mixte se révèlera au fil du temps un vecteur essentiel du développement des projets TIC.
Dans le domaine de l’éducation, en 1999 un extranet de gestion est implanté entre les 40 écoles et les services de la ville afin de simplifier les procédures administratives et de raccourcir les délais d’intervention des agents municipaux, via une messagerie interne et des formulaires de demande en ligne. En 2001, toutes les écoles primaires se voient dotées de 3 ordinateurs par classe, d’une salle dédiée, d’un accès internet à 54 Mbit/s ... C’est l’opération « 1000 ordis @ l’école », 300 classes équipées avec du matériel d’occasion reconditionné, qui porte le taux s’équipement des écoles à 1 ordinateur pour 5 élèves (contre 1 pour 20 en moyenne nationale à l’époque).
En 2002, l’opération « Besançon.clic » initiée par la ville dote tous les élèves rentrant en CE2 d’un ordinateur fixe à leur domicile, toujours du matériel d’occasion recyclé, avec une connection internet et les mêmes logiciels éducatifs que ceux utilisés à l’école (Coût annuel par élève : 60 €). Aujourd’hui, ce sont 5.000 familles qui ont pu être ainsi équipées. L’offre matérielle s’accompagne de séances d’initiation (12 h), dispensées dans les 5 espaces publics numériques « Cyber-base » de la ville.
Dans la foulée en 2005, la Communauté d’agglomération de Besançon fait partie des sites pilotes qui expérimentent les Espaces Numériques de Travail, portails éducatifs proposant des services pour les échanges d’informations entre l’établissement scolaire, les enseignants, les élèves (carnet de liaison, agenda électronique, messagerie, forum, mini-sites internet). En 2008, le portail éducatif sera ouvert aux parents, en même temps et avec une interface homogène, qu’une offre de téléservices de la Ville et de l’Agglo (télépaiement cantine, eau, ordures ménagères, inscriptions crèches municipales, ...) .
Aujourd’hui, Besançon s’apprête à diffuser son expérience. Le portail éducatif 100% open source va être déployé dans d’autres collectivités et la ville apporte son concours à l’opération « Sénéclic », lancée au Sénégal en s’inspirant des « 1000 ordis @ l’école ».
Les points forts de la démarche
Du point de vue du pilotage et des choix stratégiques :
- Les projets sont impulsés directement par Claude Lambey, directeur du service informatique de la Ville, et relayé par un portage politique fort depuis 2001 (le Maire, Jean-Louis Fousseret, est informaticien de profession).
- Les premiers projets ambitieux ont été développés avec le souci d’un investissement au moindre coût et avec un retour sur investissement réalisé grâce aux économies de fonctionnement (factures téléphoniques, maintenance, ...).
- En mettant en place un partenariat avec les principaux opérateurs publics auxquels elle apporte des services représentant une réelle plus-value économique (gains de temps et d’argent), la collectivité a acquis une légitimité dans l’impulsion et le pilotage d’initiatives à base de TIC.
- Fournisseur d’accès et de matériel, hébergeur de contenus, la Ville se retrouve en position de force pour négocier les partenariat avec les éditeurs de logiciels et avoir une maîtrise d’oeuvre complète sur les projets impulsés.
- La conception et la mise en oeuvre de dispositifs inédits en s’appuyant sur des ressources locales. Ex : partenariats avec des banques régionales pour récupérer et faire recycler les parcs d’ordinateurs obsolètes par un Centre d’Aide par le Travail.
- L’animation de la démarche s’appuie sur des groupes de pilotage impliquant les partenaires.
Du point de vue des choix techniques :
- Les faibles performances des machines utilisées comme simple terminaux sont compensées par le réseau à très haut débit qui permet d’installer des serveurs puissants sous Linux dans les services informatiques de la Ville, hébergeant données et applications. Cette centralisation facilite les opérations de maintenance, ce qui permet d’avoir des postes le plus souvent opérationnels à moins coût.
- En 2004, lors de la première distribution de machines dans les familles, 40 % des enfants recevaient leur premier ordinateur. L’impact en terme d’égalité d’accès à l’outil est donc réel.
