1- Enjeux & débat public

Assises de la médiation numérique - Participation à distance

Les Assises de la médiation numérique qui se déroulent en Corse (Ajaccio) les 19, 20 et 21 septembre prochains sont accessibles à distance !

La Collectivité Territoriale de Corse et de nombreux acteurs dont ceux de l’accès public accompagné à Internet ont souhaité proposer un temps de réflexion, d’échange et de créativité sur le thème des médiations au/avec/par/... le numérique.

Ce temps de travail rassemblera élus, professionnels de l’action sociale, culturelle et éducative, du développement territorial, de la formation tout au long de la vie, animateurs (multimédia), responsables de structures de médiations concernés, quel que soit leur horizon professionnel, et a pour objectifs, notamment, de faire émerger et de mutualiser les pratiques actuelles, les interrogations et de formuler de nouvelles pistes d’interventions possibles.

Le format de cette manifestation s’appuie sur la participation en présentiel, mais aussi à distance, de l’ensemble des parties- prenantes à la co-construction de la médiation numérique.
Pour assurer une visibilité unifiée tout au long du processus, l’ensemble des contenus et outils numériques mis en place seront rassemblés et accessibles en ligne à partir d’un « tableau de bord de suivi » ou via l’onglet « participation à distance" sur le site officiel des Assises (sur lequel vous trouverez aussi toutes les informations utiles sur la manifestation et son programme détaillé).

A chaque étape du programme, voici la façon dont vous pourrez suivre et participer à distance :

Le lundi matin (de 10h00 à 12h30)

> Accès à partir du bloc “Plénières en direct” sur le tableau de bord de suivi

Après le discours de bienvenue, nous vous proposerons un premier cadre de définition de la médiation numérique et une ouverture sur « Territoires d’innovation : médiations, libre et durable ».
Cette séance plénière fera l’objet d’une retransmission vidéo en
direct.
Chacun pourra :
- suivre la retransmission,
- commenter,
- formuler des questions et échanger avec les autres participants distants
soit par chat, soit via twitter en envoyant des messages marqués avec le tag #assmednum.

Le lundi après-midi (de 14h15 à 17h45)

> Accès à partir du bloc “Ateliers en direct” sur le tableau de bord de suivi

Pour des contraintes techniques et d’animation, seuls deux ateliers thématiques seront retransmis et pourront accueillir des participants
à distance pour une expérience de collaboration en temps réel à partir d’un espace de travail partagé :
- “innovation sociale
- “éducation/formation“.

Les participants distants seront pleinement intégrés à la dynamique de travail à travers une interface web dédiée sur laquelle
ils pourront interagir avec les participants présents à Ajaccio et participer aux travaux du groupe via un mur de « post-its ».

Guide sur la méthode d’animation des ateliers : une fois posés les enjeux de la thématique, l’analyse d’initiatives existantes à l’aide d’une grille de lecture commune permettra d’engager l’échange et la discussion. De ces échanges émergeront des propositions de chantiers d’avenir qui permettront d’orienter les réflexions prospectives sur les usages et services de demain.

A l’issue des ateliers, l’intégralité des posters d’analyse, y compris ceux produits par les participants présents à Ajaccio, seront mis en ligne sur le tableau de suivi et partagés pour leur mise en conversation : les participants distants pourront ainsi les visualiser et les commenter pour les enrichir en différé.

> Accès à partir du bloc “Posters d’analyse” sur le tableau de bord de suivi

Le lundi en fin d’après-midi (de 17h45 à 18h15)

Le Barcamp express devrait également vous permettre d’assister à distance à certaines des présentations (non finalisé).
> Accès à partir du bloc “Barcamp en direct” sur le tableau de bord de suivi

Le mardi matin (de 9h15 à 10h30)

> Accès à partir du bloc “Plénières en direct” sur le tableau de bord de suivi

Un temps en séance plénière permettra de faire un panorama de l’ensemble des productions de la veille. Elle fera l’objet d’une retransmission vidéo en direct. Chacun pourra :
- suivre la retransmission,
- commenter,
- formuler des questions et échanger avec les autres participants distants soit par chat, soit via twitter en envoyant des messages marqués avec le tag #assmednum.

