Usages des TIC

Mémoire locale

appel à concours patrimoine et multimédia dans le Lot

créer un projet collectif pour les EPM du Lot
Un appel à concours initié par le Conseil général du Lot va être lancé prochainement sur le thème patrimoine et multimédia. Ce projet se conduit en partenariat étroit avec les chargés de mission Culture des Pays et du Parc naturel régional des Causses du Quercy.

Le Conseil général est fortement impliqué dans l’accès pour tous aux TIC depuis de nombreuses années. C’est dans ce cadre qu’il soutient un réseau des près de 100 espaces publics multimédia (EPM) et qu’il offre à près de 150 animateurs des formations, des rencontres thématiques, des supports de communication, afin de favoriser l’échange des pratiques et de valoriser les initiatives locales.

L’EPM n’est pas simplement un lieux d’accès aux TIC s’est également un lieu de projet, de convivialité, de lien social, porteur de développement pour le territoire, ce n’est que dans cette perspective que l’on pourra garantir la pérennité des ces lieux.

C’est dans cet esprit que le Conseil général du Lot, en étroite collaboration avec le Parc naturel régional des causses du Quercy et les Pays souhaite lancer un appel à concours qui vise à mobiliser localement les associations de valorisation du patrimoine, et les usagers des EPM autour de la réalisation de supports multimédia (site Internet, CD ROM, DVD, vidéo…). Il s’agit ainsi sur une durée de 6 mois (juin/décembre 2008) de proposer à quelques personnes de participer à un projet collectif qui exprimera l’attachement au patrimoine local et qui s’appuiera sur des supports multimédia pour concrétiser le projet. L’animateur d’EPM apportera sa contribution par son animation et son expertise technique.

Lors d’une journée, au printemps 2009, un moment fort sera crée afin de restituer aux lotois, via des sites de visioconférence les diverses réalisations des territoires. L’ensemble des productions sera valorisé sur le site Internet animé par le Conseil général www.patrimoine-lot.com.

Il s’agit d’un concours. La sélection tiendra donc compte des critères suivants : • la démarche innovante qui associe double dimension patrimoine/démarche artistique, patrimoine/démarche scientifique, patrimoine/lien social, patrimoine/intergénération… • démarche intercommunale ou a minima associant au moins deux structures • sensibilité aux TIC • démarche associant largement des usagers

Les projets retenus pourront bénéficier d’un accompagnement technique mobilisant à la fois des ressources internes au Conseil général et auprès de prestataires extérieurs (ethnologues, aides à l’ingénierie, archéologues…). Le cas échéant les Pays et le Parc naturel régional pourront également apporter un soutien financier dans le cadre des conventions de développement culturel signée avec le Conseil régional de Midi-Pyrénées. Cet appel à concours est expérimental, si la démarche est concluante, elle pourrait être reconduite ultérieurement.

Une première réunion avec les acteurs a permis de faire émerger des actions autour d’un projet avec des enfants :il s’agirait de produire avec une lecture sensible de la flore et de la traduire sur des supports multimédia, la mise envaleur de témoignages d’ ouvriers d’une ancienne tuilerie, revisiter l’histroire de la médiathèque ancienne usine de confection ... A suivre !

Posté le 26 avril 2008 par Anne-Claire DUBREUIL
Posté le 26 avril 2008 par Anne-Claire DUBREUIL
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Guide "EPN & Ecole" - 4) Des projets en partenariat

Intergénér@tions, quand les jeunes deviennent formateurs

Céline Pottier, étudiante en Master 2 Sciences de l’Education à Rennes 2
Monique Argoualc’h, enseignante, responsable de la classe du Dispositif Relais au collège de Kerbonne à Brest, accueille des jeunes de moins de 16 ans pour les resocialiser, les remobiliser et les remotiver sur les apprentissages à travers une pédagogie active. Ayant diverses difficultés dans leur collège, ils viennent pendant quelques mois, 2 à 3 jours par semaine, travailler avec Monique qui doit user d’imagination pour « ne pas reproduire exactement les mêmes effets » de ce qui ne fonctionne pas dans la scolarité classique.