Quelques difficultés rencontrées
Du côté des partenaires Education nationale et collectivités :
- La résistance du milieu enseignant au démarrage du projet : par rapport à la politique volontariste de la collectivité, ce sont des partenaires à convaincre. Avec le temps, les services rendus et l’opérationnalité des solutions retenues en font des outils indispensables.
Du côté des parents :
- Les modules d’initiation proposés aux parents ont connu un fort taux d’abandon (60 %). Parmi les causes possibles : manque de motivation, horaires trop tardifs, mauvaise maîtrise du français, adéquation des contenus proposés par les encadrants, ...
- Certaines familles modestes ne disposent pas de ligne de téléphone fixe et privilégient le mobile. Cela rend impossible la connexion internet, alors même que la Ville offre le forfait.
La Brocante de Mamie, des ordinateurs pour l’insertion !
Depuis septembre 2006, "Solidarité Enfance" a créé un atelier de remise en état d’ordinateurs pour la revente à très bas prix dans le magasin de l’association, "La brocante de Mamie". La demande est très forte, il devient en effet indispensable actuellement d’avoir un équipement informatique, et beaucoup de gens ont du mal à investir dans du neuf.
Pour le respect de l’environnement, les ordinateurs ne pouvant pas être revendus, sont démantelés et certains composants envoyés vers les filières de recyclage. Les ordinateurs en bon état de marche sont testés complètement dans l’atelier, et équipés avec des logiciels libres. Ils sont ensuite mis à la vente à la Brocante de Mamie pour quelques dizaines d’euros.
Lire l’article complet sur le site de Alpes Solidaires
10- « Travailler et apprendre ensemble » : recycler des ordinateurs pour réinsèrer des personnes
Il est nickel comme une salle blanche, l’atelier qui accueille, avec ses deux laboratoires vitrés, son hall avec des ordinateurs blistérisés bien rangés sur des palettes, sa salle de réunion et son espace collectif d’accès à Internet, l’association « Travailler et Apprendre Ensemble » (TAE) au confins de Noisy-le-Grand dans le « 93 » (Seine-Saint-Denis). Toutes le caractéristiques d’une petite entreprise innovante...
Pourtant, l’entreprise n’est pas tout à fait comme les autres : d’abord parce qu’elle est intégrée au « Château de France », au cœur de la Cité de Promotion Familiale qui vit, en 1957, la création de ce qui allait devenir le Mouvement ATD Quart-Monde. Ensuite, parce qu’à cet endroit, elle participe aux objectifs d’un projet, qui au-delà du simple relogement d’urgence, doit permettre aux familles les plus démunies, « d’acquérir l’autonomie pour pouvoir assurer leurs responsabilités dans l’éducation de leurs enfants, d’accéder à un habitat normal et s’insérer dans la vie sociale et professionnelle ».
Comme le monde, les processus de réinsertion ont changé. Aujourd’hui, ils s’appuient sur la protection de l’environnement, le développement durable, les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Dans le respect du « temps » de personnes longtemps éloignées des contraintes professionnelles, les activités de production occupent de l’ordre des 2/3 du temps passé dans l’entreprise, le reste du temps étant consacré au projet personnel de chacun et aux moyens de le mettre en œuvre, ainsi qu’à une nécessaire convivialité (repas communs, jardin potager...).
La capacité de production de l’atelier est le reconditionnement de 1.200 ordinateurs par an. Une grande partie de ces ordinateurs est fournie par le premier partenaire de l’association, la Mission Solidarité EDF qui, grâce aux centaines de PC réformés chaque année par la grande entreprise, a permis le démarrage du projet et continue à en assurer une partie non négligeable du fonctionnement. Le site Internet et le bouche-à-oreille ont fait le reste pour compléter l’activité de l’entreprise, comme ils assurent la commercialisation des appareils recyclés, au-delà de ceux repris par EDF, auprès d’associations en mal d’informatique bon marché, voir de particuliers assurés de trouver ici des machines propres et fonctionnelles.
Mais la recherche de l’inclusion ne se limite pas aux compétences professionnelles, paradoxalement, à la différence de nombres d’employés de petites PMI-PME traditionnelles qui ne bénéficient ni de formations, ni d’usages de l’Internet, les salariés de TAE, disposent à leur sortie du dispositif, grâce à l’espace collectif d’accès à Internet, des outils nécessaires à leur intégration dans la société numérique.




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