Le mardi après-midi

> Accès à partir du bloc “Chantiers prospectifs” sur le tableau de bord de suivi

La suite des travaux du mardi, dans l’après-midi, sera menée par les seuls participants en présentiel qui seront invités à choisir un des 20 « chantiers d’avenir » proposés, qu’ils exploreront, avec l’œil de l’usager, par petits groupes (8 personnes environ).
Ils poursuivront ce travail, toujours en petits groupes sur des maquettes de nouveaux services, d’actions ou de dispositifs à mettre en place... en imaginant les scénarios d’usages à développer et les écosystèmes d’acteurs locaux susceptibles de favoriser leur émergence.

Les scénarisations et esquisses élaborés à Ajaccio seront, dès que possible dans la soirée, mis en ligne sur le tableau de suivi
et partagés pour leur mise en conversation
 : les participants distants pourront ainsi les visualiser et les commenter pour les enrichir
en différé.
Des vidéos interviews seront également publiées pour faciliter la compréhension des scénarios proposés.

Le mardi fin d’après-midi (de 17h30 à 18h15)

> Accès à partir du bloc “Barcamp en direct” sur le tableau de bord de suivi

Une nouvelle session de Barcamp express devrait également vous permettre d’assister à distance à certaines des présentations
(à confirmer).

Le mercredi matin (de 9h30 à 12h00)

> Accès à partir du bloc “Plénières en direct” sur le tableau de bord de suivi

La troisième et dernière plénière permettra de présenter et mettre en perspective les productions de la veille, et de s’interroger sur les pistes d’avenir proposées.
Ce sera le moment de poser les bases du « Livre Blanc » de la médiation numérique, qui, au-delà de constituer la mémoire des échanges de ces rencontres, se donne pour ambition de servir de boussole et de « road-book » pour les professionnels de la médiation numérique.

Cette séance plénière fera l’objet d’une retransmission vidéo en direct. Chacun pourra :
- suivre la retransmission,
- commenter,
- formuler des questions et échanger avec les autres participants distants soit par chat, soit via twitter en envoyant des messages marqués avec le tag #assmednum.

Tout au long des Assises, un mur Twitter sera alimenté par les messages de chacun (textes, images, liens, vidéos, etc) envoyés sur ce réseau social et marqués avec le tag #assmednum.

> Accès à partir du bloc “Mur Twitter” sur le tableau de bord de suivi

Posté le 14 septembre 2011 par Stéphanie Lucien-Brun
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Le rôle des Espaces Publics Numériques dans l’accompagnement des publics "demandeurs d’emploi"

Intervention au Colloque "Une société numérique solidaire" du 28 mai 2009

Inscrit dans leurs missions dès leur création, l’accompagnement des publics les plus éloignés des technologies a toujours été au cœur des actions des Espaces Publics Numériques (EPN) et ce depuis une bonne dizaine d’années. Parmi ces publics un nombre croissant de demandeurs d’emploi sont venus trouver dans ces lieux initiation, accompagnement et convivialité.

Aujourd’hui, il devient de plus en plus difficile de chercher un emploi sans utiliser Internet et les EPN restent un lieu primordial pour l’accès et l’accompagnement. Mais encore faut-il qu’ils soient soutenus dans leurs actions, tant dans une démarche de professionnalisation des animateurs que de pérennisation des lieux souvent mis à mal par les restrictions budgétaires.

Dans le cadre du colloque "Une société Numérique Solidaire" organisé par le secrétariat d’Etat chargé de la Prospective et du Développement de l’Economie Numérique, l’association CRéATIF a été sollicitée pour intervenir à l’occasion du premier atelier de l’économie numérique solidaire, le 28 mai dernier.

L’intervention a eu lieu dans la première table-ronde sur « Les leviers numériques de l’aide à l’emploi : autour des Espaces Publics Numériques » pour lequel il a été explicitement demandé à CRéATIF de présenter les Espaces Publics Numériques. Les autres intervenants de cette table-ronde étaient des représentants de la Délégation aux Usages de l’Internet, de la Caisse des Dépôts et Consignations, du Pôle emploi et de l’APPEI

CRéATIF était représenté à cette manifestation par Yannick Landais et Marie-Hélène FERON qui sont intervenus pour défendre le rôle des Espaces Publics Numériques (EPN) dans l’accompagnement des demandeurs d’emploi.

A la suite de cet atelier, la secrétaire d’Etat chargée du développement de l’économie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet a annoncé vouloir s’appuyer sur les EPN pour permettre aux demandeurs d’emploi d’être accompagnés dans l’utilisation du multimédia et d’Internet leur facilitant ainsi leur recherche à une époque où ce média joue un rôle majeur, notamment dans le secteur de l’emploi.

