Rapports de Recherche

"Les non-usagers d’internet en Bretagne"

Une enquête du laboratoire M@rsouin qui confirme les fortes résistances aux changements technologiques

Jocelyne Trémenbert, du Laboratoire M@rsouin, vient de publier les résultats dune enquête régionale sur « Les non-usagers d’internet en Bretagne » (Voir Qui refuse les TIC en Bretagne et pourquoi ? Comprendre grâce aux statistiques le non usage d’Internet - février 2009).

Cette étude apporte des éléments statistiques récents qui montrent qu’entre 2006 et 2008, la situation a peu changé du côté des non-usages. Elle apporte surtout une connaissance plus fine et propose une typologie des publics non-usagers d’internet.

Rappelons les données nationales : 42% des plus de 11 ans déclarent ne pas s’être connecté à Internet dans le mois précédant l’enquête (Source : Mediametrie – Juin 2008).

Dans l’enquête « Résidentiels » de M@rsouin de juillet 2008 (2000 réponses représentatives), les non-usagers représentent un tiers (32%) de la population des individus de 15 ans et plus résidant en Bretagne.

Nous ne nous attarderons pas sur les caractéristiques démographiques et socio-professionnelles, car elles ont largement connues : le non-usage d’internet concerne particulièrement les personnes âgées de plus de 60 ans, les personnes pas ou peu diplômées, les personnes ayant des revenus inférieurs à 1000 € par mois. L’étude fait aussi apparaître l’influence de l’entourage : les personnes isolées socialement ou dont les proches n’utilisent pas les technologies numériques ont plus de chance de faire partie des non-usagers.

Une typologie des non-usagers selon leur motivation et leur degré de connaissance de l’internet

L’apport de l’étude porte sur le recours à des méthodes d’analyse multivariée des données permettant d’établir une typologie des non usagers. Ainsi, parmi les non utilisateurs, on peut distinguer 5 profils-types, qui se dégagent selon le degré de connaissance de la technologie et de ses usages et selon la motivation des personnes vis à vis de cet outil/média qu’est l’internet.

- Les futurs utilisateurs (5%) et les utilisateurs potentiels (19%) : bien informés et assez motivés, ces personnes seraient prêtes à rejoindre les rangs des usagers.
- Les réticents (41%) : bien informés, mais peu motivés
- Les réfractaires (16%) : mal informés, et pas du tout motivés
- Les exclus (18%) : mal informés et pas motivés pour des raisons objectives (âge, statut, maladie...) ou subjectives (crainte).

L’étude propose des tableaux détaillés fort intéressants, et nous vous invitons à vous y reporter.

Des isolés numériques

Les non-usagers se caractérisent d’abord par le faible équipement technologique de leur foyer, (4 fois moins que la moyenne des foyers équipés en informatique) et par l’absence d’usages de l’Internet dans leur entourage.

Lorsqu’ils font appel à l’intermédiation d’une personne pour leur fournir une aide (c’est le cas pour une personne sur 5 ), « 34% d’entre eux cherchent de l’aide au sein même du foyer, 65% au sein de la famille, 15% demandent à leurs amis, alors que seulement 2% d’entre eux vont s’adresser à un professionnel ».

Les raisons du non-usage

« Ne pas savoir à quoi cela peut servir est la raison évoquée le plus souvent par les personnes qui n’utilisent pas les outils multimédias. Ne connaissant pas l’informatique, les personnes n’imaginent pas ce qu’il est possible de faire et donc n’y voient pas d’intérêt. »

Ce n’est pas parce que l’on n’utilise pas, que l’on a pas son opinion sur Internet. Parmi les représentations négatives les plus fréquentes : « c’est un simple phénomène de mode » (55% de sous total d’accord) ou « C’est réservé aux jeunes » (50%).

6 non utilisateurs sur 10 pensent ne jamais s’y mettre du tout, 2 sur 10 ne s’y mettront probablement pas.

Posté le 27 février 2009 par Philippe Cazeneuve
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Les internautes des ZUS se connectent depuis les lieux d’accès publics 3 fois plus que la moyenne nationale

C’est une des données qui ressort d’un sondage IPSOS réalisé dans la cadre d’une étude du cabinet Ernst & Young pour la CDC, intitulée "Evaluation de la « fracture numérique » dans les quartiers « sensibles » traités par l’ANRU" (Novembre 2008). Ce sondage compare les réponses d’un échantillon de personnes habitant dans les ZUS de métropole avec les réponses d’un échantillon représentatif de la population française.

