Lieux d’accès publics

Télécentres

Est-ce la fin de l’accès public à Internet au Canada ?

D’après un mail de Communautique. Montréal, le 19 novembre 2007 – Malgré les besoins criants et le succès démontré des Programmes d’Accès Communautaires à Internet, aucun financement pour en assurer la poursuite n’a été annoncé. Les demandes déposées auprès du Ministre Jim Prentice d’Industrie Canada, titulaire du programme, sont demeurées à ce jour sans réponse. Rappelons que sans budget de renouvellement, ces programmes devront s’achever le 31 mars prochain.

Le Programme d’Accès Communautaire (PAC) assure la maintenance des équipements et la formation des intervenants du milieu communautaire. L’Initiative Jeunesse du PAC (IJ-PAC) quant à elle permet à des centaines de jeunes d’avoir une première opportunité d’emploi tout en aidant des milliers de Canadiens et de Canadiennes à s’initier à Internet et à la micro-informatique. Cette introduction à l’informatique s’effectue par le biais de formations et d’animations gratuites qui facilitent l’appropriation et l’utilisation des technologies de l’information et des communications (TIC). Ces formations sont offertes dans les milliers de Centres d’accès communautaire à Internet (CACI) implantés à travers le Canada dans les écoles, les centres communautaires et les bibliothèques.

La population qui participe aux activités de l’IJ-PAC vient apprendre les rudiments de l’informatique, élément essentiel à une participation active à la société d’aujourd’hui. Il s’agit de personnes âgées, autochtones, nouveaux arrivants, chômeurs, jeunes, personnes analphabètes, personnes atteintes de troubles de santé mentale, itinérants, personnes handicapées, personnes n’ayant jamais eu à travailler ou à utiliser Internet, bref, un large éventail de notre société potentiellement exclu de ces technologies.

Certains programmes spéciaux sont aussi offerts afin de fournir des formations plus spécifiques aux personnes handicapées et aux personnes en processus d’alphabétisation. Ce volet permet d’adapter les formations aux besoins plus particuliers de ces populations.

Pour bien des gens, l’accès public et les formations à l’utilisation de l’informatique sont devenus des services essentiels. De plus en plus de domaines de la vie quotidienne nécessitent d’avoir accès et de savoir se servir d’un ordinateur, que ce soit pour rechercher un emploi, accéder aux services du gouvernement en ligne, communiquer avec la famille et les amis éloignés, s’auto-former ou mettre à jour des connaissances, briser l’isolement, faciliter la communication pour les personnes à mobilité réduite, etc. Depuis 5 ans, une augmentation constante de la fréquentation des centres d’accès a été enregistrée. Cette année, pour 40% des utilisateurs, il s’agissait de leurs premiers pas avec l’informatique.

En ce sens, Télécommunautés Canada souhaite rappeler à Industrie Canada et au gouvernement canadien l’importance du PAC et de son Initiative Jeunesse. Ces deux programmes ont prouvé leur valeur et pour garantir la poursuite de leur succès, ils méritent qu’on leur accorde enfin un financement récurrent et suffisant.

À propos de Télécommunautés Canada

Dans l’optique de promouvoir le réseautage communautaire canadien tant au niveau national qu’international, Télécommunautés Canada travaille à s’assurer que tous les Canadiens et Canadiennes puissent participer et utiliser les divers services de leur communauté, en appuyant les initiatives locales en matière de technologies de l’information et des communications.

Le Programme d’Accès Communautaire (PAC) et son Initiative Jeunesse sont coordonnés par Industrie Canada et financés par le biais du programme Stratégie Emploi Jeunesse du Canada (SEJ) du Développement des Ressources Humaines Canada.

Lien hypertexte: Communautique
Posté le 22 novembre 2007 par Philippe Cazeneuve
Posté le 22 novembre 2007 par Philippe Cazeneuve
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Les réseaux de télécentres en Espagne

Un livre qui dresse un panorama complet vient de paraître

Ce livre raconte l’histoire des réseaux de télécentres en Espagne : qui sont-ils, comment fonctionnent-ils, à qui apportent-ils des services, quels professionnels y travaillent, quel rôles ces organisatons développent-elles dans la Société de l’Information ?