A cette fin, un portail sera réalisé par la Délégation aux Usages de l’Internet, en partenariat avec la Caisse des Dépôts et Consignations et l’association CRéATIF pour mettre en ligne des ressources destinés principalement aux animateurs d’EPN et aux accompagnants professionnels de l’emploi.

Ci-dessous le texte intégral de la présentation qui en a été faite ce jour là.

Bonjour,

J’interviens tout d’abord au titre de mon travail d’observation, d’information et d’accompagnement dans le domaine de l’accès public à Internet en Ile-de-France au sein de l’Agence Régionale des Technologies et de la Société de l’information (ARTESI Ile-de-France) dont les actions consistent à sensibiliser les collectivités territoriales franciliennes et à leur permettre de s’approprier les usages des technologies de l’information et de la communication.

J’interviens également en tant que représentante de CRéATIF.
CRéATIF est une association qui fédère un grand nombre d’acteurs de terrain dans le domaine de l’accès public à Internet en France, et tout particulièrement des animateurs de réseau sur les territoires.

Ses actions sont essentiellement centrées sur la mutualisation et le partage d’expériences que ce soit sous forme de guides, en ligne ou encore à l’occasion de rencontres régulières sur des thématiques d’actualité propres à ce secteur.

La dernière de ces rencontres a justement porté sur les nouveaux services qui peuvent se développer dans les lieux d’accès public à Internet accompagné ou Espaces Publics à Internet dont je vais parler ici.

PRESENTATION RAPIDE DES EPN

Les Espaces Publics Numériques ou encore « EPN » qui est aujourd’hui devenu un terme générique recouvre tous les types de lieux qui existent sous des labels ou des noms différents.

Qu’est-ce donc qu’un EPN :
C’est un lieu de proximité,
ouvert à tous,
accessible gratuitement ou à faible coût,
équipé d’ordinateurs connectés à Internet qui offre,
grâce à la présence d’un ou plusieurs animateurs,
un accompagnement sous forme d’ateliers collectifs ou individuel
pour permettre à tout un chacun :
• de s’initier aux technologies du multimédia, à leurs usages et à Internet,
• de mieux maîtriser les nouveaux outils et services qui se développent et notamment les services publics en ligne.

Les activités les plus couramment proposées dans les EPN concernent l’initiation de base à l’utilisation d’un ordinateur et à Internet, la création de boîte aux lettres et la recherche d’information, l’utilisation de traitement de texte et de tableurs mais aussi la retouche d’image, la création de blog ou autre formes d’écritures en ligne, l’accompagnement dans l’utilisation des démarches administratives en lignes, …

Ces espaces sont fréquentés non seulement par des « primo » utilisateurs, mais également par des utilisateurs avertis du fait de la convivialité, de l’intelligence collective et de l’esprit de partage qui règnent dans ces lieux.

Ce sont également des lieux de mixité sociale et générationnelle qui sont généralement implantés dans des structures existantes comme des bibliothèques, des MJC, des centres sociaux, des écoles, etc mais peuvent aussi être une structure autonome.

Ils sont financés par une collectivité locale et tous ont un statut soit public soit associatif.

CREATION DE CES EPN

Dès 1998, ces espaces sont nés de politiques territoriales et nationales dont l’objectif était, au vu de l’évolution de l’utilisation de la micro-informatique, du multimédia et évidemment d’Internet, d’éviter que ne se creuse un fossé entre ceux qui maîtrisent les technologies numériques et les autres.

Tous ces EPN ont donc eu comme mission commune de sensibiliser et d’initier la population locale aux usages du multimédia et d’Internet, et tout particulièrement les publics qui sont les plus éloignés de ces savoirs et de l’accès à ces outils, quelques en soient les raisons : économique, sociale, culturelle ou géographique.

PANORAMA NATIONAL

Si ces politiques ont toutes un objectif commun - la réduction de la fracture numérique –, elles ont aussi des spécificités propres. Ainsi, dans le panorama français on retrouve 3 grands réseaux nationaux :

• les Espaces Culture Multimédia (ECM) liés au Ministère de la Culture pour lesquels la dimension production culturelle est essentielle,

• les « Points Cyb » initialement soutenus par le Ministère de la Jeunesse et des Sports devenu depuis Haut Commissaire à la Jeunesse ;

• le réseau Cyber-base mis en place dans le cadre du mandat donné par l’Etat à la Caisse des Dépôts et Consignations.