La synthèse des résultats de ce sondage est disponible sur I-Ville :
http://i.ville.gouv.fr/Data/inserhitlien.php?id=4169 (pdf - 6 pages - 650 Ko)

Elle révèle peu d’écarts entre les taux d’équipement informatique des ménages des ZUS (63 %) et celui de la moyenne de la population française (70 %).
- Cependant, on trouve dans les ZUS plutôt plus d’antennes satellite et de consoles de jeux et plutôt moins d’imprimantes que dans l’ensemble de la population.

La proportion de ménages utilisant internet est identique (60 %).
- par contre, la fréquence de connexion est plus faible dans les ZUS (37 % se connectent tous les jours contre 47 % dans l’ensemble de la population)
- La connexion depuis un lieu d’accès public à internet est 3 fois plus importante pour les habitants des ZUS (27 % des internautes résidants dans les ZUS se connecte depuis un PAPI , contre 9 % pour la moyenne française).

Question usages aussi, quelques différences notoires :
- Internet est 2 fois plus utilisé comme ressources pour faire ses devoirs ou suivre ses études (20 % des internautes en ZUS contre 9 % pour la moyenne française).
- Les 15-19 ans des ZUS téléchargent plus de musique (66 % d’entre eux le font contre 49 % pour la moyenne française) et jouent plus en ligne (52 % d’entre eux contre 41 % pour la moyenne française).

Les catégories traditionnelles les plus éloignées d’internet, le sont encore davantage lorsqu’ils résident dans les ZUS.
- Les femmes (46 % n’accèdent jamais à internet dans les ZUS contre 40 % en moyenne nationale)
- Les seniors (84 % des plus de 60 ans n’accèdent jamais à internet dans les ZUS contre 77 % en moyenne nationale)
- Les étrangers ont deux fois moins de chance d’être équipés d’internet à domicile que les français (41 % des étrangers résidants en ZUS ne disposent pas d’internet à domicile contre 24 % des français).

Posté le 28 novembre 2008 par Philippe Cazeneuve
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Une recommandation du Forum des droits de l’internet sur les jeux vidéo en ligne

Un article repris du site du Forum des droits de l’internet

Organisme de référence en matière de règles et d’usages du monde numérique, le Forum des droits sur l’internet publie aujourd’hui sa Recommandation « Jeux vidéo en ligne : quelle gouvernance ? ».

Cette 25e Recommandation constitue le premier rapport français qui étudie le phénomène du jeu vidéo en ligne dans ses diverses composantes : sociologique, économique et juridique. Il traite de toutes les formes de jeux qui existent en ligne (jeux en ligne massivement multijoueur, jeux occasionnels et consoles de jeu connectées à internet), à l’exception des jeux d’argent.

Un phénomène transgénérationnel

Le marché du jeu vidéo a véritablement explosé ces cinq dernières années. En France, selon l’Institut de l’audiovisuel et des télécommunications en Europe (IDATE), ce secteur est en forte croissance avec une progression de + 16,3 % en 2006 pour 1,62 milliard d’euros. Aujourd’hui, 28 % des Français jouent à des jeux vidéo, dont un quart sont en ligne. Ce nouvel usage touche les jeunes et les adultes et est pratiqué aussi bien par les femmes que les hommes. Dès lors, on peut parler de véritable « phénomène transgénérationnel » et le Forum a souhaité s’y intéresser pour favoriser le développement du secteur dans le respect des droits de tous.

Sommaire Des interrogations multiples sur les règles du jeu

Face à ce développement, diverses questions se posent de la part :

  • des parents, inquiétés par les aspects chronophages du jeu et par la méconnaissance de ces univers très prisés par leurs enfants ;
  • des joueurs, qui souhaitent connaître les droits qu’ils détiennent, notamment sur leurs créations ;
  • des éditeurs de jeu, en demande d’un meilleur encadrement des activités marchandes et publicitaires à l’intérieur des jeux et de mesures efficaces pour protéger les publics sensibles.

Un processus approfondi de concertation

Le processus de réflexion a associé l’ensemble des acteurs, parties prenantes du jeu vidéo en ligne, conformément à la méthode d’élaboration du Forum. Ces travaux ont été menés pendant 18 mois et se sont déroulés sur plusieurs étapes. Ils ont débuté par l’ouverture d’un forum de discussion sur les jeux massivement multijoueur (MMOG) en collaboration avec le site JeuxOnline.info et se sont poursuivis par une rencontre-débat à la FNAC des Halles à Paris. Ces opérations introductives ont permis d’évaluer les principaux questionnements des joueurs et des parents pour aboutir à l’élaboration d’un dossier de synthèse. Le Forum a ensuite entrepris son processus de concertation multiacteur en réunissant dans un groupe de travail pendant un an, les représentants des utilisateurs et des acteurs économiques ainsi que des experts et des observateurs des pouvoirs publics.