La publication de cet ouvrage résulte d’une initiative du Gouvernement de la Principauté des Asturies et de la Fondation CTIC, qui gère le réseaux des télécentres des Asturies.

"Las redes de telecentros en España - Una historia por contar"

mars 2006

Document en espagnol à télécharger (pdf - 226 p. - 3 Mo)

Coordination de l’édition : Fundación CTIC www.fundacionctic.org Paco Prieto Díez, Directeur Société de l’Information paco.prieto [at]fundacionctic.org

Auteur : Karma Peiró, journaliste spécialiste des médias électroniques

Sommaire

  • Introduction
  • Société de l’Information, plus qu’une simple formule

Chapitre 1 : Que sont les télécentres et à quoi servent-ils ?

  • Est-ce que chacun parle de la même chose à propos de “télécentre” ?
  • Petit rappel historique : Comment sont apparus les premiers télécentres ?
  • Impact des télécentres. De quelle manière sont-ils efficaces ?
  • Autres points d’accès aux TIC

Chapitre 2 : Les réseaux de télécentres en Espagne

  • Que sont les réseaux de télécentres ?
  • Comment fonctionnent-ils ?
  • La coordination d’un réseau
  • Initiatives en marche

Chapitre 3 : Au service des citoyens

  • Qui sont les bénéficiaires des réseaux ?
  • Les premiers pas
  • Idées pour renforcer le développement économique local
  • Le potentiel d’un projet coordonné : régional, national et international

Chapitre 4 : Les professionnels qui travaillent dans les télécentres

  • La dynamisation « socio-digitale »
  • La formation du personnel « dynamisateur »
  • Quelles fonctions remplissent-ils (elles) ?
  • Leurs opinions

Chapitre 5 : La formation sur-mesure

  • Creation de services : exemples d’ateliers et d’activités
  • Le travail avec les associations citoyennes
  • Le travail d’e-Inclusion

Chapitre 6 : Télétravail et télécentres

  • L’impulsion du télétravail
  • Où le télétravail a-t-il du sens ?
  • Les télécentres : les bureaux virtuels de demain ? Chapitre 7 : L’e-Administration
  • L’e-Administration : est-ce une réalité ?
  • Les télécentres : point-clé de l’Administration électronique
  • L’e-Administration des prochaines années

Chapitre 8 : Les défis des télécentres

  • Vers quoi vont-ils ?

Conclusion

  • La vie dans un réseau
  • Continuons à marcher vers la complexité...

Annexes

  • Liste de liens intéressants
  • Pages des principaux réseaux de télécentres d’Espagne
  • Réseaux de télécentres dans les projets internationaux
  • Programmes des administrations publiques pour impulser les télécentres et le télétravail
Lien hypertexte: Asturias Telecentros
Posté le 2 avril 2006 par Philippe Cazeneuve
Posté le 2 avril 2006 par Philippe Cazeneuve
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Le réseau des télécentres des Asturies fait le bilan de son activité 2005

Traduction d’un article paru le 16 février 2006 dans "La Nueva España"
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Telecentros de Asturias

Le réseau régional des 85 télécentres de la Principauté des Asturies (Espagne) concentre ses efforts pour rapprocher les technologies de l’information des différents collectifs citoyens et associations, au cours de l’année 2006. Les usagers des télécentres augmentent de 16,4 % et dépassent les 93.000 personnes.

La sociéte de l’information et l’usage des technologies de l’information et de la communication (TIC) se développent dans la région, et pas seulement parce que les principaux indicateurs statistiques le disent. Lorsqu’on jette un coup d’oeil au dernier bilan d’activité du réseau de télécentres de la Principauté, on observe en 2005 une augmentation des usagers de 16,4 % (13.116 personnes). Plus de 93.000 personnes utilisent les 85 télécentres qui composent le réseau, soit 8,6 % de la population asturienne.