A côté de ceux-ci, il existe de très nombreux réseaux territoriaux à l’échelle des régions, des départements, voire des communautés de communes et des communes. Je ne le citerai pas tous, mais certains sont bien connus et ont des appellations propres comme les Cybercommunes en Bretagne, les Cybercentres en Région Nord-Pas de Calais, les ERIC en région PACA, les EPNE en Essonne ou encore les PAPI à Brest, …

En dix ans de politiques de lutte contre la fracture numérique, et malgré les aléas liés aux financements de ces lieux, plus de 4000 EPN se sont développés en France. Ces espaces ont permis à un très grand nombre de personnes de s’initier et de se perfectionner. Ils constituent les acteurs principaux de la démocratisation de l’accès à Internet.

FRACTURES NUMERIQUES

Pour autant, en 2008, 37% de la population française ne s’est jamais connecté à Internet. Le travail d’accompagnement qui est fait par les animateurs de ces lieux reste important pour arriver à réellement réduire non plus une fracture numérique mais les fractures qui se développent aussi bien parmi les personnes encore éloignées que parmi celles qui se servent d’un ordinateur mais qui peuvent se sentir dépassées par les évolutions rapides dans le monde en mutation perpétuelle dans lequel nous sommes. Il ne s’agit pas donc plus seulement de personnes « défavorisées » mais nous pouvons tous à un moment ou à un autre de notre vie avoir recours à ce type d’aide.

LES ANIMATEURS

Avant d’aller plus loin sur les activités des EPN, il me semble important de faire un petit rappel sur qui sont les animateurs de ces espaces. Dans les premières années, ces animateurs ont été recrutés dans le cadre du dispositif des Emplois-jeunes avec des profils de formation très diversifiés. On peut trouver des autodictactes tout comme des Bac+5 dans des domaines de formation qui n’ont aucun rapport avec le multimédia.

Les compétences qui leur sont demandées ne relèvent pas d’un métier inscrit au ROME et on parle souvent de « mouton à 5 pattes » pour trouver la personne qui saura à la fois accueillir des publics avec des problématiques différentes, créer et animer des ateliers, résoudre des problèmes techniques voire faire de la maintenance, faire preuve de pédagogie, gérer un espace, et encore s’auto-former sur les évolutions permanentes de ces technologies, etc.

Les premiers animateurs étaient surtout des techniciens qui ont su rebondir vers d’autres postes en entreprise, si la tendance actuelle va plutôt au recrutement de personnes ayant des profils d’animation, il faut aussi leur permettre d’acquérir des compétences techniques.

LES PUBLICS

Dans les toutes premières années de leur existence, ces lieux étaient majoritairement fréquentés par des jeunes, scolarisés ou non, attirés par ces nouveaux outils … Mais au fil des années, les publics se sont diversifiés.

Très vite les EPN ont été investis par les demandeurs d’emploi et plus récemment par des personnes âgées, le maillon manquant étant le public adulte actif, qui on peut l’espérer a accès à Internet sur son lieu de travail – du moins, pour un certain nombre d’entre eux -.

Les motivations des demandeurs d’emploi qui viennent dans un EPN sont souvent liées, au-delà de l’accès à Internet, à la convivialité des lieux mais aussi au fait qu’en tant que chercheur d’emploi, ils se sentent moins stigmatisés dans cette démarche en allant dans des lieux où ils côtoient des publics variés et bénéficient d’un accompagnement.

LES EPN DANS L’ACCOMPAGNEMENT DES DEMANDEURS D’EMPLOI

Dès 2001, les animateurs d’espace ont donc mis en place des ateliers spécifiques pour ces publics, qui leur permettent d’apprendre et de pratiquer le traitement de texte, la recherche sur Internet ou la création de boîte aux lettres, minimum nécessaire à une utilisation du multimédia et d’Internet pour une recherche d’emploi et qui peuvent se prolonger par une approche des différents sites d’emploi et d’une méthodologie adaptée à cette recherche.

Preuve, s’il en est, de cette tendance, en 2002, soit 2-3 ans après l’ouverture des premiers espaces publics numériques, l’association les « Jeudis des EPN », qui travaille à la valorisation de ce qui se fait dans les espaces publics numériques avait organisé une rencontre sur le thème des EPN et de l’accès vers l’emploi.

A cette époque, plusieurs expériences font état de partenariats avec des missions locales notamment, ou d’autres structures d’accompagnement à l’emploi.

