Enquêtes d’évaluation

Des rapports, enquêtes et Compte-rendus d’évaluation de programmes et d’actions menées dans des territoires.
Vers une enquête quantitative et prospective

Les déterminants d’usage des TIC par les citoyens fragilisés au sein de leur lieu de vie

par Myriam Le Goff-Pronost et Jocelyne Trémenbert

Ce travail fait suite à un appel à projet lancé en juin 2007 par le Conseil Général des Technologies de l’Information du ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie sur "la réalisation d’un recensement et d’une analyse globale d’études effectuées sur l’emploi des nouvelles technologies de l’information et de la communication par les patients dans leur lieu de vie"

Un article publié par Marsouin, laboratoire des usages en Bretagne et repris du site http://www.marsouin.org/

Accéder à l’article sur le site de Marsouin

Finalité
La finalité de la mission était ainsi résumée par le CGTI :
« Ce présent contrat fait suite à un recensement et à une analyse globale d’études réalisées sur l’emploi des TIC par les patients dans leur lieu de vie.
Ce premier travail d’investigation sur l’emploi des TIC dans les lieux de vie des patients permettra au conseil général des technologies de l’information (CGTI) de repérer un ensemble de variables susceptibles de caractériser la demande et d’en anticiper l’évolution.
L’opportunité et la faisabilité d’une enquête annuelle spécialisée dans ce domaine, en complément de l’enquête conduite depuis quelques années sur l’utilisation des TIC par les ménages, reste à confirmer. Ceci nécessite un travail complémentaire, à savoir :

- Choisir, spécifier les méthodes d’administration des questions à poser,

- Sélectionner les partenaires publics éventuels pour réaliser l’enquête ».
La question posée est donc celle de l’utilité ou non de proposer une enquête spécifique sur l’usage des TIC par les citoyens fragilisés. Cette enquête aurait pour objectif de mieux cerner les attentes des usagers pour éclairer les industriels sur les marchés potentiels. A cette question, nous nous positionnons pour la proposition d’une enquête spécifique, dont le champ serait l’usage des TIC par tout public dans le cadre de ses activités quotidiennes sur son lieu de vie.

Méthodologie adoptée
Les délais impartis ne nous ont pas permis de finaliser le questionnement de l’enquête. Par contre, nous proposons dans ce rapport une démarche méthodologique plus qualitative comme préambule à la future enquête. Il s’avère indispensable d’intégrer les citoyens fragilisés dans la démarche et pour cela il nous a semblé indispensable de les rencontrer. Cette analyse qualitative reste exploratoire et mériterait d’être approfondie. La volonté de tous est de proposer des services et produits adaptés aux différents types de fragilités en vue de répondre aux besoins de l’ensemble des citoyens sans aucune exclusion résultant de l’inaccessibilité aux TIC. Les concepteurs ou industriels sont ainsi dans une démarche de « design for all »

comme le favorise également l’Europe pour l’accès à la société de l’information par son réseau EdeAN, European Design for All e-Accessibility Network . L’enquête devrait être en mesure de participer à cette démarche en identifier les déterminants d’usage selon le type de maladie, handicap ou selon l’âge de la personne.
La méthodologie adoptée respecte celle proposée par la mission, à savoir deux étapes : une étape d’investigation et une étape d’instruction. Quatre objectifs ont été posés :

1. « Examen des paramètres identifiés ; définition et structuration des champs d’investigation.

2.

Repérage des acteurs en charge d’outils statistiques, en relation avec les instances compétentes pour instruire et

intégrer le cas échéant le questionnement dans des outils existants.

3. Etude des questionnaires pertinents. Localisation des champs de questionnement ; choix du mode d’administration des questions.