Des propositions concrètes

La Recommandation s’adresse aux joueurs, aux parents et éducateurs, aux éditeurs et sociétés tierces ainsi qu’aux pouvoirs publics. Elle vise à les informer sur les règles applicables en matière de jeu vidéo en ligne. Elle fait des propositions pour répondre de manière concrète à leurs principales interrogations. Ainsi, en matière de contrôle du temps de jeu, le Forum préconise d’introduire la notion de fatigue des personnages et de diffuser des messages d’information dans les fenêtres de dialogue. Il propose de contextualiser les publicités en prenant en compte la classification d’âge du jeu. En ce qui concerne les aspects relatifs à la pédagogie et à l’information, le Forum insiste sur la nécessité de traduire et localiser les règles des jeux. Il préconise la création d’un site sur le jeu vidéo, à l’initiative des pouvoirs publics, mutualisant les ressources d’éditeurs et d’experts, afin d’apporter aux parents et aux éducateurs une information claire sur les conséquences et les atouts de ce loisir.

Pour aller plus loin

- Synthèse et principales recommandations

Jeux vidéo en ligne : quelle gouvernance

9 novembre 2007

- les recommandations

Posté le 30 novembre 2007
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Recherche-action

Les compétences cognitives mobilisées dans l’utilisation de l’ordinateur et le rôle des médiateurs

A partir de l’observation des difficultés rencontrées par des personnes traumatisées crâniennes dans l’utilisation de l’outil informatique, cette recherche-action repère des « situations problèmes » dans l’interaction avec l’ordinateur et pour le développement d’une autonomie nécessaire au développement d’usages individuels ou collectifs.

Les résultats de cette étude concernent également d’autres publics dits "éloignés" ou non, interrogent les « médiateurs aux TIC » sur leur positionnement et tentent d’amener vers quelques pistes d’action.

Ce travail de recherche-action a été mené par Céline Jacob dans le cadre des activités menées par le centre icom’ (un projet du Programme France de Handicap International).
Il s’inscrivait dans un DEA de Sciences de l’éducation " Pratiques éducatives et mutations sociales ".

L’ étude est communiquée dans sa version complète.

- Sa première partie pose un constat et une analyse des difficultés cognitives que peuvent rencontrer les personnes traumatisées crâniennes dans l’ utilisation de l’outil informatique.

- Les seconde et troisième parties concernent la place de la médiation et la place des compétences cognitives mises en place et développées dans l’usage de l’ordinateur.

- La quatrième partie rend compte de quatre parcours individuels.

- La cinquième partie propose une analyse psycho cognitive à partir des éléments récoltés.

Pour plus d’informations sur cette étude contacter le centre icom’

Posté le 20 juin 2007 par Stéphanie Lucien-Brun
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Une analyse du laboratoire des usages Marsouin en Bretagne

L’équipement technologique des ménages français en 2006 : taux d’équipement, motivations et freins

avec une analyse des non-équipements en informatique et internet
Le présent article relate l’état d’équipement technologique des ménages français en 2006 (téléphone mobile, ordinateur et Internet). Nous comparons différentes sources nationales.

Un article de

Jocelyne Trémenbert et

Nicolas Jullien (février 2007) repris du site du laboratoire des usages en Bretagne, M@arsouin

Ensuite, à travers l’exploitation de l’enquête INSEE 2005 sur les conditions de vie des ménages, nous détaillons l’équipement informatique avec en particulier la place du portable, le recours aux professionnels au moment de l’achat et de la réparation, les différents types de connexion Internet, la satisfaction et les motivations du public ainsi que les foyers ayant déjà opté pour des forfaits téléphone illimité.

Enfin, dans une troisième partie, il s’agira d’identifier les facteurs explicatifs de l’appropriation de ces technologies, travail qui nous le verrons est nécessairement couplé avec l’analyse des freins à l’équipement. On y abordera le cas des foyers sans ordinateur, sans Internet mais aussi n’ayant pas, ou plus, de ligne téléphonique fixe.

