Politique
Appel en faveur des acteurs de la culture multimédia
Face à la disparition programmée des Espaces Culture Multimédia, suite à la suppression par le Ministère de la Culture et de la Communication du programme des E.C.M. une réunion de crise s’est tenue à Paris, le vendredi 25 janvier 2008, entre les acteurs de la culture multimédia en France.
Nous vous proposons le communiqué de presse adopté à l’issue de cette réunion, et l’appel à l’Assemblée constituante Fédération Nationale des Acteurs de la Culture Multimédia
Communiqué de presse
Nous, structures et acteurs "culture multimédia", menons depuis 10 ans des projets de création, de recherche et de diffusion artistique, des actions culturelles, pédagogiques et de médiation, avec des publics, en réseau sur des territoires. Nous participons ainsi à fonder des repères dans notre société de l’information et de la connaissance par l’accueil et l’accompagnement d’usages et de pratiques du multimédia relevant de l’intérêt général.
Le M inistère de la Culture, sans concertation ni délai, sans fournir un quelconque argumentaire, a fait le choix de son désengagement de la culture multimédia remettant en cause son soutien à plus de 115 lieux en France, aux festivals d’arts numériques et à la création multimédia. Cet acte met devant le fait accompli autant les acteurs que les collectivités, qui elles aussi se sont engagées dans ces politiques.
C’est pourtant ce même ministère de la Culture, qui depuis 1998 avait initié une politique volontariste de soutien à la démocratisation culturelle multimédia et à la création artistique, en privilégiant une professionnalisation des acteurs et une innovation des modes de productions avec les artistes et les publics. Cette politique a été unanimement plébiscitée par tous les gouvernements successifs, pour ses missions décrétées et reconnues par tous d’utilité publique, et réaffirmée par le Président de la République dans la lettre de mission à madame la Ministre de la Culture.
Cet acte est ainsi en contradiction complète avec les choix stratégiques de ce gouvernement autour de la société de l’information.
Même si, jusqu’alors, les aides individuelles accordées aux lieux peuvent paraître dérisoires entre 5 000 et 30 000 euros par an, ces faits ont des retombées considérables pour les acteurs de la culture multimédia, dont les conséquences immédiates et concrètes sont :
- précarisation extrême de l’économie des structures ;
- suppression de postes ;
- remise en cause de l’accueil d’artistes et de la diffusion des œuvres ;
- remise en cause des actions culturelles et éducatives en direction du grand public, de l’accueil des scolaires ;
- fermeture de lieux de médiation et de création sur les territoires et à destination des populations ;
- mise en péril d’une réalité de l’aménagement culturel du territoire et de la circulation des compétences dans les réseaux.
Le rapport de force que fait naître le ministère de la Culture nous convainc de réaffirmer l’enjeu des actions que nous portons avec les artistes et auprès des publics, et de nous doter des outils qui nous permettent d’assurer la défense de ce secteur, de ses structures et de ses emplois, notamment par la formalisation de la création d’une fédération nationale des acteurs de la culture multimédia.
Forts de cette structuration et au regard des enjeux, nous sollicitons un réexamen de la politique de l’Etat et demandons :
- une mise en cohérence entre les déclarations du Président de la République, les préconisations stratégiques et la mise en oeuvre concrète par la Ministre de la Culture ;
- le maintien et le renforcement des politiques publiques menées jusqu’ici en matière de culture multimédia ;
- une concertation avec l’ensemble des acteurs de ce secteur pour construire collectivement les politiques culturelles multimédia, publiques et privées ;
et nous invitons les acteurs "culture multimédia" qui se reconnaissent dans cette démarche et dans les valeurs posées par l’association à se joindre à l’Assemblée Générale de la fédération le 18 février 2008 à Paris.
Cet appel à mobilisation pour le réexamen de la politique de l’Etat français en matière de culture multimédia s’inscrit dans un débat plus large lié au désengagement de l’Etat en matière d’actions culturelles et plus spécifiquement dans la nécessité de persistance et préservation des actions portées avec les artistes, les chercheurs… et auprès des publics par l’ensemble des acteurs « culture multimédia ».
