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Résultats de la consultation en ligne sur la stratégie de l’Union Européenne en matière d’e-Inclusion

En juin dernier, CRéATIF s’est engagé pour soutenir la démarche de consultation publique de l’Union européenne sur sa politique d’e-inclusion. Nous avons traduit le questionnaire initialement en anglais uniquement et diffusé largement dans nos réseaux un appel à contribuer.

Voici les résultats de cette consultation, tels qu’ils sont présentés dans le dernier "rapport de l’initiative européenne 2010 sur l’inclusion numérique". Encore une fois, il a fallu se farcir la traduction en français car il semble qu’on ne puisse participer à la construction de la société de l’information, "inclusive et européenne", que si on lit très couramment l’anglais. :-(

Le rapport complet (pdf en anglais 191 p.) déjà cité sur ce site dans un précédent article est disponible là : European i2010 initiative on e-Inclusion, "To be part of the information society" Impact Assessment

Les résultats de la consultation en ligne sur la stratégie de l’Union Européenne en matière d’e-Inclusion

Le questionnaire était constitué de 12 questions sur différents thèmes se rapportant à la Déclaration ministérielle de Riga. Trois invitations à répondre ont été adressées directement à 2000 contacts. Le questionnaire a été annoncé surle Portail Europa et le service de presse Société de l’Information. Au final, 211 réponses ont été collectées. La majorité des réponses (65%) proviennent de particuliers (principalement de l’Europe des 15). 35 % des réponses viennent d’institutions, y compris les ONG représentant des usagers ou des industriels, des entreprises ou des centres de recherche. Les réponses confirment :

  • On constate des progrès limités en matière d’e-accessibilité depuis l’adoption de la communication de 2005 soulignant le rôle des mesures volontaires de la part des industriels, ainsi que le risque d’une fragmentation aux niveau des lois et des marchés (avis partagé par 69% et 72% des répondants).
  • Le besoin de renforcer (81%) et réviser (87%) la législation actuelle, comme de proposer une nouvelle legislation (72%) en matière d’e-accessibilité a été fortement souligné. Les répondants confirment aussi le besoin d’outils d’accompagnement engageant les acteurs concernés : Responsabilité Sociale des Entreprises (68%), veille renforcée (66%), coopération entre usagers et industriels (61%). Sur l’accessibilité des sites web, 53% des répondants suggèrent d’utiliser des normes obligatoires pour tous les services publics.
  • L’écrasante majorité des répondants pensent que l’amélioration de l’e-accessibilité aurait des impacts très positifs sur les personnes (90,5%), sur l’industrie européenne (82,5%), et sur la société dans son ensemble (92,1%).
  • Les compétences numériques doivent être renforcées selon 90% des réponses, en encourageant les partenariats public/privé (82%), et en encourageant les efforts pour promouvoir des standards de qualifications (75%).
  • Les personnes agées sont dissuadées de débuter dans l’usage des produits et services à base de TIC à cause de barrières commerciales (53% des répondants) et le besoin de sensibiliser les seniors aux potentialités des TIC, ainsi que le développement des compétences, de l’accessibilité et de l’accès aux technologie (souligné par 65 à 76 % des réponses).
  • Le potentiel de l’usage des TIC est perçu de plus en plus comme un facteur d’intégration sociale et économique pour les jeunes marginalisés (61%) et pour les minorités ethniques (74,6%). Intégrer le thème de l’e-inclusion dans les politiques d’Education, d’Emploi et d’Immigration a été sélectionné respectivement par 42,7% 31,7% et 30,2% comme une priorité première.
  • La majorité des répondants, approuvent (55,6%) ou approuvent fortement (15,9%), l’idée que le web social (ou web 2.0) a un fort potentiel en matière d’inclusion sociale, dans la mesure où les services peuvent être mieux adaptés aux usagers et les usagers plus impliqués dans la Société de l’information.
  • Un appel fort à accroître les compétences TIC au sein des services publics (84%).
  • Les répondants soulignent massivement (87%) le besoin d’accroître la place de l’e-inclusion à travers toutes les politiques, en renforçant les débats et les échanges internationaux, sur l’e-inclusion, en promouvant la recherche et l’innovation, ainsi qu’une meilleure coordination des niveaux locaux, nationaux et européens.
  • Les répondants encouragent aussi fortement (87%) l’Union européenne à favoriser le dialogue à propos d’e-inclusion entre les différents acteurs concernés et soutiennent les efforts des industriels accomplis via la Responsabilité Sociale des entreprises (75%).

