Les objectifs du projet et le public visé
L’objectif premier est le déclenchement de la pratique multimédia : familiarisation avec l’ordinateur, les logiciels, l’appareil photo numérique et l’Internet. Ensuite ce qui découle du travail de reportage, qui est plutôt notre objectif principal : sortir du quartier, ouvrir son horizon, le travail en équipe et la prise de parole. Le projet est proposé à des 15-25 ans, même si dans la pratique on touche les jeunes à partir de 13 ans. On s’adresse surtout à des jeunes qui habitent les quartiers relevant de la Politique de la Ville, qui sont soit en insertion, soit employés ou scolarisés, c’est très variable.
Les points forts du projet par rapport au public « Jeunes »
On avait fait le pari de l’ouverture, que les jeunes sortent de leur quartier et aillent voir d’autres choses, et je pense que ce pari est vraiment atteint. C’est quelque chose qui a été constaté plusieurs fois et sur des ouvertures qui restent durables. Par exemple des groupes de jeunes des quartiers Nord de Marseille qui vont pour la première fois à un festival de danse contemporaine et qui après en redemandent, et pendant une longue durée. L’autre point positif, c’est que l’outil Internet ne reste qu’un outil. La publication sur le Net, ce n’est pas négligeable, mais le plus important, c’est le processus.... Tout ce qui se passe à travers la création du reportage, le travail d’équipe, la rencontre de personnes en dehors du cercle du centre social ou de l’équipe, le croisement avec des jeunes d’autres équipes... Une des clés du succès de ce projet, c’est que c’est ludique, c’est ouvert à toute proposition, ils peuvent choisir ce qui les intéresse, et c’est évolutif, on commence à un niveau et on évolue au rythme de chaque personne.
L’intérêt de ce type de projet pour les animateurs des structures socio-culturelles
Pour l’animateur, cela représente une ouverture de ses propres compétences. Il va falloir que la personne soit non seulement animateur, mais qu’elle acquiert en plus de nouvelles compétences de type : gestion de projet, logistique si elle participe par exemple à un festival, ... Le résultat valorise le métier de l’animateur et parfois on constate une évolution de carrière à l’intérieur de la structure. Pour les structures, il s’agit d’un projet presque « clés en main ». On travaille beaucoup avec des structures qui ont un équipement, mais qui ne savent pas quoi faire en terme pédagogique, mis à part mettre à disposition des ordinateurs pour la consultation. Ça apporte un plus en terme de visibilité, vis à vis des publics tout autant que des partenaires , et cela peut aider pour fidéliser la fréquentation d’un groupe de jeunes. L’appartenance à un réseau de collaboration facilite beaucoup le croisement d’expériences, la possibilité d’organiser des voyages à l’étranger, difficiles à organiser par soi-même.
Le travail avec le son et l’image peut attirer un certain public réfractaire à l’écriture.
Dans le partage des taches du travail en équipe, les jeunes finissent par toucher peu à peu, de manière progressive, l’écrit, en même temps que les médias qui les éclatent le plus (en mettant de commentaires aux photos, en faisant un résumé de leur entretien audio...) C’est la richesse du support multimédia. Il y a le côté ludique de la prise de photos, de la prise de son, du « retraitement » sur l’ordinateur... Même si tu as des difficultés pour écrire, ton travail a de la valeur.
Les difficultés principales
- La lourdeur de l’activité : il faut mobiliser et fidéliser un groupe, il faut lui donner envie de faire le travail jusqu’à la fin pour obtenir un travail achevé. Il faut développer des compétences nouvelles autour du projet (logistique, technique, d’animation, journalistique, travail en réseau, ...
- Le nombre de personnes que l’on peut toucher est restreint (4 à 8 jeunes par animateur), donc l’animateur et la structure sont confrontés à un choix, et ce choix peut-être difficile parfois.
- La fragilité et le manque de moyens humains des structures d’animation auprès des publics jeunes.
La durée minimum d’un projet
On a déjà fait des reportages sur une demi-journée, mais dans ce cas tout doit être préparé à l’avance et les conditions réunies pour le faire. On a fait des vidéomatons, ça se fait très vite, avec un dispositif très léger.
Les qualités et les compétences requises pour l’animateur
- Etre capable de réunir les personnes qui puissent l’aider. Ce n’est pas la peine d’avoir soi-même toute les compétences, mais il faut savoir mobiliser celles des autres pour mener le projet à son terme.
- Etre capable d’animer un groupe, de motiver les jeunes, de les faire travailler ensemble, de les amener à écrire (tu peux le faire avec l’aide d’un journaliste, d’un animateur d’ateliers d’écriture, ...),
- Avoir un minimum de compétences techniques pour effectuer les reportages : animer un comité de rédaction, aider à rédiger des articles, savoir utiliser un appareil photo numérique, savoir prendre le son (ensuite tu peux te faire aider pour la mise en page et la mise en ligne).
Mettre en place des partenariats pour réussir son projet
- Le premier partenariat à mettre en place, c’est un partenariat en interne. Il faut que le porteur de projet soit conscient de la lourdeur d’un tel projet, mais aussi de l’importance qu’il peut prendre. Donc, il faut une bonne coordination en interne pour que l’animateur puisse faire son travail correctement.
- Il est important de trouver des personnes-ressources au niveau de l’accompagnement à l’écriture, car c’est le manque principal des animateurs qui ont la plupart du temps eux-même des difficultés à écrire !
- Le partenariat avec les médias permet que les jeunes puissent avoir un retour dans la presse à propos de leur travail, qu’il soit valorisé, que le site soit visité, ...
Les retombées sur la durée de la participation à un tel projet
Certains retours sont encourageants parmi les premiers webtrotteurs de Marseille : on a un jeune qui est aujourd’hui à Sciences-Po pour devenir journaliste, une autre qui fait des études de biologie pour faire de la médiation scientifique dans un musée, ... Mais on a des retours plus élémentaires de jeunes qui se disent beaucoup plus sûrs d’eux-même et plus à l’aise par rapport à l’oral, aux relations avec les autres, par rapport au travail à l’école, ... On a eu des jeunes au chômage, qui après l’expérience avec les webtrotteurs ont trouvé du travail grâce à leurs nouvelles compétences dans l’utilisation de l’ordinateur, ...




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