Billet d’humeur

"Intercommunalité & TIC" : des Rencontres en TOC

Le 1er décembre 2004, Lyon accueillait les premières rencontres « Intercommunalité & TIC ». Les participants seront sans doute restés sur leur faim...

Outre les sempiternels « ateliers », où il ne se fabriquent rien d’autre que de la communication politique, le participant est invité en tant que spectateur à une « table ronde » où les intervenants assis en rang d’oignons alignent les propos dans un amphithéâtre peu propice à faire « circuler » la parole. Ce constat est malheureusement assez généralisé dans ce type de rassemblement. Faut-il en prendre son parti et se contenter des pauses et du buffet pour bavarder avec quelques connaissances et échanger des cartes de visites avec de nouveaux contacts ? Ou bien peut-on imaginer d’autres formes d’organisation plus propices à de véritables rencontres et échanges ?

Ne pourrions-nous pas faire un effort pour des rencontres conviviales plaçant les échanges au cœur de l’événement et non à la marge des discours ? Le thèmes des rencontres de Lyon proposé en filigrane était : « Développer les usages ». Le site consacré à l’événement (http://www.intercommunalite-tic.com/) nous propose pour « revivre l’événement », de suivre les plénières en vidéo et promet les actes en janvier 2005. Sommes-nous éternellement condamnés à être spectateurs et lecteurs ?

Acteurs de la Société de l’information, nous aspirons dans ce genre de manifestation, à une autre place que celle d’auditeur passif. Il nous semble ainsi important de prévoir par exemple :
- Des ateliers où les temps de paroles des intervenants et les temps d’échanges avec la salle sont équilibrés,
- Des interventions centrées sur les leçons tirées de l’expérience, la possible modélisation et transferabilité, les freins et difficultés rencontrées, les moyens mis en œuvre pour les dépasser ...
- Des textes ou supports de présentation disponibles en ligne si possible jour de l’événement,
- fonction des thèmes abordés dans la journée,
- Des temps de réflexion et de co-construction avec les participants présents afin de faire avancer une question particulière, d’obtenir un retour sur les prémisses d’un projet en cours de développement ...

Annoncé et attendu à la plénière de clôture, Pierre-Alain Muet, adjoint en charge du développement économique et des TIC à la Ville de Lyon, a brillé par son absence : il était retenu dans la salle voisine avec les journalistes pour parler du Programme Lyonnais pour la Société de l’Information.

De là à penser que cet événement national n’était qu’un prétexte pour communiquer sur la politique locale, il n’y a qu’un pas. Chacun jugera. Mais après le Sommet des Villes en décembre 2003, cela va finir par devenir une (mauvaise) habitude lyonnaise, d’inviter les acteurs des autres territoires, afin de servir de faire-valoir à leur hôte.

Les professionnels des communes et intercommunalités venus exprès au confluent de la Saône et du Rhône pour un échange de (bonnes) pratiques, seraient en droit de se sentir floués.

Posté le 20 décembre 2004 par Philippe Cazeneuve