L’accès aux produits technologiques

De nombreuses enquêtes s’intéressent à l’équipement des foyers français en matière de technologies et à l’usage que font les français de ces dernières. Certaines études ne font l’objet que d’un questionnement à un moment précis, comme par exemple, le volet sur les français et Internet dans « Les enjeux du quotidien » que TNS Sofrès a mené pour l’EPIQ en septembre 2006. D’autres prennent la forme de baromètres, régionaux ou non, souvent annuels. Comme figures de référence nationale, nous conserverons :

- 

le « Baromètre Multimédia » de Médiamétrie

[1]

- 

le baromètre de « La diffusion des technologies de l’information dans la société française » du Crédoc

[2]

- 

l’Étude Permanente sur les Conditions de Vie des ménages (EPCV) de l’INSEE

[3]

- 

l’Observatoire Sociétal du téléphone mobile de TNS Sofres

[4].

Le sommaire de l’article

- L’accès aux produits technologiques

- Les détails de l’équipement technologique des foyers

  • I. L’informatique.
  • II L’accès à internet

- Le non-équipement en produits technologiques.

  • en téléphonie
  • en ordianteur
  • een accès internet

- lire la suite de l’article sur le site de Marsouin


Nous reproduisons ci dessous la partie non équipement en informatique et en accès intenet qui fournit une

analyse intéressante.


II. L’ordinateur.

L’ordinateur, avec 50% de foyers équipés, est un objet (de plus en plus) courant, mais pas encore un des équipements de base d’un foyer, comme le frigidaire, la télévision ou le téléphone. La diffusion ne semble pas avoir atteint son maximum, puisque 30% des foyers non équipés ont envie de dis-poser d’un ordinateur à domicile (envie d’au moins un des membres).

Qui sont ces foyers encore non équipés (50%) ?

Chercher les déterminants du non équipement peut revenir à trouver les facteurs influençant l’acte d’équipement. Les taux de foyers équipés varient significativement selon les caractéristiques foyers que sont l’âge du chef de famille, la profession du chef de famille, le diplôme du chef de famille, le type de mé-nage, le nombre d’enfants, la présence d’enfants de 11 à 18 ans, le niveau de vie, la taille de l’unité urbaine. On note cependant que âge du chef de famille, diplôme et dans une moindre mesure niveau de vie restent les principaux déterminants.

Ainsi, par exemple :

- 

un foyer dont le chef de famille a moins de 30 ans a environ 5,5 fois plus de chances d’être équipé que non équipé par rapport à un foyer dont le chef de famille a 60 ans et plus (3 fois pour un chef de famille âgé de 30 à 44 ans, 2,7 fois pour 45 à 59 ans) ;

- 

un foyer dont le chef de famille a un diplôme de niveau Bac +4 ou plus a environ 7 fois plus de chances d’être équipé par rapport à un foyer dont le chef de famille est sans diplôme (5 fois pour Bac +2 à Bac+4, 4 fois pour Bac, 2 fois pour BEP/CAP, 1,5 fois pour Brevet).

Il est plus surprenant que l’effet « enfant » ne soit pas plus fort. Il est quand même important, puisqu’un ménage avec enfant a 3 fois plus de chances d’avoir un ordinateur qu’un même ménage sans enfant.

La problématique du non usage ou non équipement est malheureusement souvent sous estimée dans les études sur les technologies, plus focalisées sur les questions d’usages et d’usagers / équipements. Pourtant même si le non-usage peut s’expliquer par des contraintes externes (état de l’offre, décalage entre l’offre technique et la demande sociale, mode de diffusion...), les caractéristiques d’un foyer et des individus qui le composent (âge, absence d’un certain capital économique et so-cial, incompétence technique et cognitive...) y jouent un rôle non négligeable.

Le principal frein à l’équipement d’un foyer en ordinateur reste la non utilité (60% des ménages de l’enquête M@rsouin ou 67% des ménages de l’enquête EPCV). En effet, l’utilité précède l’usage, ainsi la perception de la non-utilité d’un objet technique comme l’ordinateur peut tout simplement déterminer l’absence de son usage. Le besoin est donc l’élément le plus capital, "la mère" de l’appropriation ou du refus de la technologie.

Toutefois, il est important de pouvoir différencier le non-besoin basé sur une réelle justification, le non-besoin comme une défense et l’absence de besoin par manque de connaissances et de savoir-faire. Car il est clair, qu’un outil perçu comme inutile et dont l’usage semble compliqué ne sera ni adopté, ni utilisé. Le manque de confiance en soi de l’individu ou les incertitudes concernant sa propre capacité d’apprentissage, l’absence de motivation, les attitudes et les croyances négatives de l’individu à propos de la technologie jouent aussi un rôle important dans la résistance de l’individu aux innovations technologiques. Ainsi, 40% des ménages de l’enquête M@rsouin déclarent qu’il leur serait difficile de se mettre à l’informatique et 18% avouent ne pas en avoir actuellement les compétences.

