6- Etudes

Article sur le Timp@ss

Le contexte et les débuts du Timp@ss :

La politique du Nord-Pas de Calais pour la formation permanente a défini comme priorité l’intervention en direction des publics les plus en difficultés ou les plus éloignés de la formation professionnelle.
Découlant de ces orientations, le Timp@ss vise à initier un public le plus large possible.

Après une expérimentation d’un an, en 2005, il a été généralisé. Le Timp@ss visait à initier le public aux notions de base des usages du multimédia et d’Internet. Généralisé en 2005, le Timp@ss était composé, à ses débuts, de 7 modules de 2 heures et d’un test de positionnement. Le financement était sous forme de subvention de 112€ réparti entre les acteurs en fonction du travail fourni (ingénierie pédagogique, administration financière par les organismes de formation et tutorat réalisé par les animateurs des lieux d’accueil).
Un nouveau fonctionnement a été mis en place en 2009.

Les objectifs de ce dispositif :

Le Timp@ss a été mis en œuvre, dans le but de lutter contre la fracture numérique, de favoriser l’égalité des chances et pour compléter l’offre de formation existante dans le domaine des TIC (Technologies de l’Information et de la Communication).

Il s’agit de faire découvrir progressivement les outils numériques de base (bureautique, périphériques, multimédia, internet...) afin de fournir à tous un savoir-faire minimal dans le domaine des technologies de l’information et de la communication.

L’ambition du dispositif Timp@ss est de sensibiliser un public, le plus large possible, aux TIC et d’amener l’ensemble de la population de la région, progressivement, à maitriser les bases des outils numériques.
Un autre objectif est de créer de nouvelles habitudes de travail au sein des territoires, développer des partenariats entre les prestataires de formation et leur environnement local. Le Timp@ss a une vocation territoriale de proximité, ainsi une des clés de réussite du dispositif est le maillage dense de la région.

Comment fonctionne le Timp@ss

Le Timp@ss est destiné au grand public, sans critère d’âge ou de statut professionnel. Seuls sont exclus du dispositif les élèves ou étudiants inscrits dans un établissement d’enseignement initial.
La personne bénéficiaire peut aller chercher son chéquier gratuit soit auprès des organismes de formation gestionnaires soit dans les cyber-centres labellisés.

Une personne peut effectuer au maximum 12 séquences (modules) d’environ 2 heures, soit 24 heures de cours financé. Le chéquier dont elle dispose compte 14 chèques : 2 chèques de positionnement et 12 chèques (un par module).

Que contiennent les modules du Timp@ss ?

Les connaissances utiles à acquérir sont réparties en 7 séquences « Multimédia » :
-  Maîtrise des premières bases de l’informatique.
-  Repérage dans la société de l’information (billetteries, cartes bancaires…).
-  Adoption d’une attitude citoyenne face aux nouvelles technologies.
-  Création d’un document numérique.
-  Repérage, placement, organisation de documents.
-  Communication au moyen de l’informatique.
-  Recherches et documentation au moyen d’un cdrom, d’Internet.
Et 5 séquences « Bureautique » :
-  Mise en forme et présentation de documents
-  Utilisation de formulaires et tableaux
-  Navigation sur Internet
-  Initiation à la messagerie
-  Initiation au travail collaboratif

A la fin de la formation, après évaluation, l’organisme de formation délivre une attestation de la Région, validant et valorisant l’initiation.

Les partenaires de la mise en place du Timp@ss

Les acteurs du projet

- La Région par le biais :
- la Direction de la Formation Permanente (DFP) pilote le projet et finance l’ingénierie de formation, la formation et l’accompagnement de personnes. Elle labellise les lieux d’accueil partenaires.
- La Direction de la Recherche, Enseignement supérieur, Santé, et Technologies de l’Information et de la Communication (DRESTIC) à travers le suivi de la participation des cyber-centres volontaires pour y participer. Elle accompagne également le développement des usages et des services et contribue à la mise en réseau.
- La Direction de la Communication (DCM) s’est associé au projet pour la campagne de communication (logo, fléchage des lieux, informations, campagne de presse…)
- La Direction des Systèmes d’Information (DSI) a pour mission la conception, la mise en œuvre et le suivi des différents systèmes d’information et la gestion de l’ensemble des systèmes et des architectures informatiques et de télécommunication.

- Les organismes de formation :
- Les organismes de formation ayant été lauréats dans le cadre du marché public sont les interlocuteurs de la Région et constituent la colonne vertébrale du dispositif. Leurs missions sont le montage du dispositif, l’organisation pédagogique, l’administration, la gestion et la coordination.

- Les autres partenaires :
- Les lieux d’accueil labellisés (cyber-centres, médiathèques, PIJ, CCAS, ...) sont rattachés à un organisme de formation et assurent un accueil et un accompagnement de proximité auprès des publics souhaitant bénéficier de l’offre Timp@ss. Ils ont également pour mission, la communication sur le dispositif auprès des publics.
Le Timp@ss leur permet de légitimer leur financement auprès des financeurs.
- Des institutions partenaires s’associent au dispositif afin de toucher un public spécifique. Elles peuvent apporter une aide financière complémentaire aux fonds de la Région et surtout jouer le rôle de prescripteur auprès de leurs ayants droit (seniors dans le cadre d’un partenariat avec la CRAM Nord Picardie, agriculteurs dans le cadre d’un « Timp@ss Vert » mis en place par l’AFP2i sur l’Artois-Ternois, personnes illettrées accueillies par le réseau Lire,…)

Le rôle des animateurs d’EPN

L’accompagnement est assuré par des animateurs multimédia qui jouent le rôle de tuteurs.

Ces tuteurs suivent une formation obligatoire de 2 jours.
Les cyber-centre représentent une trentaine de lieux sur les 280 points d’accès Timp@ss.

Une plateforme extranet permet le suivi des bénéficiaires.

Comment est financé le Timp@ss ?

La Région, réalise un appel d’offre ainsi qu’un marché public d’environ un million d’euros tous les trois ans pour sélectionner les organismes de formations qui assureront la gestion du Timp@ss. 15 lots ont été mis dans l’appel d’offre (un par territoire), actuellement cela représente 37 organismes gestionnaires. Ils sont dotés d’un montant variable en fonction des demandes estimées. Le prix moyen est d’environ 15€ par module (pris observé en fonction du nombre de module effectué et du montant de la dotation). La rémunération des lieux d’accueil dépend de la convention signée entre l’organisme de formation gestionnaire et le lieu d’accueil.

Un point sur le Timp@ss : quelques chiffres

Depuis novembre 2003, plus de 60.000 personnes ont bénéficié du Timp@ss pour s’initier ou se former aux divers outils informatique.
Entre 2005 et 2008, la moyenne était d’environ 11.000 bénéficiaires par an. Depuis 2009, date de la mise en place de la nouvelle formule, environ 6900 personnes sont bénéficiaires par an. Cette baisse de bénéficiaires est la conséquence du nombre d’heures dispensé.

Les points forts de ce dispositif :

- Forte visibilité auprès du grand public de l’action de la Région en matière de formation permanente.
- Gratuité, proximité, accompagnement individualisé.
- Le dispositif Timp@ss génère des opportunités de partenariats entre divers organismes.
- Le dispositif est reproductible dans une autre Région française, le cadre légal et les réseaux d’acteurs étant semblables. Un portage politique fort s’avère cependant indispensable, du fait de l’originalité du mode de financement et de l’organisation pédagogique, qui bousculent les habitudes et les intérêts des opérateurs de formation.

Posté le 27 juillet 2011 par Véronique MOCHE
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Etude sur la validation des compétences numériques en EPN

Cette étude porte sur la validation des compétences numériques acquises par les usagers des Espaces Publics Numériques, à travers des dispositifs de certification comme le Passeport Internet et Multimédia (PIM), le Brevet Informatique et Internet pour les adultes (B2i Adultes) ou d’autres dispositifs régionaux.

Après une phase d’expérimentation lancée en 2008 par le Ministère de l’Education Nationale, une circulaire - publiée le 27 mai 2010 au bulletin officiel - définit les modalités de mise en œuvre du nouveau brevet informatique et internet pour les adultes (B2i® adultes).

En Juin 2010, au nom de l’association Créatif, Michel Briand et Yannick Landais ont rencontré Benoît Labrousse, du cabinet de Luc Chatel, Ministre de l’Education Nationale, pour repositionner les EPN dans le processus de passation et de validation du B2i Adultes.Les propositions faites par Créatif seront approfondies afin de proposer des pistes de travail pour les EPN, les collectivités et le Ministère.

Pour se faire, il a été défini trois étapes :
-  Un état des lieux des expérimentations B2i Adultes et de la mise en œuvre des autres certifications existantes (PIM, …) qui consiste en la rédaction de fiches pour chaque expérience d’après les entretiens effectués (bonnes pratiques et échecs).

-  Une analyse des dispositifs territoriaux de certification des compétences numériques financés par des régions ou départements et de leur fonctionnement dans des lieux de type EPN (Visa en Région Centre et Bretagne, Ticket Déclic dans le Lot, Tim P@ss en Nord-Pas de Calais, …).