En savoir plus et signer l’appel :
http://www.culture-multimedia.org/
Renaissance Numérique s’offre un coup de pub à l’occasion de la sortie de l’Iphone en France
Rappelez-vous, en avril dernier « Renaissance Numérique », un think tank rassemblant une majorité de dirigeants d’entreprises du monde du net et quelques universitaires, proposait dans un livre Blanc intitulé « 2010, Internet pour tous », 15 mesures pour réduire la fracture numérique.
J’ai publié à l’époque une analyse critique de ces 15 mesures développées dans ce rapport d’une centaine de pages.
Une opération de marketing bien orchestrée
Cette opération de marketing bien orchestrée (voir liens ci-dessous), appelle quelques commentaires.
- remise d’un Ipod contenant une « lettre ouverte au président de la république » sous forme d’extraits d’entretiens enregistrés en vidéo (Lire le récit sur le blog de Christophe Ginisty, DG de Rumeur Publique, une agence de com qui compte Apple parmi ses clients).
- Publication des séquences vidéos sur le site de Renaissance Numérique
Le fond du discours n’a pas changé et la quinzaine de mesures médiatisées au printemps constituent toujours la toile de fond de cette « pressée d’automne », comme on dit dans le monde du jus de pommes .
Mais les yeux et les oreilles attentives auront remarqué quelques nouveautés :
- Renaissance Numérique réclame la nomination d’un Secrétaire d’état en charge du développement numérique.
- Bien placée au coeur de ce dossier vidéo, on trouve une supplique à propos du « dividende numérique », entendez la question des fréquences hertziennes basses libérées par le passage à la TNT et que les opérateurs se disputent aprement. L’enjeu : l’accès à internet en mobilité.
(pour mieux comprendre le sujet lire l’article de Michel GÉA sur DSLvalley (oct. 2007. On y trouve aussi une liste détaillée des membres du think tank. Pour ceux qui ont le temps et qui veulent approfondir le sujet L’ARCEP publie un grand dossier sur le dividende numérique)
- Marc Mossé [Directeur des affaires publiques et juridiques de Microsoft France] dans la dernière intervention de la vidéo "Donation par les entreprises d’ordinateurs amortis à leurs salariés" parle du don des vieux PC reconditionnés aux écoles. (Merci à Patricia Loubet qui a finement pointé ce lien qui indique les raisons autres que citoyennes qui justifient l’intérêt que porte Microsoft aux ordinateurs recyclés)
Lutter contre la pauvreté ... ça peut rapporter gros !
Il y est même question du 1% de croissance supplémentaire qu’une lutte contre la fracture numérique pourrait apporter à la France.
Ben, si en plus ça devient rentable de s’occuper des pauvres et des exclus, peut-être faudrait-il en importer davantage d’autres pays, vous croyez pas ?
(D’accord, ça c’est un peu de la mauvaise foi de ma part, mais quand j’entend des types respectables énoncer sérieusement des conneries aussi grosses que ça, je me demande vraiment où ils ont appris à compter !)
Rapport Olivennes : revue de presse
Le rapport, les discours, l’accord signé
- Mission confiée à Denis Olivennes sur la lutte contre le téléchargement illicite et le développement des offres légales d’oeuvres musicales, audiovisuelles et cinématographiques (Ministère de la Culture - 23/11/07)
- Le texte de l’accord (Ministère de la Culture - 23/11/07)
- Accord Olivennes - Le discours de Nicolas Sarkozy le 23/11/07 (ratiatium.com)
Le rapport en bref dans les médias
- Avalanche de réactions après la publication du rapport Olivennes (La Tribune - 23/11/07)
- Les principaux extraits du rapport Olivennes : Du filtrage à la riposte graduée (21/11/07 - PC Impact)
- Piratage : les recommandations Olivennes (21/11/2007 - Les Echos)
Les réactions
- Rapport Olivennes : Dailymotion se réjouit mais ne signe pas (Le monde informatique - 26/11/07)
- Les fournisseurs d’accès respirent (Libération - 24/11/07)
- Le rapport Olivennes préconise de couper les abonnements des internautes coupables de piratage (23/11/07 - Le Monde)
- Rapport Olivennes : le député Christian Paul regrette l’occasion manquée (23/11/07 - ratiatium.com)
- Réaction au rapport Olivennes (Association des Audionautes - 23/11/07)
- Odebi met en garde Chantal Albanel et Denis Olivennes (21/11/07 - Ligue ODEBI)
Les positions de quelques acteurs auditionnés pour le rapport
- UFC-Que Choisir (17/10/07)
- APRIL (12/10/07)
- Alliance Public-Artiste (13/11/07)
- ADAMi (Dossier spécial dans la lettre N°62 - Oct 2007 - pdf 16 p.)