La perception de la part d’un individu de l’incompatibilité d’un objet technique avec son style de vie et ses besoins peut justifier son non-usage, surtout si il y voit un risque lié à la complexité de la technique ou risque fonctionnel. 32% jugent le risque de pannes, d’incidents trop important et ne sauraient y faire face.

Une technologie qui apparaît excessivement chère à l’individu et ne présente aucun avantage par rapport aux autres dispositifs existants au niveau des fonctions et services, risque de faire l’objet d’un non-usage. C’est seulement bien après ces divers freins qu’apparaît la notion de prix avec 20% des ménages qui estiment que le prix représente un véritable obstacle. L’ordinateur reste un produit de luxe, complexe et cher, bien plus que le téléphone mobile. Cela se constate aussi au niveau de la fréquentation professionnelle de cette machine (chez les hauts niveaux de diplôme, chez les jeunes). Cependant un prix attractif ne serait pas non plus suffisant pour que la technologie soit adoptée. Cette dernière doit être compatible avec le mode de vie du futur usager et ne pas présenter de risque social ou de détérioration du lien social. 13% passeraient trop de temps sur un ordinateur.

Enfin n’oublions pas aussi que certaines personnes ne disposent pas à leur domicile d’ordinateur mais ont facilement d’autres accès à l’informatique (sur leur lieu de travail, chez leurs parents, leurs proches...) Et il ne faut pas négliger non plus les vrais réfractaires qui eux sont réfractaires à tout produit technologique (ils seraient 7% d’après leurs déclarations). D’autres explications ou freins à l’équipement sont souvent citées, à savoir le grand âge ou des incapacités (vue, lecture) ou tout simplement un problème de place (problème qui n’en est pas réellement un avec les portables !)

Enfin il est intéressant d’analyser le comportement d’un foyer / individu au milieu de son entourage. Si un individu prend modèle sur la réussite de personnes semblables à lui, il s’estimera lui-même apte à apprendre en utilisant des tactiques d’apprentissage similaires.

III. L’accès à Internet.

63% des foyers ne possèdent pas d’ accès à Internet (et 13% ont pourtant un ordinateur). Comme pour l’ordinateur, toutes les variables caractérisant le foyer ont un effet sur la connexion (et la non-connexion), mais les plus significatives sont, dans l’ordre, le diplôme du chef de famille, son âge, la présence d’enfants, et le niveau de revenus du foyer.

Ainsi, par exemple :

- 

un foyer dont le chef de famille à moins de 30 ans a environ 3 fois plus de chances d’être équipé que non équipé par rapport à un foyer dont le chef de famille a 60 ans et plus (3 fois pour un chef de famille âgé de 30 à 44 ans, 2,9 fois pour 45 à 59 ans),

- 

un foyer dont le chef de famille a un diplôme de niveau Bac +4 ou plus a environ 4,9 fois plus de chances d’être équipé par rapport à un foyer dont le chef de famille est sans diplôme (5,3 fois pour Bac +2 à Bac+4, 3,7 fois pour Bac, 1,8 fois pour BEP/CAP, 1,4 fois pour Brevet),

- 

un foyer avec 1 enfant a environ 3,3 fois plus de chances d’être équipé par rapport à un foyer sans enfants (3,1 fois pour 2 enfants, 3,4 fois pour 3 enfants, 2,7 pour 4 enfants et plus),

- 

un foyer du quatrième quartile (tranche de revenus les plus élevés) a environ 2,9 fois plus de chances d’être équipé par rapport à un foyer à revenus très faibles (2 fois pour 3ème quartile, 1,5 fois pour 2ème quartile),

- 

un foyer de cadre a 2,3 fois plus de chances qu’un foyer de retraité d’être équipé alors que cette proportion est de 0,8 pour un foyer d’ouvrier.

Les raisons du non-équipement sont les mêmes que pour l’ordinateur (coûts financiers et coûts d’ap-prentissage). Signalons que les craintes en terme de sécurité sont négligeables, ce n’est en tout cas pas un frein important à la connexion.