-  Identifier puis analyser les ressources en ligne existantes, et notamment celles sous Creative Commons, susceptibles d’aider les animateurs d’EPN à préparer et à faire valider le B2i Adultes avec leurs publics. Mise en place d’une plateforme-test e-portfolio.

-  Rencontre des acteurs impliqués autour de cette question afin de partager les bonnes pratiques permettant d’aider les EPN à s’impliquer dans ces dispositifs de validation des compétences numériques.

Le résultat de ce travail aboutira à la rédaction d’un guide méthodologique à destination des animateurs et responsables d’EPN.

Posté le 14 novembre 2010 par Véronique MOCHE
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Adaptation des politiques d’incitation à l’usage d’internet dans les quartiers à Brest

Contribution de la ville de Brest au projet "Psaume" du laboratoire des usages Marsouin

L’approche menée par la ville de Brest depuis 1997 privilégie l’accompagnement des usages à la mise en place d’infrastructures ou de services de types télé-procédures. Dans cette dynamique, l’observation des usages, l’évaluation des dispositifs d’accompagnement sont un élément important pour guider l’évolution de la politique de la collectivité locale.

La participation au projet Psaume s’inscrit dans cette logique illustrée notamment par deux bilans des points d’accès publics (les papis) et par la participation active à la collection des guides de l’observatoire des télécommunications dans la ville de 1997 à 2002.

Synthèse du travail d’étude ménée par le laboratoire Mrasouin dans le cadre du projet de recherche "Psaume" et publiée sur le site du projet de recherche Psaume

P-S-A-U-M-E
Populations Socialement défavorisées : Analyse des Usages et des Moyens de les Étendre

- Adaptation des politiques d’incitation à l’usage des TIC. Contribution de la ville de Brest
publié le vendredi 27 janvier 2006

Elisabeth Le Faucheur Joncour

les autres articles de l’étude

- Les modalités d’usage des technologies numériques dans le cadre du quartier de Kérourien (Brest).

http://marsouin.infini.fr/psaume/article.php3?id_article=17]

publié le vendredi 27 janvier 2006

par Annabelle Boutet , Hélène Trellu

- Enquête qualitative sur les usages d’Internet par des populations dites "socialement défavorisées"

publié le lundi 6 février 2006

par Smaïl Hadj Ali

- Utilisateurs et non-utilisateurs des TIC
, une enquête en Bretagne

publié le lundi 24 octobre 2005 , par Nicolas Jullien

- Bilan de la première année du projet Psaume

publié le samedi 18 juin 2005

par Nicolas Jullien

- Étude de la place d’un espace public multimédia dans un quartier de Brest : Kérourien

publié le vendredi 3 juin

par Annabelle Boutet , Hélène Trellu

- Evaluation du dispositif d’accès public à Brest : Analyse et propositions

publié le lundi 18 avril 2005

par Elisabeth Le Faucheur Joncour

- Présentation du projet soutenu par le MRNT.

publié le mercredi 2 février 2005

par Nicolas Jullien

Il y avait deux parties dans le sous-projet 3 : « adaptation des politiques d’incitation à l’usages des TIC »

- « un état des lieux des usages et des actions menées dans les points d’accès publics de la ville et du pays de Brest

- ensuite, fort de cet état des lieux, connaissant les résultats des enquêtes scientifiques menées dans les deux premiers sous-projets, la Ville de Brest, aidée des chercheurs de M@rsouin a réfléchi sur l’évolution des supports de formation et les pratiques d’accueil des populations concernées. »

C’est le résultat de ces travaux et de ces réflexions qui est présenté ici.

État des lieux des usages et actions menées dans les points d’accès public à Internet et au Multimédia sur Brest : le diagnostic et son impact sur la décision et l’action.

Cette étude 2004-2005 est complémentaire de celle menée les années précédentes par le laboratoire
M@rsouin sur le dispositif cybercommune de la région Bretagne (Cf. synthèse en annexe).

- Le diagnostic présente à la fois l’offre d’accès public à Internet ainsi que les usagers, leurs pratiques
et leurs demandes. Il met en évidence les forces et faiblesses du dispositif par rapport aux
publics, aux activités et usages. En partant du contexte général de l’accès public en France et
d’une analyse des enjeux pour les prochaines années, ces éléments ont contribué à élaborer des
propositions d’action, pour l’évolution de l’accompagnement des populations dans l’appropriation
sociale des technologies de l’information.

La ville a ainsi retenu 3 grandes orientations qui répondent
aux enjeux identifiés :

  • la prise en compte des publics éloignés (par publics éloignés, il faut entendre éloignement social, culturel, handicap, isolement, difficulté d’adaptation des personnes âgées),
  • l’équité d’accès au service public, lorsque le nombre de services impliquant des téléprocédures, de la navigation sur le net s’accroît considérablement laissant de côté les personnes n’ayant pas d’accès au travail ou au domicile et les personnes peu habiles avec ces outils,
  • la diffusion des nouvelles cultures numériques : blogs, wikis, photo numériques, web radios, vidéos, jeux, arts numériques.

UNE POLITIQUE ET DES ACTIONS CONFORTÉES
DÉCLINÉES EN 3 AXES :

A) La diffusion des nouvelles cultures numériques

L’arrivée d’Internet fluide puis du haut débit (2Mb et plus), les progrès des technologies et la
démocratisation des appareils audio-vidéo numériques ouvrent de nouveaux champs d’expression,
de communication. Il appartient à la collectivité comme elle le fait dans des champs plus
classiques : musique, journaux de quartiers, clubs photos, clubs informatiques des centres sociaux,
maisons pour tous et patronages laïques, d’accompagner l’appropriation de ces usages.

Pour favoriser cet accompagnement des ateliers, outils et services ont été conçus et mise en
oeuvre au profit des animateurs de lieux d’accès publics, relais dans cette appropriation. Le cadre
du centre de ressources pour l’accès public à Internet en pays de Brest a facilité cette mise en
place avec un groupe de travail, constitué d’animateurs, qui définit chaque semestre le programme
des ateliers/formations. La plupart des formations sont réalisées par des animateurs qui
ont acquis les compétences recherchées par d’autres ce qui permet de renforcer le travail en réseau
au delà de l’action de formation et contribue à l’objectif recherché d’un diffusion de nouvelles
compétences en matière de cultures numériques.

Ateliers « Vidéo », « retouches photos », « Webreportage » réalisés à destination des animateurs
et médiateurs multimédia totalisent près de 200 heures d’ateliers sur 12 sessions avec une
participation de 74 personnes aujourd’hui en position de former leurs usagers et de développer les
usages multimédia. (cf. Liste des ateliers en annexe).
L’appel à Projet annuel organisé par la ville de Brest contribue aussi à l’émergence et la diffusion
de ces nouvelles pratiques culturelles par un soutien à une trentaine d’initiatives. En 2005
l’accent mis sur la co-production de contenus se traduit par le soutien à 5 projets autour de la mémoire
collective.

L’ensemble de ces actions contribue à une dynamique et un développement des initiatives aujourd’hui
en pleine croissance : une dizaine d’équipes de web reporters des quartiers, 200 jeunes
des lycées à la cité scolaire de Kérichen ... Un réseau se structure qui donne à son tour naissance
à une plate forme de publication. Ce projet soutenu aujourd’hui par la région associe une entreprise
locale dans le développement d’un logiciel libre réutilisable qui sera présenté à l’occasion du
forum des usages coopératifs de juillet 2006.

B Équité d’accès au service public :

Alors que se développent les services publics en ligne tant au niveau national que local, se
posent la question d’une part, de l’accès à ces services par les personnes et familles ne disposant
pas d’outils ou de connexion Internet, et de l’ accompagnement de toutes les personnes peu familières
de ces outils du Web.

Ces services concernent de nombreux domaines du quotidien : Emploi, avec les sites de l’ANPE,
de l’Assedic, famille avec la CAF, Déclaration de revenus... À noter pour ce dernier, que les demandes
d’accompagnement auprès des lieux d’accès publics ont été nombreuses y compris de la
part de personnes équipées et connectées.
Ces nouveaux services renforcent l’écart que certains appellent « fracture numérique » (« digital
divide ») mais qui est avant tout un prolongement des inégalités sociales et constitue un enjeu de
cohésion sociale.

Il apparaît alors essentiel pour la ville de Brest et le Centre de Ressources Coopératif pour l’Accès
Public à Internet du Pays de Brest1 de pouvoir engager des actions de sensibilisation, d’information,
d’accompagnement à l’usage des services en ligne
Rendre accessible l’information numérique passe par une médiation humaine.
C’est le rôle que jouent nombre d’animateurs au contact des publics.

Mais cette interpellation est bien plus large, elle concerne l’ensemble des acteurs du service public
local qui ont à prendre en compte cette demande sociale. Les animateurs des lieux d’accès publics
peuvent jouer un rôle de sensibilisation, d’accompagnement pour faciliter cette évolution des
métiers.

