Les TIC et l’enseignement

Impact et rôle des tic dans l’enseignement d’aujourd’hui et de demain
L’utilisation des TIC dans et pour l’éducation est en croissance constante dans beaucoup de pays ; elle est désormais perçue dans le monde entier comme une nécessité et une opportunité. Déjà en avril 2002, le Cadre d’action de Dakar avait identifié l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de communication comme l’une des stratégies principales pour réaliser les buts de l’éducation pour tous (EPT). Les TIC sont aujourd’hui partie prenante d’un continuum de technologies alliant la craie et livres, les équipements audiovisuels et multimédias, pouvant toutes soutenir et enrichir l’apprentissage. Cartables électroniques comme e-portfolio offrent de nouveaux outils et environnements d’apprentissage qui nécessitent de déployer des stratégies et des usages adaptés aux objectifs éducatifs.

Notons tout d’abord que s’il est vrai que « les TIC ont envahi le quotidien des adolescents, le défaut d’accompagnement de leur utilisation porte aujourd’hui à conséquence » ; à tel point que les enseignants doivent guider les élèves dans leurs divers usages. D’ailleurs, « les adolescents expriment [eux-mêmes] une attente envers l’institution scolaire portant sur leur besoin d’accompagnement dans l’utilisation des connaissances et informations qu’ils vont puiser sur Internet » . Attente on ne peut plus légitime si l’on se souvient que l’Education Nationale, dans ces termes mêmes recouvre au moins deux réalités que sont d’une part l’enseignement, et d’autre part l’éducation proprement dite. Du point de vue de l’enseignement, elle renvoie à l’apprentissage d’un savoir scientifique ou technique, c’est-à-dire pour l’enseigné à l’acquisition et la domination progressive de connaissances. Du point de vue de l’éducation proprement dite, elle renvoie à l’apprentissage des gestes, des conduites, et normes morales qui permettent l’intégration de l’enseigné à un groupe social déterminé. Les problèmes posés par l’éducation tiennent du reste à la multiplicité de ses déterminations, lesquelles entraînent une confusion dans leur solution même, si on s’en tient à l’éducation institutionnalisée, c’est-à-dire aux établissements scolaires et universitaires.

On peut en effet définir l’éducation par rapport à l’objet d’enseignement ; se pose alors la question de sa valeur scientifique, mais aussi de sa valeur pédagogique au sens strict aussi. Les difficultés se réfléchissent notamment au niveau des programmes qui doivent être adaptés aux possibilités d’acquisitions réelles de l’enseigné au regard de la maturation psychologique et sociale de l’enseigné. Et s’il est vrai que l’on n’utilise pas la même pédagogie avec des élèves de classes technologiques, éventuellement en difficultés scolaires, voire en voie de déscolarisation parfois, qu’avec des élèves mal entendants ou mal voyants, ou encore avec des élèves impétrants aux classes préparatoires au grandes écoles, dont le niveau est très proche de l’excellence, il nous faut admettre que la prise en compte de la diversité des élèves est un enjeu majeur de l’enseignement. Comment dès lors s’organiser, dans le cadre ordinaire de la classe, pour proposer une différenciation qui permette de construire les connaissances et compétences du socle commun pour les élèves non seulement les plus en difficulté, mais aussi en situation d’échec scolaire ou de handicap tout en donnant la possibilité aux autres d’aller plus loin ? En philosophie, le recours aux TIC est nécessaire, dès lors que l’on veut travailler avec des élèves dont le niveau de langue est déficient , qui plus est ont perdu confiance en eux. Il s’agit d’un outil incontournable pour l’enseignant qui veut relever le défi de l’individualisation . Il faut bien évidemment en faire en cours un usage pertinent, lequel peut permettre aux élèves en difficulté, voire en situation d’échec scolaire et/ou de déscolarisation de reprendre confiance en eux, et par suite de progresser . On remarque en effet que globalement, l’ordinateur et l’informatique bénéficient d’un a priori favorable chez les jeunes. Soit ils ne possèdent pas de matériel et sont alors très envieux de leurs camarades qui en utilisent, soit ils disposent déjà d’un ordinateur et pratiquent surtout les jeux et les programmes ludo-éducatifs . Cette situation apparaît donc très favorable à l’utilisation de l’ordinateur en classe puisqu’elle suscite surtout de l’enthousiasme et peu de rejet. De plus, si l’on ne peut nier que ce qui séduit l’enfant, c’est la convivialité de nombreux programmes, d’une part, et de l’utilisation en groupe, d’autre part, en tant que tenants de la maïeutique on ne peut que se réjouir aussi de ce que l’ordinateur et les contenus pédagogiquement conçus permettent à l’élève une autonomie dans l’apprentissage selon une problématique essai/erreur. Quant à ceux qui prônent davantage le modèle socio-cognitiviste, ils apprécient essentiellement et avant tout la valeur du travail de groupe, en tant que modalité d’acquisition des connaissances et champ symbolique de leur partage.

Posté le 19 février 2009 par erogue