Guide "EPN & Ecole" - 5) Accompagner la scolarité

Accompagner l’enfant dans son métier d’élève

Agnès Foray, Conseillère technique « éducation » (Centre Ressources Enfance Famille Ecole Ain Rhône)
L’accompagnement à la scolarité reste un champ d’intervention éducative délicat à délimiter. En effet, il peut très vite basculer du côté de l’enseignement dans sa partie « aide aux devoirs » ou bien du côté du loisir, sur sa partie « ouverture socio-culturelle ». De plus, il est au croisement de différentes attentes : le projet de la structure associative, la demande des parents, les besoins des enfants et des jeunes, le regard des enseignants, les orientations de la commune, les priorités des financeurs…

C’est également un secteur souvent méconnu des enseignants, qui ne disposent pas toujours de temps à consacrer au partenariat. Pour autant, il importe qu’ils puissent avoir une image la plus précise possible de ce qui se fait, ou ne se fait pas, dans le cadre de l’accompagnement à la scolarité. Cela demande de réfléchir au préalable sur ce qu’on peut engager dans le partenariat, ce qu’on attend des partenaires scolaires... Et ce, en restant vigilant au fait que le rapprochement avec l’école ne se fasse pas au détriment des liens avec les familles.

Créer un espace tiers pour les enfants qui respecte la place des familles

Il s’agit de proposer aux enfantsun lieu « tiers », c’est-à-dire éloigné des sanctions scolaires et des angoisses parentales, mais faisantt la place aux partenaires que sont l’école et les familles. Ainsi, accompagner, c’est aussi avoir le souci de la prise en compte des parents et des enfants, en fonction de leurs ressources, leurs différences et leurs spécificités.

Dans son intitulé, l’accompagnement scolaire fait d’emblée référence à l’école et de ce fait, il y a un véritable enjeu à instaurer la complémentarité et la cohérence entre enseignants et acteurs périscolaires. Mais on ne peut se positionner aux côtés de l’école sans faire par ailleurs référence au premier cercle d’appartenance de l’enfant : sa famille. On ne peut prétendre autonomiser l’enfant/élève, si on ne permet pas, dans le même temps, à ses parents de se ré-emparer du suivi de la scolarité ou de mieux appréhender la chose scolaire.

Il est bien évidemment nécessaire de travailler avec les parents sur ce qu’ils confient aux accompagnateurs, ce qu’ils délèguent, ce que tous partagent et ce qui restent du rôle de chacun. Tout autant important, la vigilance à toujours rendre compte de l’action menée. Encore une fois, préserver la fonction « espace intermédiaire » suppose un respect inconditionnel de l’école d’une part et des familles d’autre part, quelles que soient leurs compétences sociales et culturelles.

Apprendre l’Ecole pour apprendre à l’Ecole

Il ne s’agit pas d’accompagnement de la scolarité, ni d’accompagnement pour la scolarité. Il s’agit d’accompagnement à visée scolaire (du latin ad : vers), c’est-à-dire d’accompagnement de l’enfant dans sa vie scolaire et dans son métier d’élève. En effet, l’Ecole a besoin d’enfants disponibles pour apprendre, d’enfants qui soient en capacité d’exercer leur métier d’élève (capacité d’écoute et de concentration, capacité de travail personnel et dispositions personnelles au travail, capacité à entrer dans une relation d’apprentissage, à s’exprimer, à donner du sens aux apprentissages, curiosité d’esprit…). La formule « Apprendre l’Ecole pour apprendre à l’Ecole » apparaît de plus en plus fortement, pour marquer la nécessité implicite des pré-requis à développer dans le milieu extérieur et dans le milieu familial. De ce fait, sur les terrains, les acteurs ne cessent de mettre en avant la nécessité de travailler la (re)mise en confiance de l’enfant, et l’estime de soi scolaire.

Pourtant, à l’heure de la compétition scolaire, de la nécessité d’être scolairement performant, sous la pression des familles, des enfants eux-mêmes, les actions sont tirées vers l’aide au travail scolaire, le soutien, voire le coaching scolaire. Dans les faits, les actions s’avèrent plutôt collées à l’école ! Face à une école qui reçoit plus d’élèves et plus longtemps, il y a un vrai risque de scolarisation des temps péri et extra scolaires, de les voir envahis et organisés par et en fonction de l’Ecole. Comme le dit Dominique Glasman, « le temps hors l’Ecole devient de plus en plus, semble-t-il, un temps pour l’Ecole. L’accompagnement scolaire se trouve largement maintenu dans l’ombre portée de l’Ecole ».

Lien hypertexte: CREFE Ain Rhône
Posté le 13 septembre 2007

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