C’est dans cette logique qu’une rencontre a été organisée, le 27 juin 2005, à l’échelle d’un
quartier présentant le portail services-publics.fr. Ce type d’action
est souvent le point de départ d’idées, et de projets partenariaux. C’est le cas sur ce quartier, où
des acteurs de l’insertion prévoient avec l’espace multimédia d’accompagner des personnes en
rupture avec l’emploi pour les informer et les former sur les démarches en ligne, l’animatrice exerçant
un rôle de médiation entre l’usager et le service en ligne.

C) Publics éloignés.

Le diagnostic a montré tout l’intérêt du réseau des PAPI brestois pour permettre l’accès d’une
majorité d’usagers mais également l’absence de certains publics parmi les usagers des espaces :
personnes socialement éloignées, personnes en situation de handicap.

Accessibilité des nouvelles technologies par les publics handicapés

Un groupe de travail a été constitué visant à mettre en réseau les associations spécialisées, les
animateurs de lieux d’accès publics à Internet, les services et institutions (la ville et ses services,
le CDDP, le conseil général).

Des formations, informations pédagogiques et techniques (quels outils pour quel type de handicap
 ?) ont été réalisées. Cette première initiative a été suivie d’une visite d’une salle multimédia
dédiée aux personnes handicapées par le groupe.
La mise en réseau des acteurs a été le point de départ d’une dynamique autour de nouveaux
projets : installation d’une synthèse vocale sur Landerneau, création d’une association « défivisu.
com » visant à former les déficients visuels à la synthèse vocale pour leur permettre de communiquer
en toute autonomie via Internet. De son coté, la ville a étendu son réseau d’accès public
(PAPI) au sein d’associations spécialisées dans l’accueil des publics handicapées (Ex. URAPEDA,
Papi équipé de Webcam pour les publics sourds et malentendants)

Actions à destinations des publics socialement éloignées

Cf. II. Impact de l’étude sociologique...

Très complémentaire au diagnostic sur les PAPI brestois, l’étude sociologique réalisée sur un
quartier en zone sensible de Brest au sein d’un espace multimédia permet de mieux identifier les
leviers de l’appropriation des nouvelles technologies par des publics qui en sont éloignés. La partie
qui suit présente l’impact de l’étude sociologique sur les actions mises en oeuvre.

II. Impact de l’étude sociologique réalisée sur le quartier de Kérourien sur les projets de la ville

1.Une étude complémentaire sur le quartier du Valy Hir

En complément de l’étude sociologique conduite sur le quartier de Kérourien, la ville de Brest a
souhaité disposer d’une étude du même type dans un autre quartier populaire, le Valy Hir. L’intérêt
de cette seconde étude, est de disposer d’une analyse complémentaire sur l’animation, les usagers,
les apprentissages dans un quartier également situé en zone sensible. L’approche n’est pas
comparative mais relève d’avantage d’un recueil et d’une analyse de pratiques différenciées.

2.Le projet Internet de Quartier de Kérourien

(Frédéric Bergot, référent Ville sur ce projet)

Avec le réseau d’animation scolaire sur Internet au collège de Kéranroux puis l’ouverture de
l’espace public multimédia à Kerourien et le travail d’animation réalisé, les acteur-ice-s du quartier
ont commencé à découvrir l’intérêt des outils de l’Internet et du Multimédia.
L’espace public multimédia est ouvert depuis 2003.
L’ouverture de l’espace public multimédia de Kérourien s’est inscrit dans la politique municipale
de développement de l’accès au multimédia pour tous dans un souci d’équité d’accès, au service
d’une plus grande citoyenneté, de création ou de renforcement du lien social entre les habitants et
d’une meilleure formation de chacun.

Avec l’ouverture de cet espace, les populations les plus démunies sont particulièrement visées
de manière à ce qu’elles puissent bénéficier des outils nouveaux de communication et d’accès à l’information.
Le point public multimédia de Kérourien constitue un outil au service de la population enfants,
jeunes et adultes, hommes et femmes dans des cadres et perspectives divers :

  • démocratiser l’accès au multimédia dans un quartier dit sensible : découverte de l’outil
  • fédérer autour du multimédia des projets et des partenaires de quartier, lieu d’expression des habitants pour les projets autour du vivre ensemble ( site couleur quartier...), pôle ressource des journaux de quartier
  • permettre aux habitants d’accéder à la formation et à la recherche d’information
  • accompagnement scolaire et aide aux apprentissages
  • lieu de développement des projets lecture-écriture sur le quartier

L’étude menée dans le cadre du projet PSAUME sur le quartier de Kérourien a révélé qu’au
delà des perspectives citées ci dessus, l’espace public multimédia est aussi un lieu de proximité
familier, un lieu créateur de lien social.

L’étude a montré également une évolution dans les usages où les utilisateurs passent petit à
petit de la consommation à la production multimédia.
La place de l’animateur et la façon d’animer l’espace se révèlent déterminantes.
Les résultats de l’étude sur le quartier dans le cadre de PSAUME, et les divers succès rencontrés
en développant des partenariats sur le quartier pour développer des usages dans ou en dehors
de l’espace nous a donné l’envie d’aller encore plus loin.
Et c’est bien pour élargir cet accompagnement sur le quartier que nous réfléchissons ensemble
(professionnels du quartier, associations, institutions) à un projet de quartier autour des usages de
l’Internet et du multimédia en reprenant les perspectives décrites ci-dessus.

Le groupe de travail qui s’est réuni à plusieurs reprises a engagé ou souhaite engager un certain
nombre d’actions.

Pour travailler de manière collaborative, un wiki a été ouvert qui décrit ces actions :
http://www.projet-multimedia-kerour...

15 initiatives ont été mises en avant sur lesquelles les acteurs souhaitent travailler.

  • 1. Accompagnement scolaire
  • 2. Services Publics en ligne
  • 3. Faciliter l’accès Internet dans l’habitat social
  • 4. Favoriser l’expression des adolescents via les outils du multimédia
  • 5. Accompagnement pour la diffusion des logiciels libres
  • 6. Opération Feu Vert
  • 7. Le multimédia au service des personnes âgées
  • 8. Accompagner l’appropriation sociale des appareils informatiques et numériques dans les familles
  • 9. Valoriser les productions multimédia
  • 10. Mener des actions de proximité sur le quartier
  • 11. Encourager l’utilisation du multimédia par les femmes
  • 12. Accès aux droits et à l’emploi
  • 13. Réseau d’Aide à la Scolarité par Internet
  • 14. Favoriser les e-jumelages
  • 15. Coopération des bénévoles pour diffuser l’accès public à Internet et au multimédia

3.Vers la création d’un réseau d’acteurs sur les publics éloignés

L’étude sociologique conduite sur Kérourien, ainsi que l’édition du guide de Créatif sur l’accueil
des publics éloignés dans les réseaux d’accès public ont montré que :

  • les animateurs, les professionnels menant des actions en faveur de publics « en difficulté  » ou éloignés des TIC n’ont pas toujours conscience de leurs compétences par rapport à ces publics et minimisent souvent l’impact de leur action : « je ne fais rien d’extraordinaire2 ».
  • le manque d’échange avec d’autres professionnels ou bénévoles ne contribue pas à valoriser leur action et développe un certain isolement de ces acteurs, dont les pratiques montrent des savoir-faire pédagogiques réels.

- Rencontre entre les projets
Psaume (volet 2) et le projet Internet de rue (Atd Quart Monde)

16, 17 juin 2005 à Méry sur Ois

C’est à partir de ces constats q’un premier rapprochement s’est opéré entre le projet « Internet
de rue »3 conduit par l’équipe d’ATD Quart monde et les partenaires du volet 2 de Psaume (animateur
multimédia de Kérourien, sociologues de M@rsouin, Ville de Brest).

Une première rencontre
s’est tenue à Méry sur Oise les 16 et 17 juin avec pour objectifs :

  • Une présentation par les acteurs de terrain de leurs pratiques auprès des publics en difficultés,
  • Un bilan des rencontres permettant d’envisager la suite de ces premiers échanges de pratiques ainsi que des perspectives de recherche.

- Journées d’étude autour de l’appropriation sociale des TIC
par des publics dits éloignés ou en très grande précarité
Brest, les 25 et 26 octobre 2005

À partir de ce premier séminaire de travail, 2 journées d’étude autour de l’appropriation sociale
des TIC par des publics dits éloignés ou en très grande précarité se sont déroulées à Brest les 25
et 26 octobre à Brest, rencontre pilotée par le département Lussi de l’Enst Bretagne et le Centre
de Ressources Coopératif pour l’Accès Public à Internet du Pays de Brest.

Cette rencontre était
élargie :

  • Aux acteurs brestois menant des initiatives spécifiques en faveur de différents publics (personnes âgées, adultes, jeunes) et dans différents champs (actions intergénérationnelles, insertion professionnelle, sociale...)
  • À des expériences menées sur d’autres territoires (Moulin Habitat, centres sociaux parisiens, Atd Quart Monde...)

