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"Les non-usagers d’internet en Bretagne"
Jocelyne Trémenbert, du Laboratoire M@rsouin, vient de publier les résultats dune enquête régionale sur « Les non-usagers d’internet en Bretagne » (Voir Qui refuse les TIC en Bretagne et pourquoi ? Comprendre grâce aux statistiques le non usage d’Internet - février 2009).
Cette étude apporte des éléments statistiques récents qui montrent qu’entre 2006 et 2008, la situation a peu changé du côté des non-usages. Elle apporte surtout une connaissance plus fine et propose une typologie des publics non-usagers d’internet.
Rappelons les données nationales : 42% des plus de 11 ans déclarent ne pas s’être connecté à Internet dans le mois précédant l’enquête (Source : Mediametrie – Juin 2008).
Dans l’enquête « Résidentiels » de M@rsouin de juillet 2008 (2000 réponses représentatives), les non-usagers représentent un tiers (32%) de la population des individus de 15 ans et plus résidant en Bretagne.
Nous ne nous attarderons pas sur les caractéristiques démographiques et socio-professionnelles, car elles ont largement connues : le non-usage d’internet concerne particulièrement les personnes âgées de plus de 60 ans, les personnes pas ou peu diplômées, les personnes ayant des revenus inférieurs à 1000 € par mois. L’étude fait aussi apparaître l’influence de l’entourage : les personnes isolées socialement ou dont les proches n’utilisent pas les technologies numériques ont plus de chance de faire partie des non-usagers.
Une typologie des non-usagers selon leur motivation et leur degré de connaissance de l’internet
L’apport de l’étude porte sur le recours à des méthodes d’analyse multivariée des données permettant d’établir une typologie des non usagers. Ainsi, parmi les non utilisateurs, on peut distinguer 5 profils-types, qui se dégagent selon le degré de connaissance de la technologie et de ses usages et selon la motivation des personnes vis à vis de cet outil/média qu’est l’internet.
Les futurs utilisateurs (5%) et les utilisateurs potentiels (19%) : bien informés et assez motivés, ces personnes seraient prêtes à rejoindre les rangs des usagers.
Les réticents (41%) : bien informés, mais peu motivés
Les réfractaires (16%) : mal informés, et pas du tout motivés
Les exclus (18%) : mal informés et pas motivés pour des raisons objectives (âge, statut, maladie...) ou subjectives (crainte).
L’étude propose des tableaux détaillés fort intéressants, et nous vous invitons à vous y reporter.
Des isolés numériques
Les non-usagers se caractérisent d’abord par le faible équipement technologique de leur foyer, (4 fois moins que la moyenne des foyers équipés en informatique) et par l’absence d’usages de l’Internet dans leur entourage.
Lorsqu’ils font appel à l’intermédiation d’une personne pour leur fournir une aide (c’est le cas pour une personne sur 5 ), « 34% d’entre eux cherchent de l’aide au sein même du foyer, 65% au sein de la famille, 15% demandent à leurs amis, alors que seulement 2% d’entre eux vont s’adresser à un professionnel ».
Les raisons du non-usage
« Ne pas savoir à quoi cela peut servir est la raison évoquée le plus souvent par les personnes qui n’utilisent pas les outils multimédias. Ne connaissant pas l’informatique, les personnes n’imaginent pas ce qu’il est possible de faire et donc n’y voient pas d’intérêt. »
Ce n’est pas parce que l’on n’utilise pas, que l’on a pas son opinion sur Internet. Parmi les représentations négatives les plus fréquentes : « c’est un simple phénomène de mode » (55% de sous total d’accord) ou « C’est réservé aux jeunes » (50%).
6 non utilisateurs sur 10 pensent ne jamais s’y mettre du tout, 2 sur 10 ne s’y mettront probablement pas.
Les internautes des ZUS se connectent depuis les lieux d’accès publics 3 fois plus que la moyenne nationale
La synthèse des résultats de ce sondage est disponible sur I-Ville : http://i.ville.gouv.fr/Data/inserhitlien.php?id=4169 (pdf - 6 pages - 650 Ko)
Elle révèle peu d’écarts entre les taux d’équipement informatique des ménages des ZUS (63 %) et celui de la moyenne de la population française (70 %).