En 2004, des constats font état d’une nouvelle montée en puissance de la fréquentation des EPN par les demandeurs d’emploi… pouvant représenter jusqu’à plus d’un tiers du public dans certains espaces.

L’accompagnement des demandeurs d’emploi dans les EPN n’est donc pas une nouveauté, c’est une partie non négligeable de leur activité, même si les ressources manquent parfois et si les partenariats ne sont pas toujours présents localement pour compléter cet accompagnement.

ROLE PRIMORDIAL DE L’ANIMATEUR

Au sein de ces EPN, le rôle de l’animateur est primordial.
C’est celui qui invite les personnes à comprendre le nouvel environnement dans lequel il devient nécessaire de savoir se débrouiller.
C’est celui qui apprend à connaître les besoins des publics et qui cherche à leur répondre à la fois de façon collective en programmant des ateliers adaptés, et individuelle par la prise en compte de la situation personnelle de chacun. Son rôle de médiation est essentiel et sans lui, l’espace ne serait qu’un lieu d’accès sans âme.

PAS TOUT SEUL

L’existence de ces espaces et leur proximité sur les territoires en font des lieux susceptibles d’intéresser de nombreuses politiques sociales ou culturelles.

Pour autant, l’animateur ne peut remplir toutes les nouvelles missions qui lui sont demandées. D’accompagnant dans les usages multimédia et d’Internet, il doit parfois avoir aussi des compétences dans d’autres domaines. Ainsi, l’accompagnement des demandeurs d’emploi nécessite de connaître les services et les outils disponibles en ligne et la manière de les utiliser dans la société actuelle, mais les besoins des demandeurs d’emploi vont au-delà de cet aspect technique … il y aussi une demande d’écoute, d’orientation, de conseils… qui ne sont plus du ressort des animateurs. En ce sens, ils ne peuvent travailler seuls à l’accompagnement des demandeurs d’emploi et les partenariats restent essentiels.

C’est d’ailleurs dans ce sens que se sont développées depuis quelques années des cyber-bases emploi qui sont des espaces spécialisés pour ces publics réunissant les compétences des acteurs de l’emploi et celles des animateurs multimédia.

Si les EPN jouent déjà un rôle important dans l’accompagnement des demandeurs d’emploi, il ne s’agit pas pour les animateurs multimédia de faire à la place des agents compétents dans le secteur de l’emploi, mais bien de travailler avec eux en explicitant les tâches de chacun. Il ne s’agit pas non plus de faire plus sans moyens supplémentaires, mais, au contraire, d’être soutenus dans leurs pratiques actuelles.

ROLE DES EPN

Le rôle des EPN, sous réserve qu’ils soient soutenus dans leurs actions, est important et concerne tout autant ces publics éloignés que ceux déjà initiés. Le soutien des animateurs passent par une reconnaissance de leur travail, par des formations et par la mise à disposition de ressources mais aussi de moyens permettant d’assurer leur pérennité.

Et comme j’arrive à la fin, ce que j’ai voulu dire ici, c’est que les missions des EPN intègrent déjà l’accompagnement des publics demandeurs d’emploi et qu’il serait intéressant de travailler à une approche coordonnées et structurée entre les professionnels de l’emploi et les EPN en indiquant clairement les rôles et les limites de chacun.

RECOMMANDATIONS

Il me semble que l’une des toutes premières choses à faire – et c’est ce que nous initions aujourd’hui avec des représentants à cette table-ronde des deux mondes : celui des l’accès public à Internet et celui des Professionnels de l’emploi – … serait de favoriser une meilleure communication et connaissance de ces lieux, de leurs activités, de leur implantation, auprès des acteurs susceptibles de travailler avec eux sur cet accompagnement des demandeurs d’emploi.

Posté le 2 juin 2009 par Marie-Hélène FERON
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La question de la Loi antiterroriste et de l’Accès Public au Forum des Droits de l’Internet, par Marie-Hélène Féron représentante de Créatif

Marie-Hélène Féron travaille à

ARTESI Ile-de-France et est membre de l’association CRéATIF. C’est à ce titre qu’elle a participé au groupe de travail du Forum des Droits de l’Internet intitulé : "Espaces Publics Numériques et loi antiterroriste".

Elle était également présente le 24 novembre 2006 au débat organisé par la ville de Brest sur ce thème. Voici sa contribution écrite à cet échange de points de vue.