Contexte et objectifs de ces rencontres

Au-delà des informations statistiques sur la pénétration de la technologie multimédia dans les
foyers, la connaissance des pratiques et la prise en compte de l’expertise des acteurs de terrain
deviennent des éléments à part entière du travail de recherche, auprès de groupes sociaux ou de
communautés éloignés (ex. SDF, gens du voyage, etc). À ce titre, les chercheurs du département
LUSSI (ENSt-Bretagne, M@rsouin), au cours de leurs travaux et les agents de la mairie de Brest,
dans le cadre de ses actions, ont relevé l’importance que jouaient la prise en compte du facteur
humain, les liens de proximité, la constitution de réseaux et l’intermédiation dans le transfert et le
partage des expériences.

En effet, ce partage d’expériences joue entre les habitants des quartiers, destinataires des actions
publiques, les acteurs de terrain qui aident à la mise en oeuvre des projets, les acteurs de la
politique locale qui adoptent les projets et les chercheurs qui observent ces phénomènes sociaux.
Dans le cadre d’un travail de recherche, mené dans les quartiers de Kérourien et du Valy Hir à
Brest, sur l’appropriation sociale des TIC, la recherche-action et l’observation participante ont été
des révélateurs des pratiques d’acteurs, de leurs réseaux de développement et des modalités de
leur aménagement. Cette démarche a donc constitué une nouvelle configuration d’aménagement
des interactions entre les acteurs.

Parallèlement à des initiatives de recherche du département LUSSI, en vue de mieux comprendre
l’appropriation sociale des TIC par des publics dits éloignés ou en très grande précarité,
l’objectif a été de mettre en place les moyens de fédérer et de mutualiser les connaissances et les
expériences développer par les acteurs de terrain et les chercheurs autour de ces thématiques.

À ce jour, et suite à ces rencontres, voici les perspectives de travail du groupe constitué
avec pour objectifs de :

  • Mettre en commun des expériences, des savoirs, des ressources.
  • Favoriser les croisements d’action et d’analyse entre acteurs et entre acteurs et chercheurs.
  • Produire des outils plus ou moins formalisés pour l’action et l’usage des TIC auprès des plus démunis.

Méthode de travail (propositions)

- 1 Création d’un guide lexical.

Les discussions qui ont eu lieu au cours des 2 journées d’octobre ont mis à jours un certain
nombre de mots-clés qui donnaient lieu à discussion et à controverse.

Pour une bonne compréhension mutuelle, il nous semble pertinent de mettre à la discussion les
différents points de vue.

- 2 Collecte des récits d’expérience.

Il est ressorti que la richesse des expériences des uns et des autres était souvent ignorée et
donc difficile à partager.
En même temps, il semble que c’est sur la base de ces expériences que nous devons à la fois
bâtir les coopérations d’actions, de recherches et de recherche-action.

Il s’agirait de demander à chacun d’identifier une ou 2 situations personnelles, idéalement dès
sa phase préliminaire et de tenir une sorte de journal de bord où serait consigner le parcours de la
personne suivie et accompagnée.

Les points sur lesquels il faudrait porter son attention seraient : les dates, la situation personnelle,
le contexte, les personnes impliquées, les modes d’actions et leurs effets, les difficultés rencontrées
et les solutions (envisagées, trouvées).

- 3 Établissement de fiches de méthodes.

Cette phase serait plus tardive et constituerait la synthèse des 2 phases précédentes.
Elle consisterait à extraire des fiches de travail synthétiques, des pointeurs élémentaires.
Le cadre de travail reste à définir.

III Les apports de l’étude du point de vue des acteurs

1. Le point de vue de l’adjoint au Maire de Brest, Michel Briand

« Le travail d’observation participante menée au sein de l’espace public numérique
du quartier de Kerourien nous a permis de percevoir et de prendre
en compte la richesse des implications humaines apportées par un lieu
d’accueil ouvert sur la quartier et du rôle essentiel de l’animation.
Nous ne sommes plus dans un « équipement pour réduire les écarts » mais
dans la palette des usages inventés par un ensemble d’habitants et d’acteurs
du quartier dès lors que l’animatrice avait su développer une attitude
d’attention aux personnes et aux usages potentiels.
C’est ainsi que le projet d’espace public numérique se transforme en projet
internet de quartier tel qu’il a pu être exprimé dans le chapitre précédent.
La compréhension de cette place essentielle de l’attention aux personnes a
été le déclencheur d’un travail en réseau autour de la précarité. Le séminaire
où ATD quart monde nous a reçu en région parisienne et la réunion
retour avec une quinzaine d’ animateurs impliqués dans l’accompagnement
de personnes en grande précarité a fait beaucoup progressé notre compréhension.
Espérons que le travail en réseau qui émerge de ces rencontres pourra recevoir
les soutien qu’il mérite. »

2. Le point de vue de l’animatrice de l’espace multimédia de Kérourien
 : Régine Roué

« L’étude menée au sein de l’espace m’a permis de prendre du recul par
rapport à ma pratique. Je ne me rendais pas compte du besoin des usagers
de trouver autre chose que de la formation sur le lieu (...) Le lien social est
la priorité des gens, les temps d’initiation sont un prétexte pour partager,
échanger...
Sur le volet écriture des animations, l’étude m’a confortée dans mes orientations
et m’a amenée à multiplier les actions en ce sens ». Cf. résultat de l’étude
Psaume Volet 2.
Par rapport à l’absence de certains publics, des actions spécifiques ont été
mises en place à destination des femmes qui culpabilisaient de laisser leur
enfant à la garderie pour venir à l’EPM. Aujourd’hui des animations, parentsenfants
facilitent la venue des femmes du quartier. Parmi ces ateliers, l’atelier
cuisine/recettes pour les mamans, et la dernière animation en date est
un atelier « doudou » où les enfants ont pu scanner leurs doudous, leurs mains, écrirent leurs noms dans leur langues respectives.
Pour l’avenir, Régine tire plusieurs enseignements des résultats de l’étude :

  • « L’EPM doit continuer à être un lieu convivial, chaleureux, formateur dans tous les sens du terme. Les temps de consultation libres devront être distincts de l’espace avec des bornes d’accès situés en dehors de l’espace. »
  • Le lieu d’accès, aujourd’hui situé dans un appartement est neutre et sans « étiquette ». Pour Régine, cet aspect doit être maintenu alors même que l’espace doit prochainement déménager et intégrer le centre social du quartier.

3. La coopération acteurs/chercheurs, le point de vue du référent
Ville de Brest, Elisabeth Le Faucheur Joncour

« Coordinatrice du réseau d’accès public à Internet sur le pays de Brest, j’ai
été désignée comme référent sur le projet Psaume au titre de la Ville de
Brest.
Les représentations autour des coopérations entre les acteurs de terrain et
les chercheurs font parfois état de difficultés à communiquer à échanger,
chacun évoluant dans un monde que l’autre considère comme radicalement
différent.

De mon point de vue, cette idée ne s’applique pas au projet Psaume où la
coopération entre chercheurs et acteurs de terrain s’est révélée très positive
et constructive.
Des échanges réguliers, dès le démarrage de Psaume ont permis à chacun
de trouver et conserver sa place tout au long du projet. »
« En terme de résultat, le regard des chercheurs sur des actions de proximité
permet aux acteurs de terrain de bénéficier, dans une logique de distanciation,
d’un autre regard sur un objet donné et donc d’améliorer la connaissance
d’un contexte dont ils ne peuvent appréhender qu’en partie la complexité.

En ce sens, différents enseignements sont à retirer d’une part, sur la méthode
de recueil des données de l’étude et la nécessité d’une observation
adaptée à un public évoluant dans un contexte donné (par exemple le choix
d’une approche anthropologique sur Kérourien).
D’autre part, les résultats, montrent que les motivations des usagers répondent
à une demande de lien social, positionnant les outils et la technique
en second plan. Les mécanismes de prises de contact avec les nouvelles
technologies relevant également de cette dimension « sociale ».

L’étude confirme également l’importance de l’animation et du rôle de l’animateur
dans les activités à l’heure où l’animation des espaces pose un réel
problème de financement : pas de participation de l’État, une implication
très hétérogène des régions, des budgets limités des collectivités sur cette
question dans une période de transfert de compétences, et de difficultés
budgétaires.

Enfin, si certains pouvaient s’attendre à retirer de cette recherche des solutions
« toutes faites » et transférables par rapport au modes d’appropriation
des nouvelles technologies par les publics éloignés, la diversité des publics
et de leurs parcours, la singularité des lieux et des médiateurs, rend
l’exercice complexe. Il en ressort néanmoins (et c’est déjà un grand pas)
une méthode d’approche de ces publics, un socle de travail à compléter par
des recherches complémentaires et des échanges de pratiques entre acteurs
de terrain.

En terme d’animation de réseaux d’accès public, il s’agit aujourd’hui de
mettre en partage ces informations, et de les prendre en compte dans les
actions de formation à destination des animateurs, les projets à venir sur les
publics éloignés.

