A l’heure où le gouvernement annonce le Nième projet de réforme de l’Education Nationale, un élément du débat a attiré mon attention. Il est question de mettre l’accent à l’Ecole sur les « savoirs de base » et veiller à ce que chaque enfant valide au cours de sa scolarité la maîtrise d’un « socle commun de connaissances ». La définition de ce qui doit figurer dans ces fondamentaux, a fait et fera sans doute encore l’objet de grandes discussions. On y trouve : maths, français, culture générale, une langue étrangère ... et les Technologies de l’information et de la Communication. Parmi les grands absents de ce Quinté gagnant : les disciplines d’expression artistiques et les activités sportives.
Personnellement, j’ai beau œuvrer depuis 20 ans dans le développement de l’usage des TIC à des fins éducatives, y compris à une époque au sein de l’Education Nationale, je persiste à penser que ces technologies ne sont qu’un outil au service des projets et des disciplines, et non une finalité éducative. Fait-on figurer la maîtrise de « la craie au tableau noir » ou du « stylo-plume avec ou sans effaceur d’encre » dans les objectifs pédagogiques fondamentaux de l’Ecole ? Alors pourquoi les TIC ?
A l’heure où le matériel présent dans les écoles est sous-utilisé, faute de formation des enseignants et faute de personnel qualifié pour en assurer la maintenance élémentaire, il semble illusoire de se fixer de tels objectifs. Combien d’enseignants possèdent le niveau de maîtrise de l’outil informatique demandé aux élèves dans le cadre du B2I ?
Voilà une donnée qu’il ne faudrait pas perdre de vue, plutôt que de se concentrer éternellement sur les taux d’équipement et de raccordement à Internet des établissements scolaires, données qui n’ont qu’un lointain rapport avec l’efficacité pédagogique de tels équipements. Les buts de foot dans les cours de récréation ne suffisent pas à faire les nations sportives.
Mais une autre question mérite d’être posée, qu’attendons nous de l’Ecole ? Qu’elle forme de bons citoyens, de futurs travailleurs performants, des consommateurs avisés, des hommes capables de penser librement, ... ? Et si l’objectif de l’Education n’était pas tout simplement d’apprendre à devenir l’humain qui sommeille en nous depuis notre naissance ? Dans cette dernière hypothèse, les technologies de l’information et de la communication ne peuvent être qu’un outil, assez anecdotique, au service des projets pédagogiques et non pas un "savoir de base" de l’humanité.




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