Des commentaires, études et travaux de recherche pour aller plus loin
- Rapport Olivennes : Décryptage par Me Olivier Hugot, juriste (Le monde Informatique - 26/11/07)
- Lutte contre le piratage : permis à point sur Internet (Sophie Boudet-Dalbin - Homo-numericus 25/11/07)
- Rapport Olivennes : "une proposition d’un autre âge" (Julien - Agoravox - 23/11/07)
- Résultats de l’étude économétrique commandée par UFC- Que choisir au laboratoire ADIS (Paris XI - 2007)
- Jean-Samuel Beuscart : Généalogies de l’écoute musicale (Internet Actu - 05/01/05)
Bernard Benhamou, nouveau Délégué aux Usages de l’Internet
Par arrêté de la Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche en date du 8 novembre 2007, Bernard Benhamou est nommé délégué aux usages de l’internet à compter du 1er novembre 2007, en remplacement de Gilles Fournier. La délégation aux usages de l’internet est rattachée à Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Maître de conférence pour la Société de l’Information à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, expert des NTIC, Bernard Benhamou est l’auteur du "Projet Proxima", un rapport remis en 2003 au Ministre délégué à l’Enseignement Scolaire, Xavier Darcos, et au Ministre délégué à la Famille, Christian Jacob, dans lequel il analysait les conditions du déploiement des usages de l’internet au sein des familles et à l’école et recommandait d’intensifier les interactions entre ces deux sphères.
Parmi les 28 préconisations de ce rapport Proxima, je souligne ci-dessous quelques points qui restent plus que jamais d’actualité, même 4 ans après. Ce rapport insistait beaucoup sur les espaces de travail collaboratif, j’espère que ces belles paroles ne resteront pas au stade des intentions et que le nouveau Délégué aux Usages de l’internet s’engagera à redynamiser le travail collaboratif avec tous les acteurs locaux et régionaux de l’accès public à internet.
Aide à l’appropriation de l’Internet
1. Développer des actions de sensibilisation, de formation et d’accompagnement vers les trois cibles prioritaires que sont les familles aux plus faibles revenus, les personnes âgées et les femmes.
2. Mettre en place auprès des familles des aides thématiques adaptées aux différentes phases d’appropriation de l’Internet (en particulier aide aux primo-utilisateurs).
3. Développer auprès des citoyens des formations à la responsabilisation et à l’exigence en matière de technologies. Intégrer dans les dispositifs de formation les notions de maîtrise des données personnelles et de sécurisation des échanges sur Internet.
7. Favoriser le développement des accès Internet « sans fil » et stimuler la concurrence dans le domaine des services de proximité sur les plateformes mobiles.
Harmonisation du WEB public
8. Effectuer une analyse détaillée et régulière de la fréquentation des sites publics. Etablir pour les sites publics une typologie des usages et des usagers.
9. En plus de l’accessibilité des sites web aux publics spécifiques, veiller à l’accessibilité (technologique et éditoriale) pour l’ensemble des usagers.
10. Etablir une charte concernant la navigation et la recherche d’informations sur les sites publics.
13. Favoriser la participation des citoyens à l’élaboration et à la mise à jour des services de proximité en ligne.
Internet à l’école / projet PROXIMA
15. Consacrer à la réalisation de projets collaboratifs locaux une partie des travaux des dispositifs scolaires qui permettent la sensibilisation aux technologies ; Travaux Personnels Encadrés (TPE), Brevet informatique et Internet (B2i), itinéraires de découverte (IDD) et Projets Pluridisciplinaires à Caractère Professionnel (PPCP).
18. Développer les technologies de partage et de mutualisation des contenus dans les sites publics en particulier au niveau local.
19. Pour l’élaboration des sites web publics, veiller à l’utilisation de technologies répondants aux recommandations du Word Wide Web Consortium (W3C) et veiller à ce que les nouveaux services soient aussi accessibles sur les plateformes mobiles.