Pour conclure, et de façon plus globale, l’implication de la ville de Brest dans cette étude, relève
d’une volonté forte d’évaluation des politiques et des actions conduites en matière d’appropriation
sociale des nouvelles technologies. L’évaluation, l’observation sont des outils aux services
des décideurs et des acteurs locaux pour réajuster, orienter l’action au plus près du contexte local,
et des populations, pour construire le devenir du territoire et de ses habitants.

Posté le 12 février 2006 par Michel Briand
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Réflexions sur l’écrit public à Brest, enseignement du projet Expert

Un bilan de l’écrit public accompagné et de l’initiative d’une place publique locale

La démarche « écrit public » développée par la ville de Brest au sein du service Démocratie Locale et Citoyenneté est une volonté de favoriser l’expression publique dans la cité par l’utilisation active des outils de l’internet et du multimédia. À côté des politiques publiques centrées sur les services en ligne et le soutien aux entreprises et laboratoires des technologies de l’information et de la communication, c’est ici un accompagnement d’usages dans un souci de lien social, de participation et d’innovation sociale dans la cité qui est proposé.

Cette politique s’inscrit dans la continuité du soutien aux journaux de quartier mis en place depuis une quinzaine d’années sur la ville, de la co-animation avec la Ligue de l’enseignement du collectif de journaux. Les rencontres « Ecrits ecrans publics » de janvier 2006 [1] ont symboliquement croisé ces pratiques d’expression des journaux et de cultures numériques.

Le projet EXPERT a été l’occasion de prolonger cette démarche et d’y d’apporter un regard extérieur source de réflexion pour la poursuite d’une politique publique favorisant l’« expression citoyenne ».

Reprise de l’article publié sur le site du projet Expert

E - X - P - E - R -T
EXpression Publique : État des lieux et Réalisation de Tutoriaux

- Réflexions sur l’écrit public à Brest, enseignement du projet Expert

par Hakima Moussaid, Florence Morvan, Michel Briand, Frédéric Bergot

Autres articles publiés :

- Présentation du projet soutenu par le MRNT

- Les dynamiques locales d’écriture publique sur Brest et Vandœuvre lès Nancy.
L’expérience des Places Publiques Locales

par Olivier Tredan

- Le phénomène des blogs.

par Olivier Tredan et Daniel Thierry

- À qui s’adressent les formations à l’écriture journalistique

par Anne Dhoquois

- Se former à spip : Cahier de brouillon

par Aude Barthélemy

- Expression citoyenne dans la Société de l’information.
Article publié dans le cadre de l’ouvrage "Enjeux de mots : regards multiculturels sur les sociétés de l’information à paraître

par Michel Briand

- Sites hébergés par Infini

par Aude Barthélemy

Après l’accès public, l’écrit public.

L’écrit public à Brest vient après 6 ans de déploiement de PAPIs (Points d’Accès Publics à Internet - 63 actuellement à Brest) visant une appropriation sociale des outils d’Internet dans la ville tant dans la population que parli les acteurs du service public local au sens large (collectivités locales, services d’intérêt général, équipements de quartier, associations...)

Le volet « écrit public » correspond à une volonté de ne pas en rester à un développement de l’usage passif, pour accompagner l’écriture locale, source possible d’autonomie de reconnaissance des personnes, de lien social et de participation à la vie de la cité. La toile du web étant par nature publique, ainsi est née l’expression « écrit public ».

Le projet Expert s’est intéressé au volet écriture centré sur la publication par Internet (en utilisant SPIP), axe essentiel du développement soutenu par la ville de 2002 à 2005. En parallèle, les médias d’expression numériques se sont diversifiés. L’appel à projet annuel sur les usages [2] qui constitue un levier de l’accompagnement a ainsi mis en valeur le développement des vidéos en 2004 puis celui des radios en 2005.

La rencontre « écrits écrans publics » évoquée plus haut constituant là aussi une vitrine de cette convergence des pratiques autour d’un écrit public devenu aujourd’hui multimédia.

En parallèle avec la démarche précédente sur l’accès public la ville a eu le souci d’accompagner la diffusion des usages de l’écrit public (c’est à dire à ce moment de publication sur le Web) dans le réseau des acteurs au sein de la ville.

Le projet EXPERT s’est inscrit dans cette démarche
- en renforçant le dispositif de formation
- en accompagnant le projet de place publique locale
- et en permettant un regard extérieur critique sur la démarche engagée.

1 L’axe de la diffusion accompagnée de l’écrit public.

Le premier axe est constitué du dispositif d’ateliers mis en place en partenariat avec Anne Dhoquois du magazine Place publique et Aude Barthélémy de l’association Infini pour accompagner l’appropriation de l’écrit par la publication sur le Web.

Nous avons fait le choix d’accorder une place importante dans ces ateliers aux règles d’écriture de type journalistique : rédiger une brève, titrer un article, réaliser une interview... dans la lignée de l’approche publication retenue pour l’écrit public.

Ceci correspond aussi à une phase d’appropriation de ces outils facilitant l’écriture sur le Web sans connaissance de langage et de syntaxe informatique qui se diffuse dans les réseaux de l’internet citoyen en France entre 2000 et 2004 en amont du mouvement des blogs : réseau de l’Internet Citoyen Créatif et coopératif « I3C » ( 2000), Rencontres Remicsà Bordeaux (2001) , rencontres I4C à Brest (2002), Forum des usages coopératifs à Brest (2004)...

La ville de Brest se caractérisant dans ce mouvement par une volonté de diffusion locale à l’échelle d’un territoire de ces pratiques dans la ville.

Les ateliers mis en place.

La formation à l’outil, indispensable, n’a constitué qu’un quart des séances, pour une moitié à cet accompagnement de l’écrit. Elle continue à être proposée dès qu’il s’agit par exemple d’un nouveau projet de site ou d’élargir le nombre de rédacteurs d’un magazine.

Le dernier quart a été l’occasion d’ouvertures aux questions techniques (développement des architectures de site) et aux questions de droits associés aux contenus avec notamment un important travail d’information et d’appropriation autour des contrats « Creative Commons ».

Dans ce dispositif d’écriture la dimension participative est importante. Au sein de la ville ces outils ne sont utilisés qu’au sein de délégations et de services ayant fait le choix de cette démarche : conseils de quartiers, projet éducatif local, citoyenneté et nouvelles technologies. Dans les associations, nous retrouverons cette démarche participative [3] à côté d’une utilisation de la publication comme outil pratique et peu onéreux de communication et d’information.

Le projet EXPERT a ainsi permis de renforcer cet accompagnement pour proposer 3 types de formations (de 2003 à 2005) :

- écrit journalistique :

  • techniques journalistiques
  • éditing
  • interview, brève, angle, mode de traitement
  • portrait
  • conférence de presse
  • charte et ligne éditoriale
  • reportage

- ateliers spécialisés :

  • les blogs,
  • squelettes, graphisme et Web,
  • EPN Admin,
  • Wikipédia,

- la propriété intellectuelle à l’heure du numérique avec des débats sur :

  • la liberté de télécharger sur Internet existe-t-elle ?
  • le phénomène des blogs,
  • le droit à l’image, principes et précautions
  • le droit d’auteur
  • licence Creative Commons,

- initiation à l’utilisation de l’outil SPIP (co-publication),

- de multiples sessions tant globales que la ville (à raison d’une formation par mois) que locale sur des projets spécifiques à une organisation oui un groupe d’acteurs locaux).

Le public

Durant cette période ce sont plus de 200 personnes qui ont participé au moins une fois à ces ateliers. Il s’agit plutôt d’acteurs de la vie locale évoluant dans des associations autour de la solidarité internationale, du multimédia, de la vidéo, de la publication (journaux de quartier), des loisirs. Mais aussi de professionnels du service public (mairies, CAF, bibliothèques, animateurs multimédia).

Le retour des ateliers

La plupart des participants avaient déjà un projet d’écriture, associatif ou professionnel. Ils venaient avec une demande bien précise : apprendre à écrire, communiquer, apporter une parole compréhensible.

D’autres, qui savaient déjà écrire, avaient pour objectif d’améliorer leur écriture.

Enfin, certains qui avaient des problèmes avec l’écrit, cherchaient par le biais de la formation à se réconcilier avec l’écrit. Il s’agissait alors là d’une initiative personnelle. Mais pour l’ensemble, il ressortait un réel plaisir d’écrire...

La participation à ces formations était relativement importante (jusqu’à 28 participants !) Elles se sont diluées en 2005, pour aller vers une demande plus locale : site de quartiers, demande d’un journal, d’une association, d’un service... Peut-être avions-nous fait le tour des thématiques ?

Le nombre de sites hébergés par l’association Infini, le développement de nombre de magazines, le réseau de rédacteurs au sein des associations et des quartiers constitue un premier résultat concret de cette politique d’accompagnement.

La diffusion d’autres modes d’expression multimédia, la baisse des demandes sur l’écrit journalistique, les besoins en proximité nous amènent à redéployer notre accompagnement.