Espaces Publics Numériques et loi antiterroriste

Le groupe de travail du Forum des Droits de l’Internet

S’interrogeant sur l’application de la loi de sécurité quotidienne dite « antiterroriste », dans les lieux d’accès publics, le Forum des Droits de l’Internet a mis en place, en mars 2006, un groupe de travail autour des principales problématiques juridiques qui se posent aux intervenants de ces lieux. Il a aussi pour objectif de faire émerger les bonnes pratiques et surtout de produire des recommandations à destination des espaces publics numériques sous forme de productions immédiatement utilisables par les animateurs et autres intervenants dans les Espaces Publics Numériques (EPN).

Ce groupe réunit à la fois des professionnels de l’accès public à Internet au travers des bibliothèques (la BNF, l’ADBS), des réseaux d’Espaces Publics Numériques tels que les ECM, les Points Cyb, les Cyber-bases, ou des entités œuvrant dans le domaine : ARDESI, ARTESI Ile-de-France, Créatif, DUI, mais aussi l’APRIL, l’Association Ville Internet, l’UNAF, Microsoft et le cabinet d’avocat CAPRIOLI.

Après une période de définition de ce qu’est un « Espace Public Numérique » - qui diffère d’un cyber-café tout particulièrement par l’accompagnement des personnes et la pédagogie qui sont pratiqués dans ces lieux - et d’identification des différentes structures juridiques des EPN, des experts de différents organismes ont été auditionnés. Il s’agit :

- De la gendarmerie nationale, service de Cybercriminalité ;

- De la CNIL ;

- De l’AFA (Association des Fournisseurs d’Accès) ;

- et, en attente, une personne de l’OCLCTIC (Office Central de Lutte contre la Criminalité liée aux Technologies de l’Information et de la Communication).

Toutefois, à la question : « la loi de sécurité quotidienne s’applique-t-elle aux lieux d’accès publics à Internet que sont les Espaces Publics Numériques ? » la réponse n’est pas tranchée. Sauf à ce que les textes de loi ne le mentionnent clairement, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, diverses interprétations sont possibles. D’autant que la notion générique d’EPN recouvre en réalité une grande diversité de lieux et de modes de fonctionnement, de l’anonymat à l’enregistrement nominatif de chaque usager, offrant des activités accompagnées et des temps d’accès libre aux ordinateurs. Par ailleurs, certains peuvent offrir de l’accès libre sur des bornes ou en wifi, encore que cela reste à la marge aujourd’hui mais pourrait être amené à se développer dans l’avenir.

Mais si l’on considère que les EPN pourraient être concernés par cette loi, quelles en seraient les implications ?

Deux points majeurs de la loi

A la lecture de cette loi, nous retenons deux idées principales qui auront des conséquences pour les EPN :

- l’obligation de conservation des données pendant une année ;

- le fait de fournir des « informations permettant d’identifier l’utilisateur ».

Sur un plan technique cela supposerait donc que les animateurs puissent conserver les logs de connexion (et seulement la connexion, et non les contenus) sur une durée de un an. En effet, les fournisseurs d’accès ne pouvant identifier que leur abonné, à savoir l’EPN, ils ne seront pas en mesure d’identifier le poste à partir duquel la connexion litigieuse aurait été réalisée. Cette conservation des données suppose des équipements matériels que beaucoup d’EPN ne possèdent pas et ne seront pas en mesure de financer !

Quant à la question des informations permettant d’identifier les utilisateurs, face à la diversité des situations des EPN, cela supposerait des procédures différentes. Toutefois, il ne s’agit pas tant d’obtenir une identité nominative que de permettre l’identification par recoupements d’informations.

Certains EPN pratiquent l’anonymat complet comme c’est le cas dans les « Points Cyb » du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative, dont la charte repose sur ce principe. Demander l’identité des personnes remettrait en cause cette charte et pourrait avoir un impact sur ces espaces.

Si l’on part du principe qu’il s’agit d’une obligation de moyens et non de résultats, l’espace ne pourra donc que fournir les informations en sa possession et le travail des enquêteurs continuera par recoupements des informations et indices.

Peu d’espaces pratiquent une réservation nominative systématique et vérifiable. S’ils n’auront aucun problème à fournir des informations, il est probable que ce type de structure, a priori, serait rédhibitoire pour une personne mal intentionnée.

