Il y a mille raisons d’utiliser ou non les logiciels libres. Certains soutiennent qu’ils sont meilleurs, d’autres apprécient leur gratuité, leur flexibilité ou l’existence de communautés prêtes à rendre service. D’autres ne les connaissent pas ou se satisfont de logiciels commerciaux payés ou installés illégalement. D’autres encore n’ont pas le choix des logiciels, imposés par leur employeur ou par d’autres contraintes. Le grand public reste mal informé mais commence à s’intéresser à ces logiciels, à leur philosophie et aux débats qu’ils génèrent. Les EPN peuvent ainsi devenir un lieu de médiation privilégié pour permettre à tous de choisir en citoyens responsables.
En effet, les choix effectués par des millions de consommateurs ne sont pas sans conséquences. À titre individuel, ils doivent pouvoir se faire en connaissance de cause.
Faisons un parallèle : consommer « bio », c’est d’abord satisfaire ses goûts, mais c’est aussi encourager un mode de production respectueux de la nature. Plus les consommateurs s’engagent et plus les effets sont tangibles, obligeant les producteurs à s’adapter. Les petits défauts d’aspect du fruit bio s’effacent alors devant l’enjeu collectif qu’il représente.
Il en va de même pour les logiciels libres. Avec une masse croissante d’utilisateurs, des enjeux commerciaux, de pouvoir ou de notoriété, viennent s’y greffer. Sun, par exemple, soutient activement Open Office, et impose ainsi plus d’ouverture et de transparence à Microsoft. De même Netscape, en ouvrant son navigateur (devenu Mozilla puis Firefox), a permis de renforcer le respect des normes du Web pour mieux répondre aux besoins des utilisateurs. Au point que le dernier Internet Explorer (v.7) devrait respecter des normes indépendantes et intégrer des fonctions majeures de Firefox. Dans ces deux cas, comme dans d’autres, ce sont le concept du « libre » et les utilisateurs qui ont fait pencher la balance, au profit des utilisateurs de logiciels libres mais aussi propriétaires.
Cette régulation entre utilisateurs et producteurs, induite par les 4 libertés fondamentales, les enjeux sous-jacents, l’indulgence et les efforts qui sont parfois nécessaires pour apprivoiser ces logiciels, doivent être expliqués aux futurs utilisateurs. Un discours partisan centré sur l’outil pourrait les heurter. Il faut parfois s’éloigner du fruit pour voir la beauté du champ, et se méfier des pommes trop rouges...
Site ressource : http://cri.velay.greta.fr




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