Depuis 2003, les jeunes qui viennent au Dispositif Relais participent au projet « Intergénér@tions » qui lie multimédia, échange de savoirs et lien social : « en même temps, c’est porté par des valeurs comme solidarité, entraide, respect, et enrichissement », ajoute Monique. Aude Barthélémy, formatrice pour l’association Infini Point d’Accès Public à Internet, et Monique Argoualc’h animent ensemble le projet. « On a chacune notre champ de compétences » : Aude, la technique et Monique, le côté encadrement et pédagogie. Cette année, une aide précieuse s’est ajoutée à la résidence, avec la présence et l’implication de Jean-Michel Burel.

Le principe est simple. Les jeunes vont par 2 ou 3 à la Résidence Louise le Roux, ils s’installent devant les écrans et revêtent leur costume de formateur quand les personnes âgées les rejoignent. Autour d’un thème, l’année dernière les portraits, aujourd’hui la santé, deux générations s’échangent leurs connaissances : « avec Internet, c’est beaucoup mieux pour la relation parce qu’ils ont besoin constamment l’un de l’autre ». Les jeunes transfèrent ce qu’ils savent au niveau informatique et Internet, les personnes âgées partagent leur expérience de la vie et savent aussi, quand il faut, corriger les fautes d’orthographe. Monique précise : « on ne fait pas qu’aller à la résidence, il y a tout un travail derrière ». Pendant quelques semaines, avant d’aller rencontrer les personnes âgées, Aude accompagne les jeunes et leur donne quelques clés au niveau technique dans l’utilisation de l’ordinateur, d’Internet, des moteurs de recherche, des conseils pour être formateur. Elle les initie à l’outil qu’ils vont utiliser, cette année le wiki, les années passées, SPIP. Il y a un gros travail au niveau du vocabulaire : « à chaque séance on commence par ça » raconte Aude, « on fait un tour de vocabulaire, navigateur, moteur de recherche… pour qu’ils puissent facilement expliquer et transmettre aux personnes âgées ».

Depuis, certains élèves sont retournés à la résidence pour demander de faire des stages : « ils avaient envie d’aller vers l’aide à la personne ». Un projet qui fait grandir, qui favorise l’estime de soi, des jeunes et des « anciens » qui se racontent, qui partagent, qui construisent ensemble.

Posté le 30 juillet 2007
Posté le 30 juillet 2007
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Visite de St-James (50) en MP3

Sur les "pas de guillaume", une idée de l’EPN ’L’informatique pour tous’ à Saint-James (50), réalisée avec le logiciel Audacity.

La ville de Saint James ouvre donc le bal, en devenant la 1ére ville du sud manche à proposer ce genre de visite. C’est sous l’impulsion de bénévoles de « Pierres et Patrimoine » et de « L’informatique pour tous », un mélange de savoir et de technologies qui permet depuis le 9 juillet de visiter Saint James au travers des vingt sept fichiers sons au format mp3 qui sont proposés, représentant plus de 30 minutes de visites sur fond de musique classique libre de droit.

Cette balade historique qui est proposée également en visite de groupe, doit son existence à M. et Mme Morazin qui se sont démenés depuis de nombreuses années aussi bien pour faire dégager les chemins et proposer les commentaires. C’est donc une suite logique à son développement et qui complète également l’opération touristique « d’une activité par jour » de Saint James proposé par l’office de tourisme cet été. Pour l’instant les bandes sons sont proposées en français, mais elles se déclineront très prochainement à nos amis anglais et allemands.

Si ce projet rencontre un franc succès nul doute que l’an prochain c’est le canton complet qui sera visitable sous cette forme. Alors n’attendez plus si vous avez un baladeur ou un téléphone portable qui lit les formats mp3, rendez vous à l’office de tourisme de Saint-James, les fichiers sont gratuits. L’office de tourisme devrait acquérir très prochainement des baladeurs qu’elle mettra à la disposition des personnes qui le souhaitent moyennant une caution. Si des chambres d’hôtes ou des hôtels souhaitent le proposer à des touristes, ils peuvent venir télécharger le fichier.

Pratique : 27 fichiers Mp3 Gratuit

Renseignements à :

Office de tourisme cantonal - 21 rue de la libération - 50240 Saint James - Tel : 02 33 89 62 12 - Mail : officedetourisme@cdc-saintjames.org.