Perspectives 2006. Vers des formations « à la carte »

Ces formations qui étaient données au sein de la mairie, sont maintenant réalisées dans les quartiers, au plus près des habitants ou suite à une demande précise comme par exemple former les nouveaux conseilles de quartier.

Ces formations de proximité permettent ainsi de toucher ceux qui ne vont pas d’eux mêmes à une formation tout public ou pour qui la démarche de sortir de son lieu de vie est encore difficile. Ces formation se font alors « à la carte » en rapport direct avec le projet de quartier. L’accompagnement est ainsi plus individualisé et l’implication des services plus importante.

Quelques exemples :

- l’accompagnement au site de la MPT du Valy hir,
- l’accompagnement du journal couleur-quartier,
- le projet de journal papier et sur le Web du conseil local de la jeunesse (des formations à l’écrit journalistiques ont déjà été données),
- le projet de création de site Internet de quartier d’une association (accompagnement journalistique et techniques de création de site Web),
- l’accompagnement à l’écrit des conseillers de quartiers (formations à l’écrit et des formations à l’outil de co-publication - existence d’un journal des conseils de quartier-),
- des projets autour de la mémoire de quartier (formations à l’écrit et des formations à l’outil de co-publication - Mémoires de Saint-Pierre).

Apport du projet sur cet axe de la diffusion de l’écrit public

En proposant des formations à l’écrit et aux outils de publication le projet EXPERT a renforcé le réseau d’acteurs impliqué dans cette appropriation de l’écrit publié sur le web, base d’un élargissement des pratiques autour d’autres modes d’expression multimédias. C’est justement à la conclusion d’Expert que s’est tenue la rencontre « écrits écrans publics - Les expressions multimédias dans la ville » des 25-26 janvier 2006.

Ces deux journées ont rassemblé 200 acteurs brestois et au-delà -Paris, Nantes, Rennes, St Malo, la Belgique- de l’écrit public sous toutes ses formes : journaux de quartier, carnets de voyage, publications sur le Web, vidéos de quartier, TV associatives, radio, webreportage, blogs, photo...

Cette rencontre a permis de faire se croiser les différentes formes de l’écrit public utilisées par les uns et les autres autour de stands d’expositions, d’ateliers et de conférences/débats sur des sujets tels que :

- « pourquoi les gens écrivent ? »
- « panorama de l’art numérique en France »,
- « l’expression des jeunes, blogs et podcasting »,
- « comment le travail des écrivains a-t-il été influencé par l’arrivée des outils multimédia ? »
- « l’écriture collective, une écriture contemporaine »
- « quelle diffusion pour les réalisations locales ? »

Le projet EXPERT a aussi permis de s’interroger sur la place de l’écrit public à Brest. Il a été l’occasion de faire un état des lieux des projets liés à l’écrit public à Brest et plus largement de l’expression publique à Brest.
2 L’axe Place Publique Locale Brest.

La ville entend favoriser un apprentissage de l’écrit public qui donne à voir les activités des uns et des autres, met en relation, dynamise le débat public. Apprendre à écrire avec le multimédia sur le web avec la photo, l’image ou la musique sont des habilités des moyens de communiquer dont le service souhaite faciliter l’accès à tous.

À Brest il existe une forte dynamique autour de l’écrit à travers différents réseaux :
- un collectif regroupant 15 journaux de quartier,
- une rencontre annuelle des journaux de quartier,
- des points lecture-écriture dans les quartiers,
- une rencontre annuelle autour des carnets de voyage,
- un festival du conte,
- des écrits locaux comme « au pied de ma tour »...

... qui se prolonge aujourd’hui par une dynamique utilisant Internet et le multimédia : webtrotteurs des quartiers, webtrotteurs des lycées : 200 jeunes des 3 lycées professionnels et général de la cité scolaire de Kérichen)... D’autre part, après l’accès public accompagné, la Ville de Brest soutient depuis 2002 ans une appropriation de l’écrit public sur le Web (cf supra). En deux ans, les pionniers ont laissé la place à de multiples initiatives qui se tissent au fil des ateliers spip, des formations à l’écrit journalistique ou des rencontres des journaux de quartier avec le souci de l’expression des personnes plus éloignées du multimédia.

2 Le projet de Place Publique Locale

L’association Place Publique, représentée par Anne Dhoquois, rédactrice en chef du site, propose aux collectivités locales son expertise pour mettre en oeuvre une dynamique citoyenne à travers la création d’un portail Internet local, la Place Publique Locale. La démarche d’écrit ublic a été retenue dans le cadre de l’appel à projet de juillet 2003 du ministère de la recherche. Une des actions proposées en collaboration avec Place Publique, la Ville de Vandeuvre et le groupement de recherche sur les usages M@RSOUIN était de créer cette Place Publique.

La Ville souhaitant favoriser l’expression citoyenne et la coopération entre acteurs locaux a proposé de mettre en oeuvre sur la ville de Brest un site Place Publique Locale brestois.

Les intentions :

« Un site Internet, au service d’une communauté, d’un pays ou d’un territoire, est un vecteur de développement local. Internet au service de la communauté permet de renforcer les liens entre les habitants et de mettre en valeur la richesse locale. »

Ce site apporte :

- de l’information (un journal en ligne comprenant des portraits, des brèves, des reportages, mise à jour par les acteurs locaux et notamment les habitants, etc.) ;
- un descriptif des initiatives citoyennes locales proposé en auto-publication puis validé par un comité éditorial composé des différents acteurs de la ville (représentants de citoyens, agents municipaux, membres d’associations, animateurs, etc.) ;
- une boîte à outils « vie pratique locale » comprenant des informations sur la création d’associations, les partenaires financiers et institutionnels, les communiqués de presse des associations locales, etc.

Place publique proposait une méthodologie pour la mise en place d’un tel projet :

- la conduite du projet par un acteur extérieur à la collectivité. Ce regard extérieur que Place Publique propose d’apporter est capital dans la mise en place et l’appropriation par les citoyens d’un nouvel outil de communication. La reconnaissance de l’action de Place Publique, et son engagement dans la société civile, devient un gage de visibilité et de qualité,

- la création d’un site "Place Publique locale" sous SPIP, logiciel libre d’édition coopérative très facile d’accès et permettant de développer une cohérence dans la démarche tant sur la technique que sur les contenus,

- l’application d’une méthodologie de co-production de l’information. C’est à travers l’appropriation de l’information par les citoyens que le projet de Place Publique locale prend tout son sens. La co-production de l’information s’accompagne donc d’un repérage rigoureux des intervenants, de la mise en place d’un comité éditorial composé des différents acteurs de la ville ou encore de l’élaboration d’un processus de validation du contenu,

- la mise en place de modules de formation. C’est dans un souci de formation constante aux techniques du journalisme, que les porteurs locaux du projet pouvaient s’approprier l’écrit et devenir le relais des initiatives locales auprès du plus grand nombre de citoyens,

- la mise en place d’une charte de respect et d’engagement sur un certain nombre de principes déontologiques pour favoriser la création d’un "label" de qualité,

- la mise en place d’un réseau national ou régional des bonnes pratiques. L’application d’une méthodologie commune à plusieurs villes et la création de sites " similaires " favorisant ainsi l’instauration d’un réseau des Places publiques locales,

- la mise en place d’un accompagnement personnalisé. L’objectif à terme était que chaque Place publique locale serait autonome, l’équipe de Place publique assumant sa mise en place et l’accompagnement nécessaire, variable selon les communes.

La mise en œuvre du projet

L’organisation d’une première réunion en février 2004 réunissant le partenaire Place publique, l’élu en charge de la citoyenneté et des nouvelles technologies, le responsable du service Démocratie Locale et citoyenneté, la chargée de projets concernant l’expression des habitants a permis de :

  • présenter le projet Place Publique Locale ;
  • relater leur expérience sur la ville de Vandœuvre ;
  • lister les différents partenaires qui pourraient intervenir dans le comité éditorial ;
  • lister les différents réseaux qui pourraient être inviter à la première conférence de rédaction ouverte ;
  • aborder la refonte du site pour Brest ;
  • aborder le budget du projet ;
  • élaborer un échéancier à court terme afin de sortir le premier numéro du magazine pour l’été.

Définition d’un plan d’action

La conduite du projet est assurée par :

  • Anne Dhoquois, rédactrice en chef de place Publique, pour l’animation du comité éditoriale et de la conférence de rédaction,
  • Florence Morvan, pour l’animation du réseau local,
  • le comité éditorial pour lequel ont été sollicités le collectif des journaux de quartier, le Conseil Local de la jeunesse, Ligue de l’enseignement (FOL), Maison Pour Tous.

(voir le schéma sur l’article

Mise en place d’un comité éditorial

Le comité éditorial était composé d’acteurs locaux représentatifs de différentes actions, de quartiers divers, de structures existantes... :

  • un membre de la FOL,
  • un membre du conseil local de la jeunesse,
  • un membre de l’équipe des webtrotteurs des lycées,
  • Jean-Paul Cosme, médiateur du livre à la MPT du Valy Hir, qui mène des ateliers d’écriture avec les habitants au pied des tours des HLM.