23 réponses de représentants de la société civile ou d’organisations professionnelles ont aussi été reçues par mail. Ces réponses, utilisant le questionnaire ou sous forme libre, diffèrent particulièrement en ce qui concerne les propositions en matière d’e-accessibilité. Les opinions exprimées vont d’un soutien à une intervention législative plus marquée (demande d’organisations de la société civile) à des avis plus réservés de la part d’industriels.

Ces derniers reconnaissent qu’une approche commune au niveau européen est nécessaire du fait de l’actuelle fragmentation du paysage de l’e-accessibilité en Europe, causée par les exigences divergentes dans les états membres. Malgré cela, le retour de certains acteurs industriels exprime l’invitation à privilégier la mise en oeuvre de solutions ou de procédures d’implémentation régulatoires reposant sur l’auto-certification des produits et services, l’usage de cahier des charges fonctionnels d’e-accessibilité et la promotion de normes en collaboration avec d’autres acteurs économiques majeurs que les Etats-Unis.

Posté le 23 novembre 2007 par Philippe Cazeneuve
Posté le 23 novembre 2007 par Philippe Cazeneuve
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Géographie de la pauvreté : statistiques 2006 du Secours Catholique

Le Secours Catholique a publié le 8 novembre les résultats de son étude statistique 2006 sur l’état de la pauvreté en France. Ce document présente les principaux constats de l’association concernant les 1 500 000 personnes accueillies l’an dernier par ses équipes.

Cette étude 2006 porte un regard particulier sur l’analyse de la pauvreté en fonction des territoires géographiques.

Ainsi la pauvreté touche plus particulièrement les familles dans les régions Nord-Pas-de-Calais, Champagne-Ardennes, Picardie ou Haute-Normandie. Dans ces régions, le nombre de famille atteint un taux de 60 à 65 % parmi l’ensemble des personnes accueillies alors qu’il n’est que de 43 % en Bretagne ou 47 % en Midi-Pyrénées.

En ce qui concerne le logement, la région Champagne-Ardenne peut se prévaloir d’un parc social particulièrement développé : 60 % des personnes accueillies vivent en HLM, alors qu’en région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), elles ne sont que 20 %.

La pauvreté monétaire est inégalement répartie sur le territoire. Le nombre de personnes accueillies et vivant en dessous du seuil de pauvreté varie de 87,5 % à 90,8 % en Île-de-France, Basse Normandie, Aquitaine ou Rhône-Alpes. Il passe de 92,6 à 95,8 % en Nord-Pas-de-Calais, Alsace, Lorraine, Haute-Normandie, Champagne-Ardennes, Picardie ou Paca.

Ces disparités apparaissent également lorsque l’on compare le taux de Rmistes suivant les régions. Il peut varier quasiment de 20 % de l’une à l’autre.

On dénombre plusieurs régions dans lesquelles le taux d’emploi des personnes accueillies au Secours Catholique est particulièrement faible (entre 10,6 et 16 %) : Nord-Pas-de-Calais, Haute-Normandie, Languedoc-Roussillon ou Limousin. En revanche, l’Île-de-France, le Centre, la Basse-Normandie et l’Aquitaine sont des régions qui offrent une perspective d’emploi plus élevée (entre 18 et 19 %). Cependant les contrats proposés restent précaires (CDD, intérim, saisonnier…), et ne permettent pas d’échapper à la pauvreté.

Pour accéder aux données de cette étude et aux fiches établies par régions :

Lien hypertexte: Secours Catholique
Posté le 23 novembre 2007 par Philippe Cazeneuve
Posté le 23 novembre 2007 par Philippe Cazeneuve
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Appropriation des nouveaux médias par les jeunes

Présentation synthétique de quelques données issues de l’enquête européenne Mediappro.

(Source : enquête européenne, Mediappro & CLEMI pour le volet français de l’étude, 2006)

Internet : beaucoup à la maison mais très peu à l’école

96 % des jeunes français de 12-18 ans déclarent utiliser internet. Près de 7 sur 10 disent l’utiliser à la maison tous les jours ou plusieurs fois par semaine, mais les deux-tiers ne l’utilisent jamais à l’école, où les usages peinent à se développer. Lorsqu’ils existent, ils sont très strictement contrôlés et limités à des usages qui motivent peu les jeunes. Malgré cela, les jeunes expriment une certaine attente de l’école : les trois-quart aimeraient utiliser davantage Internet à l’école, avec un accès plus libre en dehors des heures de cours. Ils apprécieraient l’aide des enseignants pour les aider à mieux mener une recherche d’informations sur internet.