Le monde du tourisme vit une véritable révolution grâce aux nouvelles technologies. En effet, jusqu’il y a peu, souvent les visiteurs étaient limités à deux options : voyager en groupe avec une visite guidée ou individuellement. De nos jours, de grandes villes comme Londres ou Paris proposent une troisième option : des audioguides ou des podcast sous format mp3. Le principe est simple soit vous téléchargez les bandes sons sur un site internet ou alors vous vous rendez dans un office de tourisme, qui les transfèrera sur votre baladeur Mp3. Ensuite vous n’avez plus qu’à vous laisser guider à votre rythme avec les commentaires et anecdotes.

Certains pourraient croire que c’est la fin de nos chers guides, mais bien au contraire, c’est la possibilité d’attirer un autre type de tourisme, comme la jeunesse ou donner la possibilité à une famille complète de gambader au gré des aléas familiales avec un contenu à la fois informatif et plaisant. Mais qu’on se le dise, découvrir une ville n’est pas réservé qu’aux touristes, les locaux y trouverons aussi de petits trésors, et pourront apprécier leur patrimoine et leur histoire et peut être même apprendre à connaitre des endroits et histoires qu’ils ne connaissaient pas encore.

Sources : http://epnbn.ctn.asso.fr/modules/news/article.php ?storyid=189

Posté le 18 juillet 2007 par Jérôme LAMACHE
Posté le 18 juillet 2007 par Jérôme LAMACHE
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Ecrits Ecrans publics 2007, Collectes de mémoire, multimédia et lien social

Démarche du Mouvement ATD Quart Monde vers la mémoire d’une population.

Conférence-débat , intervention de Jean-Pierre Pinet, ATD Quart Monde Pierrelaye, mars 2007
Parler de ’mémoire et de lien social’ demanderait d’énormes développements. Je voudrais plutôt vous présenter un aspect du contenu de cette mémoire, celle qui se fonde sur certains écrits [1], à laquelle j’ai participé.

Démarche du Mouvement ATD Quart Monde vers la mémoire d’une population.

 : notes

de la Conférence-débat , intervention de Jean-Pierre Pinet,

ATD Quart Monde Pierrelaye, dans le cadre d’Ecrits, Ecrans publics à Brest, les 23 et 24 mars 2007

Quand Joseph Wrésinski rejoint le camp dit « du Château de France » à Noisy-le-Grand en juillet 1956, il est abasourdi de retrouver une communauté qui lui rappelle ce qu’il avait vécu lui-même. Très vite, il voudra comprendre et faire comprendre les personnes qui vivent dans la misère en ce lieu :

  • permettre à ceux qui, petit à petit, venaient l’aider de comprendre ce que vivent les gens qu’ils rencontrent et qu’ils puissent le leur restituer, qu’il y ait dialogue. Pendant des mois d’ailleurs, Joseph Wrésinski reprendra quotidiennement des faits qui viennent de se passer pour les
  • remettre dans un contexte, une histoire [2].

mais aussi faire comprendre au monde ce que ces familles vivaient, avec l’objectif, dès le départ qu’elles entrent elles-mêmes en dialogue avec les autres groupes sociaux et différentes instances...

Mais il ne sera pas toujours compris. Un texte publié dans un numéro de la revue Igloos au début des années 1960 en témoigne : « Beaucoup ne comprennent pas ce souci que nous avons d’informer, de faire connaître, d’expliquer. Certains pensent que nous devrions nous contenter d’aider, de secourir, de dépanner, d’encourager les familles des bidonvilles (...) Mais comment être présent si le genre de vie des bidonvilles nous échappe, écouter sans connaître le sens des actes, communier à l’inconnu, aider sans savoir les besoins ? (...) L’une et l’autre attitude sont complémentaires, ne se condamnent, ni ne se rejettent : aimer pour connaître et connaître pour aimer sont les fondements de toute approche fraternelle ».

En 1961, à l’occasion de l’un des premiers colloques organisés par le Mouvement ATD Quart Monde à l’Unesco, Joseph Wresinski affirmait : « Tant que certains demeureront en dehors de notre pensée, le monde sera construit sans eux...Le pauvre qui n’aura pas été introduit dans l’intelligence des hommes ne sera pas introduit dans leurs cités. Tant que le pauvre n’est pas écouté, tant que les responsables de l’organisation d’une cité ne s’instruisent pas de lui et de son monde, les mesures prises pour lui ne seront que des gestes par à-coup, répondant à des exigences superficielles et d’opportunité. Les actions subjectives qui ne s’inspirent pas de l’univers vécu du pauvre, en dépit de toute bonne volonté ne l’introduiront pas dans les structures de la société ».