Le comité gérait le contenu du site Internet en construction, Place publique locale Brest, média d’expression citoyenne sur la vie locale. A terme, le comité devait évoluer en direction, par exemple, de l’office des sports, de participants à un conseil de quartier... La responsabilité éditoriale, étant, dans la cadre d’un initiative portée par la ville assurée par l’élu en charge du dossier, Michel Briand, Adjoint au Maire de la Ville de Brest.

Le comité éditorial était en charge de valider les articles proposés pour enrichir ce site sur la vie locale brestoise. Il validait en fonction de différents critères : la charte des places publiques locales (texte pouvant être remanié selon les souhaits du comité éditorial), la territorialité, la ligne éditoriale, la déontologie, etc.

Organisation de conférences de rédaction ouvertes

Régulièrement, des conférences de rédaction ont été organisées réunissant le comité éditorial et des rédacteurs volontaires (personnes ayant bénéficié des formations Ecrit public, membres des journaux de quartiers, réseaux des uns et des autres, etc.)

Ces conférences de rédaction permettaient aux uns et aux autres de proposer des sujets ; ces derniers étaient discutés, affinés et une date de bouclage était alors proposée. Le comité éditorial intervenait en aval sur les articles proposés.

Les rédacteurs qui le souhaitaient pouvaient avoir un compte de rédacteur et un mot de passe sur le site leur permettant de proposer à la publication directement leur papier. Ceux qui n’étaient pas encore habitués à l’outil pouvaient envoyer leur article par mél au service Démocratie Locale et Citoyenneté de la ville.

Formation aux outils de co-publication et à l’écriture journalistique.

L’outil utilisé pour le site était l’outil de co-publication spip. Les personnes non usagers de cet outil étaient invitées à participer aux formations proposées chaque mois par le service Démocratie Locale et Citoyenneté et Infini. Par ailleurs, la ville organisait tous les mois des formations à l’écriture journalistique (comment rédiger une brève, un article, un portrait,...) Ces formations étaient ouvertes à l’ensemble des acteurs locaux.

Quelques éléments de bilan

Quatre numéros sont parus durant un an. L’implication de salariés de la ville, de la Fédération des oeuvres laïques indispensables au démarrage n’a pas été suffisant pour créer un courant d’intérêt de la part de bénévoles prêts à s’impliquer dans ce projet.

Le comité éditorial n’a pas su agréger des personnes issues des instances sollicitées ; journaux de quartier, conseils de quartiers, conseil de la jeunesse, associations. L’implication d’une rédactrice du journal de Bellevue a constitué une exception et non le modèle attendu interrompu pour ce qui la concerne pour des raisons personnelles.

Le projet s’est arrêté en septembre 2005 suite à une réunion du comité de rédaction devant la difficulté de trouver de nouveaux rédacteurs. Il est possible aussi que plutôt qu’un élément déclencheur, la multiplication des initiatives autour de l’expression sur Internet à Brest (n’est été une difficulté pour la création d’un lieu supplémentaire qui se voulait fédérateur (web TV, Web radios, webreporters, sites de co-publication, wikis, Blog, agenda d’INFINI, Télévision générale Brestoise, Couleur quartier, Site de la MPT du Valy Hir, Parlons-en)...

La charte de Place Publique qui demande d’écrire sur les autres plutôt que sa structure, son projet (désir d’empêcher l’auto-promotion) est aussi une contrainte pour les rédacteurs.

3. Points de vue sur le projet Expert.

Le point de vue de Pierre-Yves Brouxel, agent de développement dans une mairie de quartier.

« J’ai été associé au projet Place Publique Brest comme lien entre la Ville et les Conseils Consultatifs de quartiers mis en place à l’été 2003.

La volonté de la Ville sur ce chapitre a été à la fois de faire participer les habitants à la vie des quartiers par l’intermédiaire des Conseils et de rendre compte de leur activité en publiant sur le site : http://www.participation-brest.net, les comptes rendus de leurs travaux. Ce mode de rendu, souvent rédigé de manière administrative, n’offrait pas complètement la possibilité aux conseillers de quartier de faire part de leurs expériences, de leurs projets, de leurs envies.

Le projet place publique dans sa dimension magazine pouvait être un complément intéressant comme lieu d’expression élargie à d’autres acteurs, à d’autres contextes, à d’autres projets.

Ma participation devait être transitoire. Je commençais à faire le lien pour laisser dès que possible ma place à un ou à des membres de conseils de quartier. Des formations à l’écrit leur étaient proposées ainsi que des modules de découverte d’expériences ou de réflexions sur la place de l’outil internet dans la participation des habitants. Cette envie de faire place à des habitants dans le comité de rédaction de Place Publique Brest ne s’est pas concrétisé durant la période de fonctionnement du magazine.

De même que pour le site « participation » ou pour « La lettre des conseillers », ma première difficulté a été d’amener des personnes à écrire. Il n’y a guère de spontanéité en la matière (à de rares exceptions près) et il est souvent nécessaire de solliciter des personnes sans pour autant les amener à écrire à coup sure. Il y a eu quelques contributions mais finalement peu au regard du nombre de personnes investis dans les Conseils de quartier. L’écriture n’est pas chose aisée, les personnes sollicitées ne pensent pas qu’elles ont des choses intéressantes à échanger ou qui peuvent intéresser quelqu’un ici ou ailleurs.

La seconde difficulté semble résider également dans l’outil en lui-même. L’utilisation d’Internet comme support d’un magazine mais aussi comme vecteur d’informations locales ne semble pas encore emporter l’adhésion de beaucoup de conseillers. Alors que le nombre est grandissant de personnes utilisant le courriel pour leur communication avec la mairie, peu d’entres eux se sont inscrits à la news letters du site « participation ».

Au-delà de ces difficultés, qui ne sont pas propres à l’expérience « Place Publique Brest », l’intérêt à mes yeux du travail mené a été l’ouverture et le lien avec d’autres acteurs de la ville : web trotteurs, journaux de quartier, habitants, ... Je pense notamment à la concrétisation d’une idée émise lors d’un comité de rédaction de faire travailler plusieurs quartiers sur une même action « Téléthon ». Je pense également au travail des web reporters sur les « Renc’art » ...

J’ai également trouvé intéressant l’idée de liens avec d’autres « Places Publiques locales »

Mais, j’ai ressenti cette stimulation au sein de l’équipe, je ne suis pas sure qu’elle ait véritablement débordé au-delà.

Le point de vue de Hervé Lestideau, de la Ligue de l’enseignement/FOL 29, sur l’expérience Place Publique Locale.

« Le projet de Place Publique locale à Brest était une action intéressante, dont le seul défaut notable est qu’elle n’a pas fonctionné. Le nombre des articles publiés sur toute la durée du projet, si l’on enlève les contributions des professionnels et les republications, ne suffirait pas à remplir un numéro d’un journal de quartier.

Pourtant les moyens ne manquaient pas, ni en terme de formation, ni en terme d’accompagnement. Le mode d’organisation était intéressant, le fonctionnement du comité éditorial aurait pu être passionnant, s’il y a avait eu quelque chose à éditer.

Une telle organisation au service d’un projet d’expression d’habitants aurait sans doute pu devenir quelque chose de formidable.

L’accompagnement du comité éditorial par une journaliste professionnelle habituée à la formation pouvait être extrêmement intéressant pour beaucoup d’équipes rédactionnelles. Mais ici le projet n’existait pas :

- personne n’avait envie d’écrire sur ce site. (Si, pour être honnête, il y a bien eu une personne.)
- certains ont consenti à écrire un article, quelques-uns l’ont même fait, mais personne ne s’est approprié ce site qui est resté au mieux celui "de la Mairie", au pire celui "de Place Publique", en tout cas pas celui des brestois.
- brestois qui, pour beaucoup, avaient déjà assez de mal à trouver l’énergie pour alimenter leurs propres publications.

La charte graphique, pour finir, n’a sans doute pas contribué à susciter des vocations de rédacteurs ou de lecteurs. »

Le point de vue de Frédéric Bergot, responsable du service Démocratie Locale et Citoyenneté de la Ville de Brest, sur le projet Expert.

« Comme présentée dans le rapport, la Ville de Brest a engagé une démarche d’accompagnement à l’expression des habitants par l’écriture dès 2002.

Dans le cadre du projet, notre rôle à la ville était d’accompagner le projet, de faciliter les échanges, de mettre en réseau l’équipe de recherche de Marsouin et les acteurs sur le terrain.

De ce projet nous avons pu tiré nombre d’enseignements.

Grâce à l’action municipale forte d’accompagnement à l’écriture, nous avons généré une dynamique sur la ville autour de l’expression des habitants. Ainsi, les sites Internet de co-publications et les projets autour de l’expression publique se sont multipliés. Cependant, le fait d’avoir une observation extérieure nous a permis de prendre du recul et conscience des limites de notre démarche autour de l’écrit public. Le fait de passer à l’écriture en ligne reste encore un acte difficile pour bon nombre de personnes. Les projets sont souvent portés par un ou deux individus dans les associations, projets qui peuvent s’éteindre après le départ de ces personnes moteurs.