Cependant la plupart des EPN fonctionnent à mi-chemin de ces deux approches : avec ou sans réservation, par système d’adhésion générale pour lesquelles le nom de la personne est demandé mais sans vérification de la véracité des informations, toutefois, accueillant des groupes accompagnés ou non et des personnes qui viennent ponctuellement, connues ou non par l’animateur. Les informations connues peuvent être fournies aux enquêteurs sans qu’elles soient systématiques … avec le risque que des personnes « innocentes » puissent être suspectées dans un premier temps.

Quelles recommandations du Forum des Droits de l’Internet ?

Actuellement, le groupe de travail du Forum des Droits de l’Internet est en attente d’une réponse claire concernant l’implication ou non des EPN dans cette loi. En effet, si les EPN n’étaient pas concernés, la problématique ne se poserait plus.

Toutefois, en l’absence de réponse et face au flou laissé par les textes, des recommandations devront être proposées par le Forum des Droits de l’Internet afin d’éviter que les EPN ne se retrouvent dans une situation difficile.

Sans préjuger de ce que seront ces recommandations, il semble cependant clair, à ce jour, que la coopération et le fait de fournir les informations en possession de l’EPN susceptibles d’aider les enquêteurs dans leur travail seront les bienvenues.

Marie-Hélène FERON,

Chargée de Mission « Accès Public à Internet », ARTESI Ile-de-France

Membre de CRéATIF

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Où en sont les Français vis-à-vis de la micro-informatique et d’Internet ? 24.01. 2003

C’est le sujet de l’émission du "téléphone sonne" sur France Inter qui était diffusée le Vendredi 24 janvier 2003 de 19h20 à 20h00

Sujet :

Trois grandes catégories se dégagent désormais dans une France toujours en retard sur le reste de l’Europe : les non-équipés, les équipés non connectés (les plus nombreux) et les internautes qui plébiscitent le "haut débit"...
Il sera aussi question d’Internet et du multimédia sur France Inter...


Questions formulées à l’antenne par les membres de CRéATIF


- Marie-lise Simon, membre au CA de CRéATIF, Responsable des projets, ARDESI Midi-Pyrénées(Janv. 2003).

Selon une toute récente étude réalisée par l’institut GFK, il ressort que 55% des français n’ont jamais utilisé internet et 64% ne disposent pas du matériel pour se connecter.

Connaissant les enjeux du non-accès à l’information dans la société d’aujourd’hui et les limites à l’équipement des ménages et à l’utilisation de technologies nouvelles, ne devrait t-on pas considérer aujourd’hui la fourniture de l’accès à internet comme un objectif prioritaire en rendant "vraiment accessible" cet accès à internet ?

Depuis quelques années des associations et collectivités locales se sont engagées sur cette voie en ouvrant des lieux d’accès publics à internet aidés en cela par le dispositif emploi-jeune qu’aujourd’hui l’Etat retire. Sans soutien financier, de nombreux dispositifs sont susceptibles de disparaître (associations, dispositifs développés par les collectivités locales etc ...) ... or, aujourd’hui la notion "d’accès public" reste encore d’actualité.


- Michel Briand, vice président de CRéATIF (Janv. 2003), adjoint au maire de Brest :

On parle beaucoup de ce que font les jeunes, les ménages, les "connectés à haut débit" mais très peu des difficultés des freins des 50 % et plus qui n’ont pas accés dans leur travail ou qui ne sont pas familiers avec l’informatique ?

Pourquoi si peu d’attention aux personnes isolées, aux familles monoparentales, aux personnes agées, handicapées ?

Il n’y a meme pas 5 cités d’habitat social en France à proposer internet alors que le cout mutulalisé est tres faible et aucune sous-prefecture ne propose d’acces public a internet alors qu’il y a des centaines de services accessibles sur service-public.fr


Questions formulées à la rédaction par les membres et sympathisants de CRéATIF


- Philippe Cazeneuve, membre au CA de CRéATIF, Responsable. de l’ECM de la MJC Monplaisir à Lyon (Janv. 2003).

Aujourd’hui le développement de l’accès internet Haut débit chez les particuliers se fait surtout pour des usages de type téléchargement de musiques et de vidéos piratées. Les collectivités locales, régions en particulier, s’engagent à financer un programme d’investissement dans les infrastructures pour permettre "un accès haut débit pour tous", c’est à dire là où cela n’est pas rentable pour les opérateurs privés.

N’y a-t-il pas un paradoxe à ce que de l’argent public finance le piratage de données culturelles ?


- Franck Briand, coordinateur (Janv. 2003), CRéATIF.