Les objectifs du réseau pour 2006 sont importants et variés, tout comme la société asturienne : les télécentres adaptent leurs axes de travail et leurs services en fonction de la demande des différents collectifs (travailleurs, population rurale, personnes agées, personnes handicapées ...) et associations qui composent le tissu social des Asturies. Les télécentres sont un des volets de la stratégie pour le développement de la société de l’information dans les Asturies, « e-Asturias 2007 ». Ils fonctionnent comme une porte d’entrée que le Gouvernement de la Principauté des Asturies offre aux différents collectifs citoyens , afin qu’ils accèdent à la société de l’information et profitent de ses avantages - ce que l’on appelle la e-inclusion dans le jargon des TIC - des groupes tels que les demandeurs d’emploi, les indépendants, les personnes agées, les personnes menacées d’exclusion sociale ... Tous les télécentres ont quelquechose à proposer - information, accompagnement et formation gratuites - à ceux qui utilisent les technologies de l’information et de la communication.

Le travail avec des collectifs et, tout particulièrement, avec ceux qui ont le plus de difficultés à accéder à la société de l’information, constituera un des axes de travail prioritaires du réseau en 2006. Durant les derniers mois, la fréquentation des télécentres a augmenté, tant de la part de groupes, comme ceux constitués d’entrepreneurs, que de la part de personnes regroupées autour d’un centre d’intérêt ou un loisir particulier. Par exemple, les amateurs de montagne. Plusieurs groupes de passionnés de montagne ont participé activement aux activités proposées dans le cadre du 1er concours d’initiatives du réseau de télécentres des Asturies, qui s’est tenu fin 2005. Les associations culturelles, sportives, ou de riverains, ont aussi leur place dans les télécentres. Ces organisations participent au réseau en utilisant les services et infrastructures que les télécentres leur offrent, afin de développer et diffuser leurs propres activités et recevoir une formation à la carte sur les applications ou thèmes qui intéressent leurs membres. De fait, le réseau de télécentres des Asturies a développé un espace spécifique pour les associations sur son site web , afin qu’elles s’immergent dans la communauté virtuelle des télécentres.

8,6 % de la population asturienne utilise les télécentres de la Principauté et la proportion entre hommes et femmes est assez équilibrée : ils représentent 46,6 % de l’ensemble, contre 53,4 % de femmes. La pyramide des âges affiche une grande diversité : depuis les gamins jusqu’au octagénaires. D’après les dernières données, 56 % des usagers ont moins de 30 ans, le reste étant plus âgés. Non obstant, le groupe d’âge qui connaît la plus forte croissance - presque + 6 % en 2005 - est celui des plus de 50 ans, suivi par les moins de 16 ans (3,5 % de plus qu’en 2004).

Un des moyens choisis par le réseau des télécentres pour mesurer son activité, ce sont les usages, c’est à dire, le nombre de fois qu’une personne a utilisé un télécentre pour réaliser diverses activités comme ateliers d’initiation ou recherche d’information. Depuis la création du réseau en 2001, le nombre total des usages constatés dépasse les 2,2 millions. Au cours des 5 dernières années, 8.655 ateliers ont eu lieu, dans lesquels ont participé 60.639 personnes, soit 64.117 heures de formation. On remarque notamment l’accroissement d’usages à caractère professionnel.

Posté le 21 mars 2006 par Philippe Cazeneuve
Posté le 21 mars 2006 par Philippe Cazeneuve
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Un réseau de télécentres en Araucanie (Chili)

Interview de Manuel Morales (Univ. de la Frontera, Temuco - Chile), coordinateur du réseau de télécentres
Interview réalisé le 12 janvier 2006 à Cieneguilla (Lima-Pérou)

Manuel Morales (Univ. de la Frontera, Temuco - Chile)

Q : Bonjour Manuel, peux-tu nous présenter le réseau des télécentres d’Araucanie et tes responsabilités au sein de ce projet ?