Un des premiers ouvrages parus, « La condition sous-prolétarienne. L’héritage du passé [3] », réalisé avec des scientifiques, va dans ce sens de comprendre et faire comprendre une population. Dans l’introduction, Joseph Wrésinski dresse trois portraits, qui font comprendre la diversité de situations de ceux qui sont dans l’extrême pauvreté. Il y a là ceux qui ont une longue histoire de misère derrière eux, ceux qui ont basculé du monde populaire dans la misère -et qu’on appelle depuis 3 siècles « les nouveaux pauvres » - et ceux qui se situent entre ces deux pôles, balançant au fil de leur vie entre les uns et les autres.

Dans les années ’60, Joseph Wrésinski voyage en Angleterre où il découvre un service social qui réalise des dossiers de suivi sur l’ensemble de familles, pour mieux orienter leur action. Il en retiendra l’idée et proposera à ceux qui viennent l’aider, et s’inscrivent dans la durée – les premiers volontaires permanents – de réaliser des « rapports d’observation participante ». Ces rapports seront conservés en un lieu dénommé « le sommier », qui est la somme des connaissances quotidiennes accumulées. J’ai été responsable de ce lieu de 1987 à 1994.

Alwine de Vos van Steenwijk résume la signification et l’objectif de ces « rapports d’observation participante » dans quelques pages de « Il fera beau... le jour où le Sous-prolétariat sera entendu [4] ».

Ce sont, encore aujourd’hui, des outils de base pour l’action, la connaissance et la démarche de mémoire.

Au sein d’ATD Quart Monde, cette connaissance est d’abord orientée vers l’action, celle de mettre fin ensemble à la misère et à l’exclusion. Il s’agit de comprendre pour pouvoir agir, mais aussi de connaître en agissant.

Au fur et à mesure que les liens se nouent avec des familles, des groupes, au fur et à mesure que notre action se développe, cette démarche de chercher à connaître à partir de la vie partagée évolue. Elle évolue à la fois au rythme de la participation des familles que nous rencontrons, de notre propre mûrissement, mais aussi au rythme des liens que nous avons avec la société.

Un des outils particulièrement utilisé par le Mouvement ATD Quart Monde pour comprendre et faire comprendre les familles qui vivent dans l’extrême pauvreté tout en restant au plus proche de la vie a été ce que nous avons appelé « les monographies ». En réalité, ce terme n’est pas totalement exact, parce qu’il recouvre des formes différentes qui vont de l’histoire orale à la biographie, en passant par le ’récit de vie’ et le témoignage. Leur trait commun, c’est que tous ces écrits partent de faits vécus, collectés, vérifiés, retravaillés avec les personnes concernées et qu’ils sont une recherche du sens, de la signification de ce qui a été vécu.

Christopher Winship, professeur de sociologie à Harvard, écrit aujourd’hui que « l’étude sociologique des récits est ce vers quoi doit tendre la sociologie. » « Il y a à cela -dit-il- de nombreuses raisons. Tout d’abord, on reconnaît qu’à travers différents récits, on peut comprendre comment des gens différents voient et comprennent le monde. C’est aussi à travers des récits que nous comprenons la nature des relations sociales qui relient les différentes personnes. Enfin par les récits et les histoires, les gens retrouvent leur identité. » [5]

Parfois ces « monographies » ont été une commande d’un organisme qui finançait ce travail, mais le plus souvent, c’était l’accumulation de situations semblables, profondément injustes, qui amenait le Mouvement ATD Quart Monde à essayer de faire comprendre ce que des personnes vivaient en expliquant le plus précisément possible, à partir de faits vécus, ce qui se passait.

La façon que nous avons de « faire mémoire » a évolué avec le temps.

Il y a plusieurs façons d’aborder cette évolution, plusieurs fils que l’on peut tirer. Je voudrais en tirer deux, qui personnellement me semblent significatifs.