Cependant, on trouve dans les ZUS plutôt plus d’antennes satellite et de consoles de jeux et plutôt moins d’imprimantes que dans l’ensemble de la population.
La proportion de ménages utilisant internet est identique (60 %).
par contre, la fréquence de connexion est plus faible dans les ZUS (37 % se connectent tous les jours contre 47 % dans l’ensemble de la population)
La connexion depuis un lieu d’accès public à internet est 3 fois plus importante pour les habitants des ZUS (27 % des internautes résidants dans les ZUS se connecte depuis un PAPI , contre 9 % pour la moyenne française).
Question usages aussi, quelques différences notoires :
Internet est 2 fois plus utilisé comme ressources pour faire ses devoirs ou suivre ses études (20 % des internautes en ZUS contre 9 % pour la moyenne française).
Les 15-19 ans des ZUS téléchargent plus de musique (66 % d’entre eux le font contre 49 % pour la moyenne française) et jouent plus en ligne (52 % d’entre eux contre 41 % pour la moyenne française).
Les catégories traditionnelles les plus éloignées d’internet, le sont encore davantage lorsqu’ils résident dans les ZUS.
Les femmes (46 % n’accèdent jamais à internet dans les ZUS contre 40 % en moyenne nationale)
Les seniors (84 % des plus de 60 ans n’accèdent jamais à internet dans les ZUS contre 77 % en moyenne nationale)
Les étrangers ont deux fois moins de chance d’être équipés d’internet à domicile que les français (41 % des étrangers résidants en ZUS ne disposent pas d’internet à domicile contre 24 % des français).
Comprendre les comportements des enfants et adolescents sur Internet
Cet appel à projet doit permettre de financer des études qui, en permettant de mieux comprendre les usages fait par les enfants et les jeunes des TIC, et notamment d’Internet, doit permettre de prévenir les risques potentiel liés à ces usages.
la date de clotûre des dossiers est le 20 octobre 2008.
Le descriptif de l’appel à projet, le dossier complet sur le site de la Fondation pour l’Enfance.
Appel à communications "Penser la fracture numérique"
Numéro thématique coordonné par Alain KIYINDOU
La notion de « fracture numérique » placée au centre des stratégies de « e-inclusion » est à la fois complexe et controversée. L’ « e-inclusion » telle qu’elle nous est proposée consisterait à établir des passerelles (digital bridges) qui relieraient les différents territoires avec l’idée de développer un monde uni, dans lequel toutes les contrées seraient connectées par des autoroutes (de l’information) à haut débit. Cette « réconciliation de la grande famille humaine », nous ramène à la pensée de Marshall Mac Luhan souvent contredite par le fait que la société est un ensemble multiforme qui ne peut être réduite au simple fait technologique.
L’objectif de ce numéro est de mettre en débat la notion de « fracture numérique », de questionner les enjeux techniques, politiques, économiques, sociaux et culturels liés et d’envisager quelques pistes afin de mettre en œuvre de réelles solidarités entre les femmes et les hommes, les jeunes et les moins jeunes, les pauvres et les nantis, les alphabètes et les autres… Elle renvoie incontestablement à l’accessibilité, à l’égalité des genres, au contrôle des réseaux, à la présence des contenus différenciés et à leur visibilité dans le cyberespace…
L’étude de la fracture peut, ainsi, s’appuyer sur un certain nombre d’indicateurs dont les contenus, les capacités et la connectivité. Elle concerne les disparités dans l’accès, l’usage et la maîtrise des technologies de l’information et de la communication et pourrait s’appuyer sur l’Internet, la téléphonie mobile, le GPS, la télévision numérique…
Les politiques publiques de réduction de la « fracture numérique » visent à ce que les femmes et les hommes, quel que soit leur statut ou leur lieu d’habitation puissent avoir les mêmes chances de tirer profit des opportunités offertes par les technologies de l’information et de la communication. Mais, en l’absence des dispositions et des mesures particulières, il est facile de constater les inégalités sexospécifiques ou « tribales » observées dans les autres domaines ainsi que dans des processus d’introduction d’innovations.
La fracture numérique est aussi, et avant tout, une fracture énergétique, sociale et/ou économique. Fracture culturelle et fracture cognitive apparaissent en lien avec la présence de contenus diversifiés, dans la droite ligne de la Convention sur la protection de la diversité culturelle et linguistique, voire du Nouvel ordre mondial de l’information et de la communication. En effet, l’importance des télécommunications internationales dans une région n’est plus le seul indicateur du degré d’intégration ou d’extraversion de celle-ci. Il y a aussi l’importance de la participation culturelle locale.