Je m’appelle Manuel Morales, je suis professeur à l’Institut d’Informatique Educative de l’Universidad de la Frontera à Temuco. Mon rôle principal est d’être le coordinateur d’un réseau de 32 télécentres, situés dans la Région d’Araucanie au Chili. Actuellement, nous avons 32 télécentres, mais nous avons commencé en 1997 avec seulement 2 télécentres. L’un basé dans une petite localité, à 50 km de Temuco, la capitale régionale, et l’autre situé dans cette capitale. Nous établissons des conventions avec les communes et nos télécentres s’installent dans des locaux qu’elles mettent à disposition : bibliothèque, organisation communautaire, office de tourisme, ou à l’intérieur même de la mairie. Dans la petite localité, le télécentre a fonctionné super bien, les résultats on été spectaculaires, tous les objectifs fixés pour cette première étape ont été atteints. Mais dans la capitale régionale, cela n’a pas marché. Aussi, nous avons mené une recherche pour comprendre pourquoi dans telle localité cela fonctionnait et pas dans l’autre.

Selon les leçons que nous avons pu tirer de cette étude, sont très important pour la réussite du projet :

  • 1.L’engagement de la municipalité,
  • 2.La personnalité de l’animateur responsable du télécentre,
  • 3.Le fait que la communauté soit sensibilisée et attentive à ce qui se déroule.

Ces 3 critères n’ont pas été remplis à Temuco.Du fait de la taille de la Ville, le maire ne s’est pas senti très concerné, ce n’était qu’un service de plus, il ne lui a pas accordé l’importance nécessaire. L’animateur était un fonctionnaire municipal peu intéressé par le sujet, et troisièmement, dans les grandes villes, il est plus difficile de construire des réseaux.

Aussi, notre première expérience a été un demi-succès ; dans la petite localité, lemaire s’est fortement impliqué dans le projet, les équipes municipales ont été impliquées et la communauté d’habitants avait à coeur que le projet aboutisse.

Q : Quels étaient les objectifs de ce projet lors de son lancement ? Comment cela a-t-il évolué aujourd’hui ?

L’objectif fondamental de ce projet était l’information. Ces télécentres étaient particuliers, puisque qu’en 1997 ils ne comportaient qu’un seul ordinateur et la personne en charge de ce lieu effectuait les opérations et les consultations pour les personnes. Lorsqu’une personne avait besoin d’une information, elle se présentait au bureau,expliquait ce qu’elle voulait et l’opérateur faisait la recherche pour elle. L’idée était de recueillir quels étaient les besoins d’information des gens et de pouvoir réponse à ces besoins par une information pertinente. Et bien sûr, donner accès à cette technologie qui permettait de ne pas avoir à se déplacer à Temuco, et d’éviter une série de contre-temps. C’était cela l’objectif fondamental pour commencer.

Dans la seconde étape, les objectifs ont évolué. Le scénario était bien différent, il ne s’agissaitt plus d’un seul ordinateur mais de 5 machines, une imprimante, un scanner, un photocopieur. L’équipement a changé et cela a permis de changer un peu les objectifs. Grâce aux leçons tirées de l’expérience, on a continué à considérer le rôle de l’opérateur comme fondamental ; pour les conventions passées avec les communes, on a invité à participer de nombreux élus municipaux : par courriers, par téléphone, en expliquant au maire qu’on lançait un nouveau projet grâce à un fonds de l’Etat. Ce fonds permettait de financer l’équipement, son installation (réseaux...) et de l’ingénierie projet pour mener à bien cette mise en place. De leur côté les municipalités s’engageaient à prendre en charge les frais de fonctionnement : la connection, le local et l’opérateur.

Les frais n’étaient pas si élevés que cela puisque le poste le plus important était la connection. En effet, le local pouvait être n’importe quel lieu déjà existant et l’opérateur était un employé municipal déjà en poste. De notre côté, nous proposions d’assurer la formation de ces opérateurs et de fournir une solution de connectivité la moins chère et la plus adaptée. Nous les avons accompagné dans la définition du profil des opérateurs : que cela soit surtout une personne ayant une bonne empathie avec les gens, ayant le goût du service public ... et nous avons formé ces opérateurs à l’usage des technologies.

Q : En quoi consistait cette formation ?