Le travail d’étude sur les blogs en Bretagne, nous a incité à prendre en compte ce phénomène d’actualité pour lequel à la Ville nous étions encore assez éloignés. Ainsi lors de la rencontre « écrits-écrans publics », nous avons souhaité organisé des échanges autour de ce concept. La Ville envisage de pouvoir accompagner cette forme d ’écriture en proposant prochainement un service de plate-forme de blogs en lien avec l’association Infini afin de ne pas laisser ce champ de d’activité uniquement aux opérateurs privés.

C’est sur ce point aussi que le projet Expert aura été un enrichissement. Le dialogue engagé avec Olivier Trédan ( M@rsouin ) nous a aidé à avancer sur les questions difficiles de l’expression publique.

Nous avions initialement conçu la démarche « écrit public » comme un prolongement de l’action sur l’accès public. Mais la diffusion a été différente : dans les services publics, permettre à chacun-e d’écrire sur le Web est une façon de fonctionner éloignée des pratiques ordinaires fortement marquées par un fonctionnement hiérarchique et un cloisonnement de l’information. Très peu de villes se sont impliquées dans un mouvement analogue à l’écrit accompagné alors que l’accès public est devenu un champ d’intervention répandu en France.

Nombre d’associations ont utilisé les outils proposés dans cette démarche mais il faut assumer la modestie d’une politique publique locale quand on voit l’essor spontané des carnets semi-publics semi-privés que sont les blogs de jeunes.

Je serai plus nuancé qu’Olivier Tredan sur le caractère « contraignant » de l’écrit journalistique ou du moins je reste persuadé, peut-être par attente personnelle aussi, qu’il correspond à un besoin d’une partie des acteurs, même si d’autres formes d’expression sont à développer également. Cet élargissement a été intégré dans la politique publique avec la mise en place depuis deux ans de formations à la vidéo légère pour les animateurs de quartier ou des cybercommunes, le développement d’une plate-forme de publication vidéo et la création d’un groupe sur les radios numériques, (la mise en place d’un serveur de blogs a aussi été proposé à l’’association Infini).

Plusieurs textes ont été écrits pour rendre compte de cette démarche d’écrit public dans la ville dont celui publié par « Enjeux de mots » 1 en quatre langues lors du Sommet Mondial de la Société de l’information..

Comme l’accès public a eu l’effet second de diffuser l’ouverture aux outils d’internet dans les services publics locaux, la démarche écrit-public a contribué à élargir le réseau des personnes concernées par l’expression publique, au sein des réseaux associatifs et de service public.

Le succès des rencontres autour de l’écrit public nous conforte dans l’intérêt de prendre en compte une large gamme de mode d’expressions tant sur les formes (carnets, blogs, haiku cartoons..) que dans les médias utilisés (vidéo, audio, journaux, Web ..).

Et au terme de ce travail sur l’écrit public nous ressentons le besoin de prolonger la réflexion sur les conditions de l’expression publique dans la cité. Les nouvelles initiatives de co-production d’’une encyclopédie-atlas carnet « wiki-brest » au pays de Brest, de travail sur les mémoires offrent de nouveau champ d’études à parcourir. »

Rédaction : Hakima Moussaid, Florence Morvan, Michel Briand, Frédéric Bergot

Posté le 12 février 2006 par Michel Briand
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Evaluation du dispositif d’accès public à Brest : analyse et propositions d’évolution des papis

Article publié sur a-brest et présentant la démarche globale d’évaluation coordonnée par Elisabeth le Faucheur.

Pour lire les documents attaché se reporter à l’article http://www.a-brest.net/article1105.html

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Merci en cas de republication de tout ou partie de mentionner le site d’origine http://www.a-brest.net et ce contrat.

Depuis 5 ans l’usage des appareils numériques du son, de l’image ou du texte s’est diffusé dans la population (CD, DVD, photo et vidéo numérique, console, ordinateur). Les téléphones mobiles sont plus nombreux que les postes fixes. L’usage de l’Internet s’est répandu par ses applications dans l’entreprise, les loisirs, les jeux, l’éducation, les services aux habitants...

Malgré une communication médiatique forte, les outils de l’Internet, ne sont encore utilisés que par un tiers de la population. Pour quelques années encore, rechercher une information sur le Web, envoyer un mèl, créer un site, demandera des habiletés, une pratique du clavier, une lecture de l’écran qui relèvent de l’écrit, d’une culture de l’information inégalement partagée.

La banalisation de l’Internet génère un sentiment d’exclusion parmi la moitié de la population qui n’a ni accès, ni usage. Nombre de personnes laissées à côté de cette évolution sont aussi celles et ceux qui sont moins à l’aise avec l’écrit et l’éducation, ou vivent une situation d’isolement ou de précarité.

Les importantes inégalités d’usages entre groupes sociaux, les coûts d’accès, l’inégalité des territoires, la situation périphérique de Brest et de la Bretagne, la volonté de développement autour des technologies de l’information, justifient une action des collectivités territoriales en matière d’infrastructures et de développement des usages.

Avec la volonté de limiter cette exclusion, la ville de Brest et la région Bretagne ont choisi, dès 1997, de s’impliquer dans des politiques d’appropriation sociale des Technologies d’information et de Communication par le plus grand nombre.

Brest a ainsi mis en œuvre une politique d’accès public à Internet en même temps qu’elle s’impliquait dans un réseau métropolitain de télécommunication, intégré au réseau de services à haut débit Mégalis initié par la région.

La ville a choisi de privilégier l’accès accompagné de proximité au sein des PAPI : Point d’Accès Public à Internet en équipant les lieux ordinaires d’accueil du public à Brest. Progressivement et à leur demande, bibliothèques, équipements de quartiers et lieux associatifs ont intégré un usage ouvert de ces outils aux Brestois.

Six ans après la création du premier Point d’Accès Public à Internet sur Brest, et après un premier diagnostic conduit en 1999, cette nouvelle observation du dispositif doit permettre de :

- Développer une connaissance partagée de ce dispositif par les acteurs locaux et institutionnels,

- Favoriser une réflexion prospective en matière d’adaptation et d’évolution de la politique d’accès à partir des constats et analyses présentés dans les pages qui suivent.

La réalisation de ce diagnostic s’inscrit dans le cadre du Centre de Ressources Coopératif Multimédia du Pays de Brest conçu et réalisé par les acteurs de l’accès public. Au concret, le dispositif est observé sous deux angles :

- Les PAPI, leurs équipements, leurs fonctionnements, l’animation,

- Les usagers et leurs pratiques du PAPI et des Technologies d’information et de Communication.
Les données analysées au sein du présent document, sont issues d’une observation menée en trois étapes :

1. Une enquête [4] réalisée auprès des structures sur les équipements, leurs fonctionnements. Les données recueillies en Janvier 2003, ayant fait l’objet d’une présentation en décembre 2003 auprès des adjoints au Maire de Brest, ont été intégrées et croisées avec les deux autres enquêtes réalisées.

2. Une seconde observation (réalisée de décembre 2003 à mars 2004) menée auprès des animateurs et structures accueillant les Points d’Accès Publics à Internet, sur les activités et animations proposées par les structures, leurs moyens humains, leurs règles de fonctionnement et leurs projets.

3.Une dernière enquête diffusée auprès des usagers des PAPI via les animateurs, médiateurs de l’accès public, l’objectif étant de mieux connaître les usagers du dispositif, et d’identifier leurs pratiques des nouvelles technologies au sein du réseau brestois. Cette investigation a été menée durant les mois de novembre et décembre 2003.

Le traitement des données et les analyses produites ont été réalisés par :

- Elisabeth Le Faucheur Joncour, Coordinatrice du centre de ressources coopératif pour l’accès public à Internet et au multimédia en Pays de Brest, ainsi que par,

- Philippe Cazeneuve, consultant, auteur de plusieurs études sur l’accès public, qui a plus particulièrement travaillé sur le volet animation et ressources humaines des espaces.

Ce double regard croisé sur les données brestoises aboutit à une présentation de l’évaluation en 3 points :
1. Le dispositif d’accès public à Internet : les espaces, leurs fonctionnements, l’offre d’activités et de services

-  Synthèse : L’offre d’accès public à Internet à Brest

2. Les usagers des PAPI : présentation des usagers, leurs pratiques, leurs demandes...

-  Synthèse : La demande et les pratiques des usagers des PAPI

3. La présentation d’éléments d’analyse et de discussion à destination des institutions et acteurs locaux.

-  Synthèse : Les propositions et éléments de discussion

Le partage de cette connaissance du dispositif brestois par les acteurs locaux, autre étape de cette démarche du diagnostic, doit permettre l’émergence de propositions d’action en matière d’adaptation et d’évolution de la politique d’accès public à Internet.

Lien hypertexte: L’article original
Posté le 20 décembre 2004 par Elisabeth Le Faucheur Joncour, Michel Briand
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