Le gouvernement s’engage à soutenir le développement de l’Internet en France. Mais ce soutien apporté concerne avant tout le secteur "privé" : soutien à la recherche, soutien aux infrastructures, modification de la législation relatif aux Fournisseurs d’accès etc.

En ce qui concerne le soutien apporté aux initiatives "d’accès public" rien ne va plus.
Le désengagement de l’Etat du dispositif emploi-jeunes va se traduire par la fermeture des "lieux d’accès public à Internet" qui font aujourd’hui un travail d’initiation et d’accompagnement des publics les plus éloignés des outils internet et multimédia.

Le risque n’est-il pas grand de voir rapidement se creuser de plus grandes disparités entre les usagers (ceux qui savent utiliser les outils et ceux qui ne le savent pas...) ?


Posté le 24 janvier 2003 par Franck Briand
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Appel pour défendre le secteur de l’accès public à Internet (Janv. 2003)

Aujourd’hui, à travers le désengagement de l’Etat du dispositif emploi jeunes, c’est l’avenir même du secteur de l’accès public aux TIC qui est menacé. C’est pourquoi, nous, collectif d’acteurs de cette politique (animateurs, associations, élus) interpellons le gouvernement et lui demandons de prendre en compte la spécificité de ces nouveaux services publics à la population.


L’accès public à Internet en danger !


La politique d’accès public à Internet et au multimédia, reconnue, développée et soutenue par l’Etat et de nombreuses collectivités, a démontré toute sa pertinence et son impact pour réduire le fossé numérique et construire avec tous les citoyens, la société de l’information. Timides dans un premier temps, les élus s’engagent désormais largement dans le développement de dispositifs locaux d’accès public aux technologies de l’information et de la communication.

Cette nouvelle politique publique est aujourd’hui gravement menacée par le désengagement de l’Etat du dispositif " emplois-jeunes", qui finance une partie importante des ressources humaines nécessaires à la réussite de cette mission d’intérêt général.

Des milliers d’animateurs multimédia permettent en effet à nos concitoyens de s’initier aux technologies de l’information dans des Espaces Publics Numériques (EPN) et au sein même des collectivités locales : accès à la culture, aux services publics en ligne, lutte contre l’illettrisme, le handicap et le chômage, insertion, création, expression citoyenne, lien entre générations, etc. Ces usages sont les premiers bénéfices d’un dispositif qui permet un accompagnement humain de qualité face aux machines, face aux technologies.

Ces animateurs multimédia se sont totalement investi dans l’émergence de ces nouveaux services à la population. Dans un contexte difficile, ils ont su remplir leur mission et se professionnaliser en faisant évoluer les métiers de l’animation et de la médiation auprès de différents publics. Certains d’entre eux rejoignent le secteur marchand et d’autres continuent leur parcours dans la fonction publique ou dans le secteur associatif.

Aujourd’hui, à travers le désengagement de l’Etat, c’est l’avenir même du secteur de l’accès public aux TIC qui est menacé. C’est pourquoi, nous, collectif d’acteurs de cette politique (animateurs, associations, élus) interpellons le gouvernement et lui demandons de prendre en compte la spécificité de ces nouveaux services publics à la population.

Nous proposons plusieurs pistes de réflexion pour pérenniser la politique d’accès public aux TIC :


- définir dans la concertation et avec les acteurs concernés (animateurs, associations, collectivités locales), une charte d’un service d’accès public aux TIC

- envisager le financement de cette politique en termes de soutien à l’activité et non d’aide à l’emploi

- repositionner l’activité des EPN sur le territoire en s’appuyant sur des lieux susceptibles de mutualiser les moyens humain et matériel

- faciliter l’intégration des animateurs multimédia dans la fonction publique territoriale

- favoriser l’emploi au sein des associations actives dans l’accès public à Internet ou le développement d’usages de l’Internet

- engager et faire engager par les collectivités territoriales et les employeurs des moyens pour la formation et la validation des acquis professionnels de ces animateurs, dans le cadre de cursus qualifiants et/ou diplômants pouvant déboucher sur des perspectives d’emplois durables

- prendre en compte l’accompagnement des publics les plus éloignés

- évaluer périodiquement la réalité des usages et non usages

Pour que les technologies de l’information et de la communication ne creusent pas plus les fractures de la société, donnons aux animateurs multimédia une chance de pérenniser leur activité professionnelle.

Posté le 20 janvier 2003
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