Les usages des jeunes

Les jeunes utilisent Google plus pour retrouver rapidement un site connu que pour faire de véritable recherche d’informations. Ils plébiscitent les applications de communication, surtout la messagerie instantanée pour rester en contact avec leurs amis et le mail plutôt pour les échanges avec la famille. La fréquentation du Chat se raréfie et devient plutôt un usage ludique et occasionnel, davantage apprécié par les filles, que par les garçons, qui préfèrent les jeux en réseau ou le téléchargement de musique ou de vidéo. Le phénomène blog, plus marqué en France et en Belgique que dans les autres pays européens, semble marquer le pas : un quart en ont créé un, mais très peu l’alimentent régulièrement.

Un apprentissage de pair à pair

Les jeunes découvrent et apprennent beaucoup seuls en tâtonnant et en expérimentant, ou en échangeant avec leurs amis ou les frères et soeurs. Si les médias sont une source d’information pour la moitié d’entre-eux, les enseignants ne constituent pas une ressource pour l’apprentissage pour les trois-quart d’entre eux. Internet fait partie des échanges familiaux pour 8 jeunes sur 10.

Un contrôle parental très léger

Le contrôle parental de l’utilisation d’internet à la maison semble globalement assez limité et s’exerce surtout sur le temps passé ainsi que sur les sites visités pour les garçons et sur le Chat pour les filles.

Une autre étude française indique que 46 % des parents d’enfants de 6 à 15 ans laissent un accès libre à internet. Si 85 % d’entre eux connaissent l’existence de logiciels de contrôle parental, seulement 23 % l’ont effectivement installé. (Source : Médiamétrie – Baromètre Délégation aux Usages de l’Internet – Décembre 2006)

Lien hypertexte: CLEMI
Posté le 3 septembre 2007 par Philippe Cazeneuve
Posté le 3 septembre 2007 par Philippe Cazeneuve
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Une typologie des « fracturés » du numérique

Un article intéressant d’André Delacharlerie de l’Agence Wallonne de Tétécommunication paru fin juin 2007 sur le site du réseau des Observatoires des Usages Régionaux de l’Internet et des Réseaux (SOURIR), apporte des éléments nouveaux et intéressants sur l’évolution de la fracture numérique, à partir de l’analyse des données de l’enquête annuelle consacrée aux équipements et aux usages TIC des citoyens et des ménages wallons.

Selon cette dernière enquête qui correspond à des mesures effectuées en 2006, la progression rapide des taux d’équipement des ménage et d’utilisation de l’internet constatée dans les annéees 2003-2004 semble marquer une pause en Wallonie.

Voici quelques indicateurs principaux :

  • Taux de ménages disposant d’un ordinateur : 63% (identique à 2005 mais 55% en 2004) ;
  • Taux de ménages avec connexion Internet : 52% (contre 51% en 2005 et 40% en 2004) ;
  • Taux de citoyens ayant utilisé Internet au cours de l’année 2006 : 65% (contre 64% en 2005 et 54% en 2004).

L’auteur minimise le phénomène, qui n’est peut-être qu’un effet de correction après une forte hausse, cependant cette stagnation ramène au premier plan la question du fossé numérique qui ne semble pas prêt d’être comblé.

Une fracture numérique, moins large mais plus profonde

Selon André Delacharlerie, « chaque année voit se confirmer et se préciser une fracture numérique qui, si elle touche un public se réduisant légèrement d’année en année, tend toutefois à s’approfondir. » Ainsi, l’AWT a pu isoler des groupes cohérents susceptibles de servir de base pour la mise en place d’actions plus ciblées et plus efficaces de lutte contre la fracture numérique.

