Où en sont les Français vis-à-vis de la micro-informatique et d’Internet ? 24.01. 2003

C’est le sujet de l’émission du "téléphone sonne" sur France Inter qui était diffusée le Vendredi 24 janvier 2003 de 19h20 à 20h00

Sujet :

Trois grandes catégories se dégagent désormais dans une France toujours en retard sur le reste de l’Europe : les non-équipés, les équipés non connectés (les plus nombreux) et les internautes qui plébiscitent le "haut débit"... Il sera aussi question d’Internet et du multimédia sur France Inter...


Questions formulées à l’antenne par les membres de CRéATIF


  • Marie-lise Simon, membre au CA de CRéATIF, Responsable des projets, ARDESI Midi-Pyrénées(Janv. 2003).

Selon une toute récente étude réalisée par l’institut GFK, il ressort que 55% des français n’ont jamais utilisé internet et 64% ne disposent pas du matériel pour se connecter.

Connaissant les enjeux du non-accès à l’information dans la société d’aujourd’hui et les limites à l’équipement des ménages et à l’utilisation de technologies nouvelles, ne devrait t-on pas considérer aujourd’hui la fourniture de l’accès à internet comme un objectif prioritaire en rendant "vraiment accessible" cet accès à internet ?

Depuis quelques années des associations et collectivités locales se sont engagées sur cette voie en ouvrant des lieux d’accès publics à internet aidés en cela par le dispositif emploi-jeune qu’aujourd’hui l’Etat retire. Sans soutien financier, de nombreux dispositifs sont susceptibles de disparaître (associations, dispositifs développés par les collectivités locales etc ...) ... or, aujourd’hui la notion "d’accès public" reste encore d’actualité.


  • Michel Briand, vice président de CRéATIF (Janv. 2003), adjoint au maire de Brest :

On parle beaucoup de ce que font les jeunes, les ménages, les "connectés à haut débit" mais très peu des difficultés des freins des 50 % et plus qui n’ont pas accés dans leur travail ou qui ne sont pas familiers avec l’informatique ?

Pourquoi si peu d’attention aux personnes isolées, aux familles monoparentales, aux personnes agées, handicapées ?

Il n’y a meme pas 5 cités d’habitat social en France à proposer internet alors que le cout mutulalisé est tres faible et aucune sous-prefecture ne propose d’acces public a internet alors qu’il y a des centaines de services accessibles sur service-public.fr


Questions formulées à la rédaction par les membres et sympathisants de CRéATIF


  • Philippe Cazeneuve, membre au CA de CRéATIF, Responsable. de l’ECM de la MJC Monplaisir à Lyon (Janv. 2003).

Aujourd’hui le développement de l’accès internet Haut débit chez les particuliers se fait surtout pour des usages de type téléchargement de musiques et de vidéos piratées. Les collectivités locales, régions en particulier, s’engagent à financer un programme d’investissement dans les infrastructures pour permettre "un accès haut débit pour tous", c’est à dire là où cela n’est pas rentable pour les opérateurs privés.

N’y a-t-il pas un paradoxe à ce que de l’argent public finance le piratage de données culturelles ?


  • Franck Briand, coordinateur (Janv. 2003), CRéATIF.

Le gouvernement s’engage à soutenir le développement de l’Internet en France. Mais ce soutien apporté concerne avant tout le secteur "privé" : soutien à la recherche, soutien aux infrastructures, modification de la législation relatif aux Fournisseurs d’accès etc.

En ce qui concerne le soutien apporté aux initiatives "d’accès public" rien ne va plus. Le désengagement de l’Etat du dispositif emploi-jeunes va se traduire par la fermeture des "lieux d’accès public à Internet" qui font aujourd’hui un travail d’initiation et d’accompagnement des publics les plus éloignés des outils internet et multimédia.

Le risque n’est-il pas grand de voir rapidement se creuser de plus grandes disparités entre les usagers (ceux qui savent utiliser les outils et ceux qui ne le savent pas...) ?


Posté le 24 janvier 2003 par Franck Briand

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