4. Formulation des questions ; intégration éventuelle dans un questionnaire existant, alternativement, cahier des charges d’une étude quantitative. Identification des cibles et des voies d’accès pertinentes et acceptables budgétairement. »
Les travaux menés ont permis d’atteindre les objectifs fixés, excepté le dernier où nous ferons des propositions d’indicateurs et non des propositions de questions en tant que telles.
Pour mener à bien ces étapes d’investigation et d’instruction :

- nous nous sommes basés sur les résultats obtenus par M@rsouin et le GET sur l’usage des TIC, notamment sur la thématique de la santé (télémédecine, dossier médical partagé, usage des TIC, maintien à domicile des personnes âgées et handicapées...) ;

- nous avons adapté la méthodologie d’enquête utilisée au sein d’OPSIS, Observatoire des usages de M@rsouin (échantillonnage, choix du mode de collecte, mise en place de questionnaires, exploitation de données....)) ;

- nous avons réalisé un état de l’art de la littérature récente sur la question (les rapports thématiques Alcimed (2007), Rialle (2007), Picard (2007), les actes du colloque ASSISTH 2007, les interventions du séminaire CGTI 2008, Télésanté 2008) et des enquêtes liées à notre thématique TIC/santé ;

- nous avons fait appel au CTNERHI, Centre technique national d’études et de recherche sur les handicaps et les inadaptations, pour mieux cerner au sein des citoyens les publics fragilisés et connaître les démarches méthodologiques appliquées, notamment pour l’enquête HID. Le CTNERHI est Centre collaborateur de l’OMS pour la Classification Internationale du Fonctionnement, du Handicap et de la Santé (CIF). Il collabore avec l’INSEE, la DREES, l’INSERM, l’INED et d’autres organismes à la conception de la nouvelle enquête nationale sur le handicap. Il nous ont fourni des éléments techniques sur les modalités d’approche des situations de handicap à partir :

  • de la Classification Internationale du Fonctionnement du Handicap et de la Santé (CIF) de l’OMS ;
  • de leur implication dans la conception et l’exploitation des enquêtes nationales sur le handicap (HID) et de la nouvelle enquête nationale sur le handicap.


Il nous a également renseigné sur les différentes aides techniques existantes mais il n’a pas encore exploré le champ des TIC.

- enfin, pour nous accompagner dans la mission, nous avons bénéficié du soutien d’un comité d’experts composé de 9 personnes (tableau 1) dont les compétences et les réflexions ont été d’une aide précieuse pour l’orientation des travaux .

Plan du rapport
Ainsi, dans une première partie du rapport, nous présentons la démarche méthodologique adoptée. Dans une seconde partie, nous identifierons les déterminants qui conditionnent l’usage des TIC, mais également les non-usages. Dans une troisième partie, nous opérons un recensement quantitatif des enquêtes existantes afin de faire émerger les thématiques déjà étudiées ainsi que les acteurs concernés. Dans une quatrième partie, nous présentons les spécificités de l’enquête envisagée et dans une dernière partie, nous proposerons un schéma prévisionnel d’enquête.

Posté le 14 septembre 2008
Consulter cet article seul
Appel à projets 2008-2009

Comprendre les comportements des enfants et adolescents sur Internet

...pour les protéger des dangers
La Fondation pour l’Enfance et le Ministère du travail, des relations sociales, de la famille et des solidarités, organisent un appel à projet à destination des associations françaises pour une étude sur le territoire national et européen.

Cet appel à projet doit permettre de financer des études qui, en permettant de mieux comprendre les usages fait par les enfants et les jeunes des TIC, et notamment d’Internet, doit permettre de prévenir les risques potentiel liés à ces usages.

la date de clotûre des dossiers est le 20 octobre 2008.

Le descriptif de l’appel à projet, le dossier complet sur le site de la Fondation pour l’Enfance.

Posté le 22 juillet 2008 par Stéphanie Lucien-Brun
Consulter cet article seul

Géographie de la pauvreté : statistiques 2006 du Secours Catholique

Le Secours Catholique a publié le 8 novembre les résultats de son étude statistique 2006 sur l’état de la pauvreté en France. Ce document présente les principaux constats de l’association concernant les 1 500 000 personnes accueillies l’an dernier par ses équipes.

Cette étude 2006 porte un regard particulier sur l’analyse de la pauvreté en fonction des territoires géographiques.