Au début, on a commencé la formation avec un groupe d’opérateurs. Ils venaient à notre institut pour se former et ensuite on leur proposait un accompagnement personnalisé pour la mise en place des notions qu’ils avaient apprises. C’étaient essentiellement des ateliers, dans lesquels ils apprenaient en faisant, plutôt qu’une transmission d’informations théoriques. Ensuite, une fois terminée cette formation d’un jour par mois, avec différentes thématiques ... ils ont appris à utiliser les différents programmes informatiques, ils ont abordé les notions de travail avec les communautés d’habitants (se faire accepter, établir des alliances ...), comment évaluer le travail en cours, la gestion du télécentre...

Q : En passant d’une machine à 4 ou 5, le type d’accompagnement nécessaire de la part des opérateurs a du changer, non ?

Oui, il a changé complétement puisque l’idée était maintenant que les gens participent, qu’il mettent la main à la pâte, qu’ils fassent par eux-même, qu’ils apprennent à utiliser ... Donc, il y avait tout un processus à mettre en place. Premièrement nous allions rencontrer les organisations communautaires pour montrer ce que c’était que ces outils. Nous faisions de présentations en présence de l’opérateur, en montrant les technologies qui allaient arriver, en expliquant les implications de tout cela, les opportunités qui s’offraient .. et on invitaient les personnes intéressées pour apprendre à utiliser, à faire partie des actions de formations. Et ceux qui ne souhaitaient pas, pouvaient se rendre compte qu’il y avait des personnes de la communauté qui pourraient les aider à faire leurs transactions, qu’ils avaient la liberté de choisir ... mais on invitait tout le monde et eux décider qui aller se former. Au début, cela fut principalement les dirigeants. Ils voulaient être au fait de ce qui se passait et ils se sont intégrés facilement dans ce processus. Pour ce qui est des fonctionnaires, il y avait un groupe de personnes intéressées, parce que parralèlement aux télécentres, était proposé un programme de « modernisation de l’administration municipale » et donc ils ont du intégrer les deux projets à peu près en même temps. Un était destiné aux habitants et l’autre aux fonctionnaires municipaux, aussi ils ont du mettre à jour leurs compétences en matière de nouvelles techn ologies. Ils étaient demandeurs. Le processus de sensibilisation partaient depuis le maire et son conseil municipal, auquel on faisait des présentations mensuelles pour informer de l’avancement du projet, de façon à ce qu’ils intègrent les informations et ont leur proposait à eux aussi des formations.

Q : Comment ce projet a-t-il été financé ?

C’est un organisme qui s’appelle CORFO (Corporacion de Fomento de la Produccion - Organisation de Développement de la Production), aidé par SUBTEL (sous-secrétariat aux Télécommunications) qui ont réunis les fonds pour financer ce projet.

C’était un projet qui visait surtout « l’accès universel pour tous », par la création de lieux d’accès pour tous. Il s’agissait d’un projet pilote : si ça marchait dans la région la plus pauvre et défavorisée du pays, on savait qu’ensuite ailleurs ça marcherait bien. A la fin de ce projet, nous avons divergés avec le sous-secrétariat aux Télécommunications, car en dépit des résultats obtenus, ils ont opté pour un modèle privé. Et ce modèle privé a contribué à l’échec de beaucoup de télécentres au Chili : sur les 1200 lieux créés, il en reste aujourd’hui environ 800 en fonctionnement. Car après ce projet pilote, un nouveau projet a été impulsé pour créer des lieux d’accès au niveau national, mais sur la base d’un modèle erroné. Les communes qui avaient participé à notre projet pilote ont été inclues d’office dans ce programme national. Nous avons postulé pour ce projet et été retenus, uniquement à l’échelle régionale, afin de pouvoir poursuivre le projet avec les communautés et prolonger les conventions avec les municipalités. Nous poursuivons donc le travail, avec des fonds de l’Etat, mais en gardant les spécificités de notre approche.

Q : Quelle est le rôle du coordinateur dans un réseau de télécentres comme celui-là ?