Le premier « fil » parle de notre propre mûrissement, de notre propre évolution durant ces 40 années. On pourrait l’expliquer ainsi :

dans une première série d’écrits, c’est nous qui tenons la plume et nous écrivons « ils » ou « elles » en parlant des personnes très pauvres que nous rencontrons.

C’est le cas d’une des premières monographies : « Un quart de siècle avec une famille de la banlieue parisienne » [6] (1974), mais aussi de

« Soleil Interdit » [7] (1977) et « Colporteur et Taupier » [8] (1983).

Je me souviendrai encore longtemps de la fierté de Guy, dont ’histoire familiale est racontée dans « Soleil Interdit », qui brandissait ce petit livre en disant que c’était sa ’carte d’identité’, ce qui lui permettait de se présenter à d’autres.

dans une seconde série d’écrits, nous cherchons à ce que les personnes que nous rencontrons prennent elles-mêmes la parole, c’est leur expression qui prime. Le style utilisé est alors celui du « je ».

Un des ouvrages les plus significatifs est « Pauline » [9] (1985) ou « Kolette » [10] (1987).

dans une troisième période, celle que nous vivons aujourd’hui, nous sommes dans le temps du dialogue, de l’écriture croisée, des apports réciproques. Un certain nombre d’écrits sont alors marqués par le « nous », où deux identités se rencontrent, celles de différents acteurs, qu’ils aient vécu ou non des situations de grande misère.

« Belles familles » [11] (2002) me semble de cet ordre. Mais on trouve aussi un petit livre, issu d’un atelier d’écriture : « Pacifique aventure » [12] (2005).

Un autre fil que l’on pourrait tirer, et qui lui aussi montre un cheminement, ce sont ce que l’on pourrait appeler différents modes d’expression qui s’affirment au fil du temps.

Je m’explique. Dans les premières années du Mouvement ATD Quart Monde, il y a eu surtout deux types d’ouvrages : le « témoignage » et les ouvrages scientifiques. Il s’agissait alors, essentiellement, de faire reconnaître - parfois contre vents et marées – qu’en période de plein emploi, il y avait toute une population (chiffrée par la suite à 5 %) qui était exclue de la société.

Aujourd’hui, l’existence même de personnes et de groupes exclus, qui vivent dans l’extrême pauvreté, est relativement accepté. L’enjeu est celui de la participation à la société.

Bien sûr, les témoignages et les recherches scientifiques se poursuivent, mais dans les écrits nés de la vie quotidienne, cela s’est traduit en plus, de ce que j’en comprends personnellement, par trois directions :

les romans, les histoires romancées tirées de faits vécus, collectés, mais agencés, reliés entre eux par l’imaginaire.

« Le plus connu est « La boîte à musique ». [13]

Mais il y a aussi : « Clin d’oeil à l’ami Picasso » [14] , « Fati » [15]...

les auto-biographies où des personnes qui ont connu l’extrême pauvreté, mais qui ont pu s’en sortir, progresser et veulent aujourd’hui témoigner elles-mêmes de leur vie. On y retrouve autant des oeuvres personnelles que des ouvrages collectifs : « Ensemble », [16] « Pierre d’homme » [17] , « Ceux des baraquements ». [18] ..

les ’savoirs croisés’ : pour progresser, il faut se comprendre, mais aussi faire sien une part de l’expérience de l’autre.

Dans cette lignée, il y a les écrits nés de la dynamique du « Croisement des savoirs » [19] , mais aussi nombre d’écrits « pensés ensemble » : depuis « Enfants de ce temps » [20] à « Contre vents et marées » [21].

Les supports de ces mémoires suivent aussi l’évolution de nos sociétés. J’ai ainsi été surpris de découvrir que des minorités jusque là particulièrement exclues en France, les Yéniches, affirmaient leur mémoire et leur identité sur des blogs (entre autres des ’skyblogs’ comme, par exemple,

http://yeniche1969.skyblog.com/index.html

Depuis plusieurs années, des personnes témoignent sur Internet, sur des sites publics

comme www.oct17.org, mais aussi privés. Dans le cadre du projet Internet de rue, nous avions également commencé un atelier d’expression : http://www.carnet-expression.org/

Depuis le 10 février 2007, toutes les archives, les collections de ces écrits quotidiens, tout comme le patrimoine manuscrit visuel et sonore de Joseph Wrésinski sont protégés légalement et physiquement au Centre International Joseph Wrésinski, à Baillet en France. C’est un lieu qui se veut aujourd’hui lieu de croisement de ces démarches de connaissance.

