Guide "EPN & Ecole" - 4) Des projets en partenariat

Construire et conduire un projet pédagogique en partenariat

Entretien avec Mehdi Serdidi, animateur-coordinateur (Espace libre 13.1 – EPN des Olympiades – Paris 13e)
L’objectif du projet « Jardin chinois » conduit au sein de l’EPN "Espace libre 13.1" est de faire découvrir à des classes maternelles et primaires la logique du jardin à la chinoise. Diverses activités sont proposées : de l’apprentissage de base de l’ordinateur à la réalisation d’un véritable plan avec GIMP, en passant par le dessin d’idéogrammes avec Tuxpaint.

Qui est à l’initiative de ce projet ?

C’est l’association « Parce qu’on Sème » qui a vocation à développer des « jardins chinois » qui voulait ajouter un volet multimédia à son action et qui a pris contact avec l’EPN. Suite à notre premier échange, nous avons pris la relève pour coordonner la partie multimédia de ce projet. Nous avons ensuite invité la responsable du Réseau d’Education Prioritaire (REP) à la première réunion pédagogique pour qu’elle puisse se saisir des objectifs du projet et pour qu’elle nous explique les démarches à faire, les personnes à contacter. L’essentiel du travail de coordination a été de réunir les enseignants, la responsable de l’association, la responsable du REP.

Les principales difficultés d’organisation

S’adresser à la bonne personne

Pour les aspects pédagogiques, il y a deux niveaux : les enseignants et le directeur. C’est avec le directeur d’école que l’on étudie la faisabilité du projet, la questions des déplacements, de la sécurité, ... Avec les enseignants, on travaille de façon concrète sur le projet pédagogique proposé. Sur le plan administratif, dans notre cas, la convention de partenariat a été signée avec l’Inspecteur de l’Education Nationale (IEN). Dans le cadre du Réseau d’Education Prioritaire, c’est la coordinatrice du REP qui a fait le lien avec l’IEN. Elle s’est occupé de tout le « back-office » avec l’Education Nationale en lien avec mon directeur. On a ainsi monté une seule convention pour travailler avec deux écoles du quartier. La convention ne comporte pas d’aspects financiers, puisqu’on est totalement gratuit.

Le temps de l’EPN n’est pas celui d’un établissement scolaire

  • La difficulté est de trouver le moment pour se réunir. Les enseignants sont juste disponibles le midi sur le temps du réfectoire. Là on peut les réunir, quitte à organiser un casse-croute avec eux.
  • Le projet pédagogique doit-être calculé sur une année scolaire, on ne peut pas démarrer de nouveaux projets pendant l’année. On peut commencer la réflexion vers mai-juin, repérer les enseignants qui pourraient être partie prenante de ce projet, en septembre réunion pédagogique sur le temps du midi et séances de formation informelles sur les outils. Puis démarrage des projets avec les enfants en novembre.

Un cadre pédagogique particulier à construire

Des projets pédagogiques totalement différents

Le projet d’un établissement scolaire est calqué sur des programmes. Tout est très formalisé et l’établissement a peu d’autonomie dans ses projets. L’EPN, c’est exactement le contraire, on se pose la question de ce qu’on aimerait faire avec les enfants (ex : on voudrait faire un musée interculturel chinois) et pour y arriver on va mettre en place une méthodologie, des activités, on va planifier cela dans le temps ...

Travailler d’égal à égal autour d’un projet partagé

Mon éthique pédagogique, c’est vraiment de mélanger l’activité d’un enseignant chevronné qui connait bien sa classe avec celle d’un spécialiste du multimédia, l’animateur ou coordinateur d’EPN. J’ai l’avantage d’avoir étudié les Sciences de l’Education, cela m’aide au niveau pédagogique pour dialoguer avec les enseignants et comprendre leurs centres d’intérêt. Pour lever les freins, j’ai proposé aux enseignants une formation informelle sur les logiciels éducatifs adaptés à la petite enfance. Il faut en dire très peu au début d’un point de vue technique. Les enseignants ont peur que l’on aille au-delà de ce qu’un enfant peut comprendre à cet âge là par exemple. Il faut les rassurer, expliquer que l’on a déjà travaillé avec des maternelles, présenter la progression pédagogique ...

Dans mon approche pédagogique, je mèle le travail sur l’ordinateur avec des choses plus concrêtes, plus tactiles, par exemple on va toucher les arbres dans le jardin pour appréhender le mot « bois » avant de dessiner l’idéogramme chinois. Les enseignants apprécient cela, il ne faut pas rester uniquement sur l’aspect informatique.

Comme les enseignants participent à l’activité, nous sommes d’égal à égal et ils ont leur mot à dire sur ce qui va et ne va pas.

Cette année les écoles ont installé sur leurs postes le logiciel libre GCompris , que nous utilisons afin que les enfants qui sont un peu plus lents puissent s’exercer entre deux séances à l’EPN. C’est le signe qu’ils s’approprient le projet, ce n’est plus seulement le projet de l’EPN, c’est un projet partagé.

Quelques conseils à retenir

  • Ne pas sous-estimer la dimension administrative. L’animateur doit avoir un référent dans sa structure au niveau administratif, qui gère ces aspects là avec l’Education Nationale. Il faut que chacun discute avec son alter ego, au bon niveau.
  • Se déplacer dans l’école aux moments où les enseignants sont disponibles (le midi, par ex)
  • Se présenter comme un animateur plutôt que comme un technicien du multimédia.
  • Bien connaître les items du B2i et savoir les intégrer dans les compétences abordées dans le cadre du projet est un argument utile pour les classes de fin de primaire (CM- Cycle3).
  • Faire des fiches de suivi à chaque fin de séance, avec une synthèse de ce qui s’est fait et remettre ce document à chaque enseignant, au directeur... Prévoir des temps de bilan avec les partenaires.
Lien hypertexte: Espace libre 13.1

Ressources recommandées :

  • GCompris, logiciel libre d’activités éducatives (2-10 ans)
Posté le 12 septembre 2007 par Philippe Cazeneuve

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