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EUROPE

Atelier eInclusion : la voix des utilisateurs

L’objectif de ces ateliers, organisés régulièrement jusqu’au 20 février 2009 sur différents thèmes (e-gouvernement, santé, âge…) est de fournir un lieu d’échange à partir de présentations de cas pratiques, considérés comme des succès. Ils constituent l’un des éléments de la campagne « e-inclusion, be part of it ! » mise en œuvre par la Commission et dont l’autre point phare est le site web e-practice.

La journée était axée autour de quatre présentations :

On peut regretter que malgré une technique d’animation qui veut faciliter les échanges (présentation entre voisins de tables, limitation du nombre de participants, sous-ateliers où chacun peut s’exprimer), ceux-ci restent parfois trop superficiels. Les présentations de transparents ne facilitent pas la communication notamment quand il s’agit de présenter un dispositif qui contient de nombreuses actions. Les transparents seraient-ils un instrument de non communication ? Les détails et les essais-erreurs qui sont généralement intéressants, à la fois pour comprendre comment telle ou telle pratique s’ancre sur un territoire mais aussi parce qu’ils sont souvent les révélateurs d’une innovation, sont souvent occultés.

Pour ce qui concerne les contenus, nous avons aimé l’initiative d’utilisation de lecteurs MP3 pour permettre de mieux vivre la dyslexie en classe. C’est la seule qui émane directement des utilisateurs. Des enseignants et des élèves dislexiques ont un besoin. Ils trouvent une solution pratique, à petit coût, grâce aux TIC. Elles permettent une meilleure intégration des élèves, elle favorisent les échanges entre eux. On est bien dans le thème : « Profiter pleinement des nouvelles technologies pour éliminer l’exclusion ».

Les autres initiatives sont plus difficiles à apprécier, il faudrait aller sur le terrain, rencontrer des participants, des médiateurs pour pouvoir se faire sa propre idée. Le projet WIN avait-il besoin de développer une solution spécifique pour faire des sites web, en connaissance des outils existants ? Les portails WIN sont visités par 1400 personnes par mois ? Est-ce beaucoup, peu ? 663 pages web réalisées par 300 habitants, même question, qu’est-ce que cela représente ?

La faible acculturation technologique des professionnels de l’insertion, que nous avions mis en évidence lors d’une étude réalisée en Auvergne, a été soulignée. Quand ils ne montrent pas de l’indifférence, ils expriment le plus souvent une attitude négative : "les relations humaines, c’est tellement mieux". Comment donc atteindre les « hard to reach » si les intermédiaires eux-mêmes ne reconnaissent pas les potentialités des nouvelles technologies ? Toutes les tentatives qui ne prennent pas en compte la formation et la sensibilisation des intermédiaires ne sont-elles pas vouées à l’échec ?

Les Hollandais ont mis un accent particulier sur leur formation et ont imaginé de faire travailler comme médiateurs sociaux TIC, pour un travail de proximité dans des quartiers, des personnes qui ne sont pas issues du social, mais qui ont fait preuve de qualités de communication (un garagiste, un ancien cadre…). Nous ne sommes cependant pas entrés dans les détails : quelle formation ?

Notons que dans le contexte français il faudrait inclure les élus comme cible privilégiée. Nous avions pu remarquer à Ruralitic que la multitude d’élus des petites communes rurales n’ont aucun moyen d’accéder à une information contradictoire et à la connaissance qui est produite sur les usages. C’est toujours le premier (ou le dernier, souvent le même et le seul) qui parle qui a raison, le plus souvent un opérateur de télécommunication ou un vendeur de solutions intégrées, globales et miracles.

Les suites pour Créatif

Ces ateliers, en complément du site e-practice sont un lieu d’expression qu’il ne faut pas négliger. CRéATIF est identifié pour son travail de collecte, de promotion et de mise en réseau d’initiatives. Mais nous pouvons aussi, chacun des membres, diffuser ces initiatives et profiter de la dynamique "e-inclusion".

A noter un prochain atelier en juin 2008 sur la culture numérique (lieu à déterminer).

Lien hypertexte: Le site de l’atelier
Posté le 25 février 2008 par Pierre L. Carrolaggi
Posté le 25 février 2008 par Pierre L. Carrolaggi
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Résultats de la consultation en ligne sur la stratégie de l’Union Européenne en matière d’e-Inclusion

En juin dernier, CRéATIF s’est engagé pour soutenir la démarche de consultation publique de l’Union européenne sur sa politique d’e-inclusion. Nous avons traduit le questionnaire initialement en anglais uniquement et diffusé largement dans nos réseaux un appel à contribuer.