Tous ces écrits contribuent à bâtir une mémoire collective. Certains se reconnaissent dans ces écrits. Mais, à l’image de ce qui s’est vécu dans les camps de concentration, nous avons encore du chemin à faire pour passer de cette mémoire collective à une mémoire commune, en France et dans le monde. Acquérir cette mémoire commune supposerait que chaque citoyen réalise ce qu’est la misère et l’exclusion, et puisse librement choisir de la refuser ou pas.

Posté le 15 avril 2007
Posté le 15 avril 2007
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Cinécabaret Vauban : BIG BANG SUR LA FM, le 4 décembre à Brest

Au programme, un film documentaire inédit :
A l’heure du 25e anniversaire des radios libres en France, Rémy Devèze remonte le fil de cette période essentielle de l’histoire des médias.

Organisation : Cinémathèque de Bretagne http://www.cinematheque-bretagne.fr

Danièle BELBAHRI, journaliste à Radio Breiz Izel et pionnière des radios libres en Bretagne présentera et animera la soirée.

La Projection se fera en présence de Rémy DEVEZE réalisateur du film et de pionniers des radios libres à Brest.

Cette soirée est organisée en partenariat avec le Festival de radios et d’écoute “Longueur d’Ondes” de Brest.

"Big Bang sur la FM"

Difficile de croire, vingt-cinq ans après l’émergence des radios libres en France, qu’il fut un temps où l’Etat contrôlait les ondes, où la diffusion d’émissions était un monopole détenu par le gouvernement. Alors que la cohabitation entre radios publiques et radios privées semble aujourd’hui une évidence, Rémy Devèze revient sur les années de lutte qui ont précédé la libération de la bande FM.

Entre images d’archives et témoignages de ceux qui ont vécu cette période, le film retrace chaque étape de ce processus d’émancipation. Dans "un joyeux brouhaha", les militants ont oeuvré pour "donner la parole à ceux qui ne l’avaient pas" et pour "restituer la vie" sur leurs antennes.

"Nous allons essayer de faire en sorte que les Français puissent communiquer directement entre eux sans être obligés de passer par cette incroyable société collectiviste qui est marquée par le monopole de la radiotélévision de l’information en France", expliquait alors Brice Lalonde, cofondateur de la station pirate Radio Verte.

Inspirées par l’Angleterre et les Pays-Bas émettant depuis la mer du Nord, puis par l’Italie où des milliers de radios se sont créées de façon sauvage dans les années 70, les radios pirates font leur apparition sur notre territoire en 1977. Les autorités françaises n’apprécient pourtant guère ces pratiques. Elles font brouiller les émissions et menacent les contrevenants de saisir leur matériel ou de les envoyer en prison.

Des initiatives émergent malgré tout ici et là. En 1979, le Parti socialiste crée sa propre antenne avec Radio Riposte. Aussi, au soir du 10 mai 1981, des dizaines d’antennes s’ouvrent spontanément dans l’Hexagone.

Désormais à la tête de l’Etat, François Mitterrand ne peut décemment pas interdire les radios libres qu’il soutenait juste avant.

La bande FM explose. De nombreuses stations voient le jour. De tout jeunes animateurs - Karl Zéro, Jean-Marc Morandini, Laurent Ruquier... - font leurs débuts. A défaut de subventions, le système D prévaut... jusqu’en 1986, moment où la publicité est enfin autorisée sur les ondes. Peu à peu, les radios se professionnalisent et s’organisent.

Aujourd’hui, à côté des radios publiques coexistent de grands groupes de communication, de plus petites stations et des radios associatives. Au "brouhaha" des débuts s’est substituée aujourd’hui la course à l’audience.

Durée : 52’/ Auteur et réalisateur : Rémy Devèze /Production : France 5 / CBTV / Année : 2006

Le film documentaire de Rémy DEVEZE contient des images d’archives inédites de la saisie de la radio brestoise : Radio Brest Atlantique.

Posté le 14 décembre 2006
Posté le 14 décembre 2006
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