Raisons du non équipement du foyer en connexion Internet :

  • Votre ménage n’a pas besoin d’utiliser Internet

59%

  • Votre ménage ne sait pas s’en servir

30%

  • C’est trop cher (équipement, accès)

24%

  • Votre ménage a accès à Internet dans d’autres endroits

11%

  • Pour des raisons de sécurité et de vie privée

4%

  • Autre raison (attente ADSL, pas de ligne fixe, choix du FAI, déménagement, ordinateur trop vieux...)

22%

Enfin, 37% des foyers non équipés ont envie de disposer d’un accès Internet à domicile (envie d’au moins un des membres).

Typologie des foyers non équipés en accès Internet.

Grâce aux techniques statistiques d’analyse des données, il est possible de classer / discriminer les foyers représentés dans l’enquête qui ne sont pas équipés d’un accès Internet.

Méthodologie : Les foyers sont regroupés en fonction des « raisons évoquées » (deux principales raisons parmi une liste de raisons, traduction d’un manque, envie d’un membre du foyer de disposer d’Internet). Les variables socio-démographiques du foyer et son équipement en ordinateur et/ou ligne de télé-phone fixe n’interviennent pas dans la constitution de ces sous familles mais viennent les caracté-riser. Quatre classes ont pu être constituées.

Méthodologiquement parlant, chaque classe de foyers pré-sente de nombreuses caractéristiques communes [7]. Par ailleurs, d’une classe à l’autre, les profils sont le plus différentiés possible [8]. On établit alors une sorte de « profil type » pour chaque classe, la classe présentant une proportion observée pour chaque caractéristique supérieure à la moyenne. Les données socio-démographiques utilisées concernant les foyers sont : le type de ménage, la présence d’enfant(s) dans le foyer, la tranche de revenus du foyer, la tranche d’âge du chef de famille, sa catégorie socioprofessionnelle, son diplôme le plus élevé obtenu, la taille de l’unité urbaine dans laquelle est installé le foyer.

- Classe 1 : les foyers qui ne connaissent pas bien Internet (67%).

Pour les personnes vivant dans ces foyers, ne pas disposer d’Internet à la maison n’implique aucun manque, que ce soit pour s’informer, se divertir... Ils n’ont pas besoin d’Internet, seule raison vala-ble à leurs yeux. Mais souvent, cela cache un manque de compétences (personne dans le foyer ne sait s’en servir).

Le profil des foyers de cette classe compte davantage de foyers « âgés », où le chef de famille a 60 ans et plus, souvent peu diplômé, avec un niveau de vie relativement modeste. Il faut dire que très souvent ces foyers n’ont pas franchi le cap de l’informatisation du domicile.

- Classe 2 : pas d’accès à domicile mais dans d’autres endroits (11%).

Cette fois-ci, les compétences sont là, le besoin aussi, il y a même souvent un ordinateur au domicile, mais pas toujours de ligne fixe.

C’est le cas de foyers jeunes (chef de famille de moins de 30 ans), voire moins jeune (45-59 ans). Le chef de famille a souvent un diplôme de niveau supérieur au bac, sa catégorie professionnelle est plutôt du type profession intermédiaire ou employé, voire même cadre ou profession libérale.

- Classe 3 : des raisons financières (17%).

Aucune variable socio-démographique ne les spécifie vraiment si ce n’est le fait qu’ils sont souvent déjà équipés d’ordinateur mais trouvent un accès Internet à domicile trop cher. Ces derniers n’ont pourtant pas forcément d’autres accès et estiment que c’est un handicap pour s’informer et se divertir et même pour que leurs enfants, s’ils en ont, suivent correctement leurs études ou pour rechercher un emploi si ils se trouvent dans cette situation. Plus souvent que la moyenne (sur les foyers non équipés), il y a un membre du ménage qui souhaite disposer d’Internet à la maison.

- Classe 4 : une question de sécurité (5%).

Ces foyers forment à eux seuls une classe bien spécifique, même s’ils sont peu nombreux.

La plupart du temps, ils ont déjà un ordinateur au domicile. Ils n’ont pas Internet pour « des raisons de sécurité et vie privée » et non pour des raisons de coûts, ce sont des foyers dont le niveau de vie est relativement élevé. Ils n’ont pas Internet mais estiment que cela représente un handicap dans le suivi des études de leurs enfants. Car bien souvent, il y a des enfants au domicile et le chef de fa-mille est dans la tranche 30-44 ans. On peut supposer que ce sont ces enfants qui sont à l’origine de l’envie d’avoir Internet exprimée par au moins un des membres.

Posté le 27 février 2007
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