Voici les résultats de cette consultation, tels qu’ils sont présentés dans le dernier "rapport de l’initiative européenne 2010 sur l’inclusion numérique". Encore une fois, il a fallu se farcir la traduction en français car il semble qu’on ne puisse participer à la construction de la société de l’information, "inclusive et européenne", que si on lit très couramment l’anglais. :-(

Le rapport complet (pdf en anglais 191 p.) déjà cité sur ce site dans un précédent article est disponible là : European i2010 initiative on e-Inclusion, "To be part of the information society" Impact Assessment

Les résultats de la consultation en ligne sur la stratégie de l’Union Européenne en matière d’e-Inclusion

Le questionnaire était constitué de 12 questions sur différents thèmes se rapportant à la Déclaration ministérielle de Riga. Trois invitations à répondre ont été adressées directement à 2000 contacts. Le questionnaire a été annoncé surle Portail Europa et le service de presse Société de l’Information. Au final, 211 réponses ont été collectées. La majorité des réponses (65%) proviennent de particuliers (principalement de l’Europe des 15). 35 % des réponses viennent d’institutions, y compris les ONG représentant des usagers ou des industriels, des entreprises ou des centres de recherche. Les réponses confirment :

  • On constate des progrès limités en matière d’e-accessibilité depuis l’adoption de la communication de 2005 soulignant le rôle des mesures volontaires de la part des industriels, ainsi que le risque d’une fragmentation aux niveau des lois et des marchés (avis partagé par 69% et 72% des répondants).
  • Le besoin de renforcer (81%) et réviser (87%) la législation actuelle, comme de proposer une nouvelle legislation (72%) en matière d’e-accessibilité a été fortement souligné. Les répondants confirment aussi le besoin d’outils d’accompagnement engageant les acteurs concernés : Responsabilité Sociale des Entreprises (68%), veille renforcée (66%), coopération entre usagers et industriels (61%). Sur l’accessibilité des sites web, 53% des répondants suggèrent d’utiliser des normes obligatoires pour tous les services publics.
  • L’écrasante majorité des répondants pensent que l’amélioration de l’e-accessibilité aurait des impacts très positifs sur les personnes (90,5%), sur l’industrie européenne (82,5%), et sur la société dans son ensemble (92,1%).
  • Les compétences numériques doivent être renforcées selon 90% des réponses, en encourageant les partenariats public/privé (82%), et en encourageant les efforts pour promouvoir des standards de qualifications (75%).
  • Les personnes agées sont dissuadées de débuter dans l’usage des produits et services à base de TIC à cause de barrières commerciales (53% des répondants) et le besoin de sensibiliser les seniors aux potentialités des TIC, ainsi que le développement des compétences, de l’accessibilité et de l’accès aux technologie (souligné par 65 à 76 % des réponses).
  • Le potentiel de l’usage des TIC est perçu de plus en plus comme un facteur d’intégration sociale et économique pour les jeunes marginalisés (61%) et pour les minorités ethniques (74,6%). Intégrer le thème de l’e-inclusion dans les politiques d’Education, d’Emploi et d’Immigration a été sélectionné respectivement par 42,7% 31,7% et 30,2% comme une priorité première.
  • La majorité des répondants, approuvent (55,6%) ou approuvent fortement (15,9%), l’idée que le web social (ou web 2.0) a un fort potentiel en matière d’inclusion sociale, dans la mesure où les services peuvent être mieux adaptés aux usagers et les usagers plus impliqués dans la Société de l’information.
  • Un appel fort à accroître les compétences TIC au sein des services publics (84%).
  • Les répondants soulignent massivement (87%) le besoin d’accroître la place de l’e-inclusion à travers toutes les politiques, en renforçant les débats et les échanges internationaux, sur l’e-inclusion, en promouvant la recherche et l’innovation, ainsi qu’une meilleure coordination des niveaux locaux, nationaux et européens.
  • Les répondants encouragent aussi fortement (87%) l’Union européenne à favoriser le dialogue à propos d’e-inclusion entre les différents acteurs concernés et soutiennent les efforts des industriels accomplis via la Responsabilité Sociale des entreprises (75%).

23 réponses de représentants de la société civile ou d’organisations professionnelles ont aussi été reçues par mail. Ces réponses, utilisant le questionnaire ou sous forme libre, diffèrent particulièrement en ce qui concerne les propositions en matière d’e-accessibilité. Les opinions exprimées vont d’un soutien à une intervention législative plus marquée (demande d’organisations de la société civile) à des avis plus réservés de la part d’industriels.