Le travail de coordination est très important car nous intervenons comme « techniciens » , dans le sens où nous savons comment implanter et développer des télécentres. Les communes n’ont pas cette expertise. Au travers du réseau, nous établissons dans chaque commune une personne de la municipalité qui sera notre interlocuteur. Ce correspondant va nous aider à developper et à mettre en place notre action, c’est à dire : formation des opérateurs, développement de contenus, toujours avec l’aide de l’opérateur, développement d’actions de formation auprès des communautés, mais toujours en articulation avec l’opérateur, rien ne se fait sans sa présence, ainsi que celle de la municipalité. Cela veut dire aussi développer du matériel pour les formations, mettre en place un support technique, établir un modèle d’évaluation (nombre d’usagers, age, sexe, que vienent-ils faire ? ...), et chercher à maintenir la pérennité sociale et économique de projet. Le plus problématique étant la pérennité économique, car dans les communes beaucoup de maires se refusent à faire payer le service, car c’est impopulaire pour eux, ils le voient comme un service public ...

Nous, nous défendons l’idée qu’il faut faire payer, même si c’est à un prix très faible. Il ne faut pas toujours être en train d’offrir les choses à la population ... le télécentre n’est pas seulement une charge pour la commune, mais il peut aussi apporter sa part de ressources afin de payer les consommables, la connection internet, ... Tous les maires ne partagent pas avec nous cette vision des choses. Mais voilà en quoi consiste la coordination technique que nous assurons au sein de l’Université, mais notre objectif est d’aller en nous retirant progressivement, de façon à ce que ce soient les municipalités qui gèrent au final les télécentres.

Une coordination de réseaux de Télécentres du Chili

Il y a d’autres expériences au Chili assez semblables à la notre, avec lesquelles nous entretenons des contacts dans le cadre d’une association qui s’appelle ATAC (Association Active des Télécentres du Chili). Cette organisation, à laquelle appartiennent au moins 6 initiatives rassemblant 200 télécentres, fonctionnant sur un modèle semblable au notre, c’est à dire qu’il y a une coordination assez formalisée. Il y a par exemple :

  • Aulas Activas , de Talca, une organisation destinée principalement au monde de l’entreprise,
  • El Encuentro, à Santiago, qui en plus de gérer un télécentre et de coordonner un réseau, anime une radio,
  • l’Université de Conception
  • CDI (Comité pour la Démocratisation de l’Informatique), qui est une franchise locale d’une organisation très active au Brésil, qui travaille dans les favelas de Rio de Janeiro et de Sao Paolo.

En septembre 2005, nous avons reçu un fort soutien de Telecentre.org du Canada, qui est intéressé à renforcer les réseaux de travail.

Une des caractéristiques qui nous réunit, au delà des différences qui existent entre nous, c’est que nous souscrivons à un modèle de télécentre à fort engagement social, ce qui est très différent du modèle privé encouragé par le gouvernement. Un opérateur privé pouvait installer un télécentre, il recevait une grosse subvention de l’Etat... A l’usage, beaucoup se sont rendu compte que ce n’était pas un commerce rentable, et ils se sont retirés ...

Le travail en réseau est vital

Quand on développe un travail de ce type, ce que l’on recherche c’est voir d’autres expériences, échanger sur les questions de formation, échanger sur la conception de supports pédagogiques, ... Ce serait très enrichissant pour les animateurs de télécentres, car pour nous, ce sont les personnes centrales, et ce serait bien qu’ils connaissent d’autres réalité, d’autres façon de travailler. Ce serait aussi un moyen de les motiver et de leur montrer que le travail qu’il font est important et pertinent.

Mon rêve serait qu’ils puissent voyager ailleurs et découvrir comment fonctionnent d’autres télécentres, appréhender l’engagement d’autres animateurs de télécentres de façon à partager cette même approche ou « philosophie ».

C’est aussi fondamental de participer à des projets conjoints avec d’autres institutions internationales, de façon à donner de la puissance à ce qui existe. Le travail en réseau nous semble vital, au niveau local, régional et je l’espère, international. Nous participons depuis l’année 2000, au réseau Somos telecentros et nous avons pu participer à quelques rencontres régionales au niveau de l’Amérique latine, en Equateur, au Brésil. Cela s’est avéré très enrichissant de faire connaisance avec la réalité des autres télécentres.

Q : Des perspectives d’avenir ?

