Une ville en pointe en matière de numérique depuis 1994
Première collectivité locale française à constituer un réseau métropolitain en fibres optiques en 1994, le réseau Lumière de Besançon dessert aujourd’hui 170 sites d’une dizaine d’administrations (Ville, Université, Rectorat, Conseil Général, CHU, Région, ...). Utilisé dès 2000, pour faire de la téléphonie sur IP, loué aux opérateurs privés pour le dégroupage de la boucle locale, l’infrastructure mutualisée dans le cadre d’un syndicat mixte se révèlera au fil du temps un vecteur essentiel du développement des projets TIC.
Dans le domaine de l’éducation, en 1999 un extranet de gestion est implanté entre les 40 écoles et les services de la ville afin de simplifier les procédures administratives et de raccourcir les délais d’intervention des agents municipaux, via une messagerie interne et des formulaires de demande en ligne. En 2001, toutes les écoles primaires se voient dotées de 3 ordinateurs par classe, d’une salle dédiée, d’un accès internet à 54 Mbit/s ... C’est l’opération « 1000 ordis @ l’école », 300 classes équipées avec du matériel d’occasion reconditionné, qui porte le taux s’équipement des écoles à 1 ordinateur pour 5 élèves (contre 1 pour 20 en moyenne nationale à l’époque).
En 2002, l’opération « Besançon.clic » initiée par la ville dote tous les élèves rentrant en CE2 d’un ordinateur fixe à leur domicile, toujours du matériel d’occasion recyclé, avec une connection internet et les mêmes logiciels éducatifs que ceux utilisés à l’école (Coût annuel par élève : 60 €). Aujourd’hui, ce sont 5.000 familles qui ont pu être ainsi équipées. L’offre matérielle s’accompagne de séances d’initiation (12 h), dispensées dans les 5 espaces publics numériques « Cyber-base » de la ville.
Dans la foulée en 2005, la Communauté d’agglomération de Besançon fait partie des sites pilotes qui expérimentent les Espaces Numériques de Travail, portails éducatifs proposant des services pour les échanges d’informations entre l’établissement scolaire, les enseignants, les élèves (carnet de liaison, agenda électronique, messagerie, forum, mini-sites internet). En 2008, le portail éducatif sera ouvert aux parents, en même temps et avec une interface homogène, qu’une offre de téléservices de la Ville et de l’Agglo (télépaiement cantine, eau, ordures ménagères, inscriptions crèches municipales, ...) .
Aujourd’hui, Besançon s’apprête à diffuser son expérience. Le portail éducatif 100% open source va être déployé dans d’autres collectivités et la ville apporte son concours à l’opération « Sénéclic », lancée au Sénégal en s’inspirant des « 1000 ordis @ l’école ».
Les points forts de la démarche
Du point de vue du pilotage et des choix stratégiques :
Les projets sont impulsés directement par Claude Lambey, directeur du service informatique de la Ville, et relayé par un portage politique fort depuis 2001 (le Maire, Jean-Louis Fousseret, est informaticien de profession).
Les premiers projets ambitieux ont été développés avec le souci d’un investissement au moindre coût et avec un retour sur investissement réalisé grâce aux économies de fonctionnement (factures téléphoniques, maintenance, ...).
En mettant en place un partenariat avec les principaux opérateurs publics auxquels elle apporte des services représentant une réelle plus-value économique (gains de temps et d’argent), la collectivité a acquis une légitimité dans l’impulsion et le pilotage d’initiatives à base de TIC.
Fournisseur d’accès et de matériel, hébergeur de contenus, la Ville se retrouve en position de force pour négocier les partenariat avec les éditeurs de logiciels et avoir une maîtrise d’oeuvre complète sur les projets impulsés.
La conception et la mise en oeuvre de dispositifs inédits en s’appuyant sur des ressources locales. Ex : partenariats avec des banques régionales pour récupérer et faire recycler les parcs d’ordinateurs obsolètes par un Centre d’Aide par le Travail.
L’animation de la démarche s’appuie sur des groupes de pilotage impliquant les partenaires.
Du point de vue des choix techniques :
Les faibles performances des machines utilisées comme simple terminaux sont compensées par le réseau à très haut débit qui permet d’installer des serveurs puissants sous Linux dans les services informatiques de la Ville, hébergeant données et applications. Cette centralisation facilite les opérations de maintenance, ce qui permet d’avoir des postes le plus souvent opérationnels à moins coût.
En 2004, lors de la première distribution de machines dans les familles, 40 % des enfants recevaient leur premier ordinateur. L’impact en terme d’égalité d’accès à l’outil est donc réel.
Quelques difficultés rencontrées
Du côté des partenaires Education nationale et collectivités :
La résistance du milieu enseignant au démarrage du projet : par rapport à la politique volontariste de la collectivité, ce sont des partenaires à convaincre. Avec le temps, les services rendus et l’opérationnalité des solutions retenues en font des outils indispensables.
Du côté des parents :
Les modules d’initiation proposés aux parents ont connu un fort taux d’abandon (60 %). Parmi les causes possibles : manque de motivation, horaires trop tardifs, mauvaise maîtrise du français, adéquation des contenus proposés par les encadrants, ...
Certaines familles modestes ne disposent pas de ligne de téléphone fixe et privilégient le mobile. Cela rend impossible la connexion internet, alors même que la Ville offre le forfait.




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