La fin accélérée du dispositif Emplois-Jeunes

L’article 11 du projet de loi de programmation pour la cohésion sociale précise que, en cas de rupture avant terme d’un contrat « emploi jeune », l’employeur ne pourra conclure, pour le même poste, un nouveau contrat.

Le projet de loi de programmation pour la cohésion sociale présenté par Jean-Louis Borloo a été adopté le 5 novembre 2004.

Parmi les mesures importantes adoptées, on y trouve l’article 11 qui interdit désormais le renouvellement systématique des postes laissés vacants par des emplois-jeunes démissionnaires.

Les calculs ont été simples et ont été largement discutés en séances. Selon les prévisions, la sortie de 8000 personnes du dispositif en 2005, devrait permettre à l’Etat d’économiser 70 millions d’euros

Nouveaux dispositifs : une refonte totale des dispositifs d’accompagnement des publics prioritaires (jeunes, handicapés, publics les plus éloignés de l’emploi : chômeurs de longues durée, bénéficiaires ou non des minimats sociaux) se conjugue avec cette accélération de la fin du dispositif emplois-jeunes. Selon les chiffres présentés par le journal des Echos en date du mardi 9 novembre 2004, les bugets 2005 consacrés au public jeune devrait baisser de 17,5%.

Les SIFE (stages d’insertion et de formation à l’emploi) et SAE (stages d’accès à l’entreprise) devraient être supprimés.

Les CIE (Contrat d’intiatives emplois), les CEC (Contrat Emploi-Solidarité et Consolidé) et les CES (Contrat Emploi-Solidarité) seront transformés en CIE dans le secteur marchand et en CAE (Contrat d’Accompagnement dans l’Emploi) dans le secteur non marchand.

Pour en savoir plus :

- LE BILLON Véronique, Les Echos, 09/11/04
http://www.lesechos.fr/

- Article 11
Le sixième alinéa du II de l’article L. 322-4-20 du code du travail est remplacé par les dispositions suivantes :
« En cas de rupture avant terme d’un contrat à durée déterminée conclu en vertu des conventions mentionnées à l’article L. 322-4-18, les employeurs ne peuvent conclure, pour le même poste, un nouveau contrat à durée déterminée.
http://www.senat.fr/leg/tas04-020.html

- Eléments de discussion en commission
Article 11 (art. L. 322-4-20 du code du travail) - Disparition des emplois jeunes

Objet : Cet article introduit une disposition dans le code du travail destinée à accélérer la disparition des emplois jeunes.

I - Le dispositif proposé

Les contrats de travail signés pour l’embauche d’un « emploi jeune » sont des contrats de travail à durée déterminée, d’une durée de soixante mois, qui ouvrent droit à une subvention de l’État versée à l’employeur.

Actuellement, le sixième alinéa du II de l’article L. 322-4-20 du code du travail prévoit qu’en cas de rupture avant terme d’un contrat « emploi jeune », l’employeur peut recruter un remplaçant pour le même poste et continuer à percevoir l’aide de l’État pour la période restant à courir.

Le présent article vise à revenir sur cette possibilité, en indiquant que, en cas de rupture avant terme d’un contrat « emploi jeune », l’employeur ne pourra conclure, pour le même poste, un nouveau contrat.

Deux types particuliers d’emplois jeunes ne sont toutefois pas concernés par cette mesure :

- 20.000 postes associatifs sont soumis au régime de l’épargne consolidée, organisé par le décret n° 2001-837 du 14 septembre 2001 : ces emplois sont à durée indéterminée et ouvrent droit à une aide d’un montant plus faible mais versée sur une période plus longue ;

- certains emplois jeunes ont été prolongés par la signature de conventions pluriannuelles avec l’administration (en application de la circulaire DGEFP n° 2001/53 du 25 septembre 2001), conclues à l’expiration des soixante mois de l’aide initiale ; l’employeur continue de percevoir une aide dégressive, mais ces postes de travail ne sont plus régis par la réglementation relative aux emplois jeunes.

II - La position de votre commission

Votre commission a approuvé la décision du Gouvernement de mettre un terme au programme « Nouveaux services/Emplois jeunes », coûteux pour les finances publiques et qui ne débouchait que trop rarement sur la création d’emplois durables pour ses bénéficiaires. Les nouveaux contrats aidés que propose le Gouvernement - contrat d’avenir, contrat d’accompagnement vers l’emploi, contrat initiative-emploi rénovés - vont s’y substituer, en offrant de meilleures garanties en matière de formation et d’orientation des créations de postes vers le secteur marchand.

Le présent article accélèrera l’extinction programmée des emplois jeunes, en évitant le renouvellement de postes créés après l’an 2000 : 8.000 sorties du dispositif sont attendues pour l’année 2005, ce qui devrait permettre à l’État d’économiser près de 70 millions d’euros.

En conséquence, votre commission vous propose d’adopter cet article sans modification.

http://www.senat.fr/rap/l04-032/l04-03237.html

- Fiches pratiques sur les dispositifs :
http://www.travail.gouv.fr/...

Posté le 17 novembre 2004 par Franck Briand