Aujourd’hui, notre institut universitaire voit ces télécentres comme une plateforme de travail, sur laquelle peuvent s’appuyer la plupart des projets en cours au niveau régional. Par exemple, on travaille aujourd’hui sur un projet avec l’Hôpital, l’idée est que les patients hospitalisés puissent communiquer avec les membres de leur famille résidant dans les différentes communes de la région. Au lieu de faire quelques fois 200 km, grace au Chat video, ils peuvent communiquer avec leurs parents.

Tous ces services peuvent prendre appui sur les télécentres.Ll y a aussi des personnes qui se forment à distance grace à des systèmes de e-learning, ... on voit bien qu’il y a des potentiels qui vont bien au-delà du simple usage de la messagerie, du chat, et du traitement de texte. Dans la mesure où on est capable d’offrir aux gens plus de services utiles, ils vont progressivement comprendre que ces technologies leurs apportent des solutions pratiques à des problèmes concrets et immédiats.

Posté le 13 mars 2006 par Philippe Cazeneuve
Posté le 13 mars 2006 par Philippe Cazeneuve
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Podcasting dans les andes péruviennes

Traduction d’un reportage paru le 7 février 2006 sur BBC News

Cet article est la traduction d’un article publié sur le site "BBC News" associé à l’émission hebdomadaire "Go Digital" de la BBC World Service, animée par Gareth Mitchell et consacrée aux nouvelles technologies.

Il relate l’expérience menée à Cajamarca (Pérou) par l’ONG "ITDG Soluciones practicas", organisation avec laquelle CRéATIF a conclu un échange dans le cadre du programme I-Jumelages.

Carte du Pérou

Dans les montagnes reculées des Andes, des villages comme Chanta Alta disposent seulement de deux heures d’électricité par jour.

Malgré cela, un projet pilote utilise le podcasting pour diffuser des informations agricoles importantes pour les paysans. Ceux-ci n’ont pas encore les moyens d’écouter celles-ci sur des lecteurs MP3. Mais l’ONG britannique « Practical Action » (Soluciones Practicas) a marié nouvelles et anciennes technologies, afin de diffuser ces enregistrements réalisés deux fois par mois, via les 8 infocentres de la région de Cajamarca.

Les Développements futurs

Ces télécentres, dont la plupart fonctionnent grace à l’énergie solaire, téléchargent les programmes sur des CD, afin de les rediffuser sur les stations de radios locales.

L’ONG a trouvé commode de diffuser des contenus audios à la population locale, qui préfère écouter les informations dans son propre dialecte plutôt que de passer par l’écrit. Chaque zone aux alentour de Cajamarca reçoit des informations personnalisées. A Chanta Alta, les émissions se concentrent sur l’élevage du bétail et sur la production laitière. A Chilete, les émissions sont utilisées pour donner des conseils aux paysans débutant dans la culture du raisin.

Cecilia Fernandez Morales, chef de projet de « Practical Action » au Pérou, a confié au reporter de la BBC pour l’émission « Go digital », que les responsables sont maintenant en train de former des personnes locales afin qu’ils puissent produire leurs propres enregistrements : « Cela a très bien marché auprès des populations locales et maintenant nous recevons plus de questions de la part des agriculteurs, auxquelles nous essayons de répondre. Nous espérons aussi que la base de podcats mis en ligne, servira non seulement aux paysans péruviens, mais aussi à d’autres agriculteurs latino-américains. »

Le projet péruvien est en phase d’essai, une première évaluation sera effectuée fin mars 2006. Si le Podcasting à la péruvienne ont du succès, l’ONG envisage de développer le même schéma au Sri Lanka et au Zimbabwe.

« Nos projets consistent à tester des solutions technologiques qui permettraient d’écouter les podcasts à l’aide d’un téléphone mobile ou d’un PDA, ou de tout autre appareil permettant de lire des fichiers MP3 », dit David Grimshaw, le responsable de ce projet au niveau international.

Lien hypertexte: BBC News
Posté le 7 février 2006 par Philippe Cazeneuve
Posté le 7 février 2006 par Philippe Cazeneuve
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