Ainsi la pauvreté touche plus particulièrement les familles dans les régions Nord-Pas-de-Calais, Champagne-Ardennes, Picardie ou Haute-Normandie. Dans ces régions, le nombre de famille atteint un taux de 60 à 65 % parmi l’ensemble des personnes accueillies alors qu’il n’est que de 43 % en Bretagne ou 47 % en Midi-Pyrénées.

En ce qui concerne le logement, la région Champagne-Ardenne peut se prévaloir d’un parc social particulièrement développé : 60 % des personnes accueillies vivent en HLM, alors qu’en région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), elles ne sont que 20 %.

La pauvreté monétaire est inégalement répartie sur le territoire. Le nombre de personnes accueillies et vivant en dessous du seuil de pauvreté varie de 87,5 % à 90,8 % en Île-de-France, Basse Normandie, Aquitaine ou Rhône-Alpes. Il passe de 92,6 à 95,8 % en Nord-Pas-de-Calais, Alsace, Lorraine, Haute-Normandie, Champagne-Ardennes, Picardie ou Paca.

Ces disparités apparaissent également lorsque l’on compare le taux de Rmistes suivant les régions. Il peut varier quasiment de 20 % de l’une à l’autre.

On dénombre plusieurs régions dans lesquelles le taux d’emploi des personnes accueillies au Secours Catholique est particulièrement faible (entre 10,6 et 16 %) : Nord-Pas-de-Calais, Haute-Normandie, Languedoc-Roussillon ou Limousin. En revanche, l’Île-de-France, le Centre, la Basse-Normandie et l’Aquitaine sont des régions qui offrent une perspective d’emploi plus élevée (entre 18 et 19 %). Cependant les contrats proposés restent précaires (CDD, intérim, saisonnier…), et ne permettent pas d’échapper à la pauvreté.

Pour accéder aux données de cette étude et aux fiches établies par régions :

- CONSULTER LE RAPPORT STATISTIQUE EN LIGNE EN VERSION FLASH
- TELECHARGER LE RAPPORT STATISTIQUE EN VERSION PDF
- CONSULTER LE DOSSIER "PAUVRETE : REGIONS, TERRES D’INEGALITES"

Lien hypertexte: Secours Catholique
Posté le 23 novembre 2007 par Philippe Cazeneuve
Consulter cet article seul

Qui sont les plus gros consommateurs d’Internet, région par région ?

Cette étude compare le nombre de visites Internet provenant des différentes régions françaises, au global et ramené au nombre d’habitants…

Qui sont les plus gros consommateurs d’Internet ?

Extrait :

« Sur la semaine du 23 au 29 avril 2007, nous avons analysé le nombre de visites réalisées par habitant par région. Sur cet indicateur, c’est à nouveau le Limousin qui présente le niveau le plus bas. Nous avons donc indicé son niveau de visites/habitant à 1 pour étudier les niveaux des visites/habitant des autres régions françaises.

Ainsi, pour 1 visite/habitant générée depuis le Limousin :

* 154 visites/habitant sont réalisées d’Alsace,
* 128 de Bourgogne,
* et 122 de Poitou-Charentes

Ces trois régions ne sont donc pas les plus peuplées (respectivement 13ème, 16ème et 15ème en nombre d’habitants) mais bien les plus dynamiques en termes de consommation Internet par habitant. »

carte consommation internet par habitant des régions françaises

Les données complètes de cette enquête surle site de Xiti Monitor

Lien hypertexte: Xiti monitor
Posté le 21 mai 2007 par Philippe Cazeneuve
Consulter cet article seul

L’accès des ménages à bas revenus aux TIC

Commentaires sur une étude de la DREES (Ministère de la Cohésion sociale ...)
La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) - Ministère de l’Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement & Ministère de la Santé et des Solidarités, publie les données d’une étude sur l’accès des ménages à bas revenus aux technologies de l’information et de la communication (TIC).

« Ces ménages ont souvent moins accès aux technologies de l’information et de la communication que les autres ménages.
Ce constat est particulièrement visible dans le cas du micro-ordinateur et de l’Internet, technologies globalement moins diffusées que la téléphonie (mobile ou fixe) ou la télévision.