Ainsi, tenant compte des profils des personnes, on peut distinguer plusieurs catégories de "fracturés numériques" :

  • les "internautes par procuration" : personnes qui n’utilisent pas personnellement Internet, mais font appel souvent (un sixième d’entre eux) ou parfois (cinq sixièmes) à un proche (parent, ami, collègue, voisin, etc.) pour effectuer à leur place des recherches ou des démarches sur Internet. Ces internautes par procuration représentent 30% des non utilisateurs soit 8% des Wallons. Un tiers de ceux-ci sont âgés de moins de 50 ans tandis que deux tiers sont des seniors ;
  • les "fracturés sociaux" : personnes en âge de travailler, mais pour la moitié sans emploi, ayant souvent un niveau d’éducation moyen ou faible, vivant souvent dans des ménages de 2 personnes et plus, et ne faisant pas appel à un proche pour accéder à Internet à leur place. Ces fracturés sociaux représentent environ 11% des non utilisateurs d’Internet et 5% de la population wallonne de 15 ans et plus ;
  • les "fracturés seniors" : personnes âgées de 50 ans et plus ne faisant aucun usage d’Internet, ni personnellement, ni via proche. Constitués pour les trois quarts de retraités ou préretraités et pour un dixième de personnes sans activité professionnelle, ils représentent 59% des non utilisateurs d’Internet, soit 18% de la population wallonne de 15 ans et plus.

Mes Commentaires :

De mon point de vue, les personnes qui utilisent internet "par procuration" ne sont pas victimes de la fracture numérique. Elles sont socialement connectées à internet, et c’est une manière tout aussi efficace d’être relié aux autres et au monde, même dans la "société de l’information".

Par contre, on voit clairement que les seniors, qui représente près des 2/3 des non utilisateurs d’internet devraient constituer le "coeur de cible" des actions d’accompagnement dans l’appropriation des TIC, ce qui n’est encore malheureusement pas le cas en France dans beaucoup d’Espaces Publics Numériques, victimes du syndrôme de l’espace multimédia pour les jeunes.

Lien hypertexte: SOURIR
Posté le 22 août 2007 par Philippe Cazeneuve
Posté le 22 août 2007 par Philippe Cazeneuve
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Résultats de l’enquête auprès des Espaces Publics Numériques sur l’accueil des publics très défavorisés

D’après une information de Bruno Oudet
Résumé et conclusions de l’enquête auprès des Espaces Publics Numériques sur l’accueil des publics très défavorisés, réalisée dans le cadre du projet Internet de rue qui a reçu un financement du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et la DIACT (anciennement DATAR), du Fonds Social Européen, de la DRAC Île-de-France et le soutien d’Orange, de Microsoft et de la Fondation Véolia. Il a été labellisé « Parvi » par la Mairie de Paris.

Le questionnaire a été mis en ligne de mi-décembre 2006 au 30 mars 2007. Il a fait l’objet d’annonces dans plusieurs listes de diffusion d’information : espaces-publics-multimédias, @Brest, Artesi, Créatif. Quelques animateurs ont rempli le questionnaire directement depuis le site d’Internet de rue.

Vous pouvez consultez :

118 animateurs d’espaces ont répondu aux questionnaires dont une quarantaine qui a profité des questions ouvertes pour faire passer leurs messages.

Pour les personnes qui ont répondu, l’accueil d’un public très défavorisé est une préoccupation majeure. Elles pourraient le faire plus et mieux si les ressources nécessaires (surtout en terme de personnels) étaient dégagées.

Plusieurs ont souligné qu’elles se sentaient démunies pour répondre à certaines des questions posées par ce public. Une réponse à leur demande pourrait être la mise à disposition d’un numéro vert, d’une adresse électronique qui leur permettrait d’obtenir conseils et informations de personnes compétentes comme par exemple sur les sujets de recherche d’emplois, de logement.

Cette enquête éclaire et complète les résultats déjà obtenus par Artesi ou par le réseau d’espaces numériques brestois. Il corrobore aussi ce que nous avons pu observer à travers le projet « Internet de rue ».

Les personnes très défavorisées sont des citoyens comme d’autres, qui s’intéressent et désirent utiliser les le numérique et Internet. Les usages qu’ils en font sont liés à leurs intérêts et à leurs préoccupations. Bien évidemment, la situation même de ces personnes, leur précarité, demande un investissement humain important allant dans le sens de la (re)création du lien social. Les difficultés auxquelles ces personnes font face sont souvent d’un autre ordre que celui du seul apprentissage de l’informatique et de l’usage de l’Internet.

Cette enquête montre bien les espaces numériques constituent (ou peuvent constituer) une « espace social d’accueil et de formation » pour les personnes très défavorisées qui leur rendent visite. Pour assurer ce rôle il nous semble utile de mettre en place un maillage entre espaces publics numériques à vocation sociale. Ceci suppose bien entendu que le rôle social de ces espaces numériques soit reconnu – et financé.

Lien hypertexte: Projet Internet de rue
Posté le 24 mai 2007 par Philippe Cazeneuve
Posté le 24 mai 2007 par Philippe Cazeneuve
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