Ces derniers reconnaissent qu’une approche commune au niveau européen est nécessaire du fait de l’actuelle fragmentation du paysage de l’e-accessibilité en Europe, causée par les exigences divergentes dans les états membres. Malgré cela, le retour de certains acteurs industriels exprime l’invitation à privilégier la mise en oeuvre de solutions ou de procédures d’implémentation régulatoires reposant sur l’auto-certification des produits et services, l’usage de cahier des charges fonctionnels d’e-accessibilité et la promotion de normes en collaboration avec d’autres acteurs économiques majeurs que les Etats-Unis.

Posté le 23 novembre 2007 par Philippe Cazeneuve
Posté le 23 novembre 2007 par Philippe Cazeneuve
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Rapport de l’initiative européenne i2010 sur l’insertion numérique

Ce rapport très détaillé (191 pages en anglais) fait le point sur l’état d’avancement dans les pays de l’Union européenne de l’initiative sur l’e-inclusion, par rapport aux objectifs fixés pour 2010 lors de la Conférence de Riga en 2006.

J’ai résumé quelques passages du début du texte qui fait un point sur la situation de l’e-inclusion en Europe et constate que les objectifs fixés à Riga ne pourront pas être atteints.

La suite du rapport est très intéressante, puisqu’elle préconise les élements cadres de la politique européenne des années à venir, mais demande pas mal de temps pour faire une traduction synthétique en respectant bien les nuances du texte. Donc à suivre ...

European i2010 initiative on e-Inclusion, "To be part of the information society" Impact Assessment

sous-titre : European i2010 initiative on e-inclusion "No one left behind in the information society"

Les objectifs de la déclaration de Riga ne seront pas atteints

La déclaration de Riga identifiait 6 points clés et objectifs :

  • personnes agées & TIC,
  • fossé géographique,
  • e-accessibilité ( usage des TIC par les personnes handicapées),
  • alphabétisation et compétences numériques (digital literacy),
  • TIC au service de la diversité culrturelle,
  • e-administration inclusive.

Les données recueillies lors des dernières études en 2006 montrent que peu de progrès ont été réalisés dans ces domaines.

Taux d’usages : Par exemple, les pourcentages d’usage régulier d’internet en 2006 comparé à (celui de 2005) pour les 27 pays de l’Union Européenne étaient de : – 71% (68%) pour les 16-24 contre seulement 10% (10%) pour les 65-74 ans ;

  • 76% (73%) pour les européens disposant d’un niveau d’études supérieur contre seulement 25% (24%) parmi les européens ayant un niveau d’éducation élémentaire.
  • 58% (54%) parmi ceux qui ont un emploi contre 36% (32%) parmi les demandeurs d’emploi.
  • 51% parmi les habitants des zones densément peuplées contre 35% pour ceux qui résident dans les zones d’habitat dispersé.

E-accessibilité :

En moyenne pour les 27 pays de l’Union Européenne seuls 5% des sites web publics sont conformes aux normes minimum d’accessibilité requises.

Fossé géographique :

89% de la population des 27 états membres de l’Union Européenne réside dans une zone couverte par un accès haut-débit (92% dans les pays de l’europe des 15). Mais les lignes de fractures géographiques persistent dans les zones rurales où la moyenne de couverture s’établit plutôt à 71%, avec des vitesses de connexion plus faibles et moins d’alternatives dans le choix de l’opérateur.

Compétences numériques :

Seuls 57% des européens ont les compétences de bases dans l’usage d’internet et d’un ordinateur. Compte-tenu du faible niveau d’exigence de l’enquête sur ces compétences de base, cela reste très insuffisant pour pouvoir imaginer tirer pleinement profit des TIC.

e-administration :

En 2006, parmi la population des 27 pays de l’Union européenne agée 17 à 74 ans :

  • 21% utilisent les e-services pour obtenir de l’information ;
  • 13.3% téléchargent des formulaires ;
  • 8.8% effectuent des transactions.

En comparant avec les données 2004 et 2005, on constate un développement très faible de ces usages.

Personnes agées & TIC :

Les données d’enquête montrent que les objectifs fixés par la Conférence de Riga pour 2010 ne seront pas atteints et que les progrès réalisés dans le développement des usages sur cette tranche d’âge de la population sont faibles.

Posté le 22 novembre 2007 par Philippe Cazeneuve
Posté le 22 novembre 2007 par Philippe Cazeneuve
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