Mais si la plupart des chercheurs s’accordent sur la présence d’une fracture, mettre l’accent sur sa réduction ne dénoterait-il pas d’une orientation idéologique ?
C’est ainsi que la notion d’« opportunité numérique » est parfois préférée à celle de fracture, jugée à tort ou à raison trop techniciste.
Toutes ces questions ne peuvent être dissociées du rôle de l’Etat ou plutôt des politiques publiques, des organisations non gouvernementales et des entreprises privées. Des politiques innovantes ou des actions concertées et institutionnalisées, comme l’ordinateur à l00 dollars, le Fonds de solidarité numérique, le programme ADEN ou le projet Leland deviennent ainsi, des objets d’étude intéressants.
Mais peut-on réellement réduire la fracture sans se préoccuper de la gouvernance ?
En effet, au-delà de l’accessibilité, des usages, des contenus, la société de l’information met en exergue une fracture décisionnelle en lien avec le choix des normes et standards, ainsi que le contrôle d’Internet.
Modalités pratiques
Envoi des propositions d’articles (6000 caractères, espace non compris, plan et références bibliographiques non compris) :
20 juillet à l’adresse suivante : fracture_numerique@yahoo.fr
Merci d’indiquer prénom et nom, institution d’attache, adresse électronique, titre de l’article,
3 à 5 mots clefs.
Les contributions (20 pages environs) devront impérativement respecter la feuille de style de la revue (http://lcn.e-revues.com/revues/23/C...)
Les propositions soumises seront évaluées en double aveugle.
Notification aux auteurs : 20 Septembre 2008.
Remise des textes : 15 décembre 2008.
Usages des TIC et pratiques communicationnelles électroniques des jeunes - 20 mars à Paris
"Usages des TIC et pratiques communicationnelles électroniques des jeunes"
Jeudi 20 mars 2008 - 9h15-17h30
Cette journée est organisée par le Groupe de Recherche sur la Relation Enfants-Médias, sous la direction scientifique de F. Liénard (IUT Le Havre)
"Les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) occupent aujourd’hui une place prépondérante dans notre vie quotidienne. L’année 2007 a vu la barre des 30 millions d’internautes dépassée en France pendant qu’ils étaient presque 50 millions à disposer d’un abonnement de téléphonie mobile. Ces chiffres sont étourdissants. L’e-exclusion (la fameuse fracture numérique) est encore présente mais elle tend à se résorber.
Une raison avancée réside dans l’omniprésence des TIC : dans les lieux publics, au travail, à la maison, dans toutes les poches… elles sont partout, tout le temps et induisent des pratiques communicationnelles vraiment particulières.
Les communications de la matinée permettront de disposer d’une vision globale du domaine pendant que celles de l’après-midi se concentreront sur les usagers « jeunes » en pointant trois pratiques électroniques : le blog, le tchat et le SMS."
Le programme
9h15 Introduction
C. Destal, Présidente du GRREM et F.Lienard, Université du Havre
9h45 Les TIC aujourd’hui : la notion de présence connectée
C. Licoppe, Département SES Telecom ParisTech
10h30 : Pause
10h45 Quelques perspectives sociologiques sur la culture numérique des adolescents
P. Lardellier,Université de Bourgogne, LIMSIC_CIMEOS
11h30 Pratiques d’écriture et formes textuelles dans les blogs.
O. Deseilligny
Université Paris X – Nanterre,CRIS SERIES
12h15 : Déjeuner
13h45 : La Blog’Attitude : que font les jeunes sur Internet ?
A-C. Orban, ACMJ Belgique
14h30 Se construire en ligne : l’exemple du tchat en français
I. Pierozak, Université de Picardie, LESCLaP-CEP – DYNADIV
15h15 : Pause
15h30 : Le SMS : une pratique scripturale particulière aux enjeux multiples
F. Liénard, IUT Le Havre CDHET – LiDiFra
16h15 :Discussion avec le public et Clôture
Auditorium P.Laroque 28, place St Georges 75009 Paris M° St Georges(12), Pigalle (2) Le Peletier (7)




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