Les chômeurs et les étudiants, qui sont surreprésentés parmi ces ménages, ressentent des manques spécifiques liés à l’absence de l’Internet. Près de la moitié des chômeurs considère que ne pas avoir l’Internet limite leur recherche d’emploi et trois étudiants sur dix que cela les gêne dans leurs études. »

Pour consulter l’étude :
http://www.sante.gouv.fr/drees/etude-resultat/er557/er557.pdf

A première vue, rien de nouveau sous le soleil pour les personnes qui s’intéressent à l’e-inclusion, les données statistiques utilisées proviennent de l’Enquête permanente sur les conditions de vie réalisée par l’INSEE en octobre 2005 et comportant un volet TIC. Ces données ont déjà été exploitées et analysées par Régis Bigot dans l’étude du CREDOC de novembre 2006 « La diffusion des technologies de l’information dans la société française », commandité par l’ARCEP.

Disponible sur : http://www.arcep.fr/uploads/tx_gspublication/etude-credoc2006.pdf

L’étude insiste sur des écarts d’accès à la micro-informatique et à internet qui s’expliquent en grand partie par le faible niveau de diplôme des ménages les plus pauvres.

Ce qui m’a étonné, c’est que certains sous-titres annoncent le contraire de ce qui est écrit dans l’analyse et des chiffres présents dans les tableaux ...

Cela concerne notamment les justifications données par les ménages non équipés de micro-ordinateur et d’internet. Le chapeau nous annonce que la raison principale est financière, alors que les résultats réels de l’enquête INSEE placent ce critère en troisième position, et que 50 % des ménages non équipés mettent en avant d’abord la complexité, puis la non-utilité.

On peut aussi se reporter à l’étude menée par le laboratoire MARSOUIN « L’équipement technologique des ménages français en 2006 : taux d’équipement, motivations et freins » et dont les conclusions sont publiées ici :
http://www.creatif-public.net/ecrire/?exec=articles&id_article=688

Ce n’est pas la première fois que je constate cette interprétation erronée sur cette question, dans des études pourtant sérieuses. Comme si les commanditaires de ces enquêtes ne voulaient pas entendre les résistances volontaires des non-utilisateurs et préféraient les voir comme des victimes d’une inégalité de pouvoir d’achat.

L’étude insiste sur le fait de ne pas avoir accès aux TIC comme un manque ressenti, alors que les chiffres montrent que 70 % des personnes non connectées à internet à domicile n’en ressentent pas le besoin. Encore une fois, l’histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein !

Pour conclure, une donnée intéressante qui provient de comparaisons européennes faites par EUROSTAT.

Ecart d’accès aux TIC selon le niveau de vie


Micro-ordinateur

Internet

Taux accès

Ecart entre 4e et 1er quartiles

Taux accès

Ecart entre 4e et 1er quartiles

France

56 %

31

41 %

37

Allemagne

77 %

40

67 %

48

Suède

82 %

29

77 %

37

Danemark

85 %

26

79 %

34

(EUROSTAT- enquête 2006 sur l’utilisation des TIC dans les ménages et par les particuliers)

Lecture : en 2006, 56 % des ménages français disposent d’un micro-ordinateur et l’écart d’accès entre les ménages appartenant au 1er quartile de niveau de vie (25 % les plus pauvres) et ceux appartenant au dernier quartile de niveau de vie (25 % les plus aisés) est de 31 points.

On constate que l’Allemagne possède un taux d’accès des ménages au micro-ordinateur et à l’internet,nettement supérieur à celui de la France, mais que les écarts entre les plus riches et les plus pauvres y sont plus élevés qu’en France. Il faut sans doute attribuer cela à la réunification allemande et il faudrait analyser les écarts région par région pour le vérifier.

On ne peut que souhaiter que la France évolue vers un modèle à la scandinave, où la Suède et le Danemark disposent à la fois d’un taux d’accès plus élevé des ménages et d’écarts plus restreints entre les ménages les plus pauvres et ceux les plus riches.

Posté le 17 mai 2007 par Philippe Cazeneuve
Consulter cet article seul