21. Développer l’usage des Systèmes d’Information Géographiques dans les projets collaboratifs locaux (pour leurs applications pédagogiques mais aussi pour les services de proximité et pour l’aide à la prise de décisions d’intérêt local).
25. Rendre accessibles les contenus du domaine public sur Internet et déterminer le périmètre des « données éducatives essentielles ».
26. Définir un cadre légal pour l’usage des technologies d’échanges de « pair à pair » et engager une consultation avec l’ensemble des acteurs industriels et des éditeurs de contenus sur les usages licites de ces technologies.
Accès publics à l’Internet
27. Former les internautes à la création de contenus en ligne dans les Espaces Publics Numériques (EPN). Inscrire la réflexion sur les enjeux citoyens de l’Internet dans les missions des EPN.
Rapport de l’initiative européenne i2010 sur l’insertion numérique
Ce rapport très détaillé (191 pages en anglais) fait le point sur l’état d’avancement dans les pays de l’Union européenne de l’initiative sur l’e-inclusion, par rapport aux objectifs fixés pour 2010 lors de la Conférence de Riga en 2006.
J’ai résumé quelques passages du début du texte qui fait un point sur la situation de l’e-inclusion en Europe et constate que les objectifs fixés à Riga ne pourront pas être atteints.
La suite du rapport est très intéressante, puisqu’elle préconise les élements cadres de la politique européenne des années à venir, mais demande pas mal de temps pour faire une traduction synthétique en respectant bien les nuances du texte. Donc à suivre ...
European i2010 initiative on e-Inclusion, "To be part of the information society" Impact Assessment
sous-titre : European i2010 initiative on e-inclusion "No one left behind in the information society"
Les objectifs de la déclaration de Riga ne seront pas atteints
La déclaration de Riga identifiait 6 points clés et objectifs :
- personnes agées & TIC,
- fossé géographique,
- e-accessibilité ( usage des TIC par les personnes handicapées),
- alphabétisation et compétences numériques (digital literacy),
- TIC au service de la diversité culrturelle,
- e-administration inclusive.
Les données recueillies lors des dernières études en 2006 montrent que peu de progrès ont été réalisés dans ces domaines.
Taux d’usages : Par exemple, les pourcentages d’usage régulier d’internet en 2006 comparé à (celui de 2005) pour les 27 pays de l’Union Européenne étaient de : – 71% (68%) pour les 16-24 contre seulement 10% (10%) pour les 65-74 ans ;
- 76% (73%) pour les européens disposant d’un niveau d’études supérieur contre seulement 25% (24%) parmi les européens ayant un niveau d’éducation élémentaire.
- 58% (54%) parmi ceux qui ont un emploi contre 36% (32%) parmi les demandeurs d’emploi.
- 51% parmi les habitants des zones densément peuplées contre 35% pour ceux qui résident dans les zones d’habitat dispersé.
E-accessibilité :
En moyenne pour les 27 pays de l’Union Européenne seuls 5% des sites web publics sont conformes aux normes minimum d’accessibilité requises.
Fossé géographique :
89% de la population des 27 états membres de l’Union Européenne réside dans une zone couverte par un accès haut-débit (92% dans les pays de l’europe des 15). Mais les lignes de fractures géographiques persistent dans les zones rurales où la moyenne de couverture s’établit plutôt à 71%, avec des vitesses de connexion plus faibles et moins d’alternatives dans le choix de l’opérateur.
Compétences numériques :
Seuls 57% des européens ont les compétences de bases dans l’usage d’internet et d’un ordinateur. Compte-tenu du faible niveau d’exigence de l’enquête sur ces compétences de base, cela reste très insuffisant pour pouvoir imaginer tirer pleinement profit des TIC.
e-administration :
En 2006, parmi la population des 27 pays de l’Union européenne agée 17 à 74 ans :
- 21% utilisent les e-services pour obtenir de l’information ;
- 13.3% téléchargent des formulaires ;
- 8.8% effectuent des transactions.
En comparant avec les données 2004 et 2005, on constate un développement très faible de ces usages.
Personnes agées & TIC :
Les données d’enquête montrent que les objectifs fixés par la Conférence de Riga pour 2010 ne seront pas atteints et que les progrès réalisés dans le développement des usages sur cette tranche d’âge de la population sont faibles.




Imprimer la page
