Nord-Pas-de-Calais
Article sur le Timp@ss
Le contexte et les débuts du Timp@ss :
La politique du Nord-Pas de Calais pour la formation permanente a défini comme priorité l’intervention en direction des publics les plus en difficultés ou les plus éloignés de la formation professionnelle. Découlant de ces orientations, le Timp@ss vise à initier un public le plus large possible.
Après une expérimentation d’un an, en 2005, il a été généralisé. Le Timp@ss visait à initier le public aux notions de base des usages du multimédia et d’Internet. Généralisé en 2005, le Timp@ss était composé, à ses débuts, de 7 modules de 2 heures et d’un test de positionnement. Le financement était sous forme de subvention de 112€ réparti entre les acteurs en fonction du travail fourni (ingénierie pédagogique, administration financière par les organismes de formation et tutorat réalisé par les animateurs des lieux d’accueil). Un nouveau fonctionnement a été mis en place en 2009.
Les objectifs de ce dispositif :
Le Timp@ss a été mis en œuvre, dans le but de lutter contre la fracture numérique, de favoriser l’égalité des chances et pour compléter l’offre de formation existante dans le domaine des TIC (Technologies de l’Information et de la Communication).
Il s’agit de faire découvrir progressivement les outils numériques de base (bureautique, périphériques, multimédia, internet...) afin de fournir à tous un savoir-faire minimal dans le domaine des technologies de l’information et de la communication.
L’ambition du dispositif Timp@ss est de sensibiliser un public, le plus large possible, aux TIC et d’amener l’ensemble de la population de la région, progressivement, à maitriser les bases des outils numériques. Un autre objectif est de créer de nouvelles habitudes de travail au sein des territoires, développer des partenariats entre les prestataires de formation et leur environnement local. Le Timp@ss a une vocation territoriale de proximité, ainsi une des clés de réussite du dispositif est le maillage dense de la région.
Comment fonctionne le Timp@ss
Le Timp@ss est destiné au grand public, sans critère d’âge ou de statut professionnel. Seuls sont exclus du dispositif les élèves ou étudiants inscrits dans un établissement d’enseignement initial. La personne bénéficiaire peut aller chercher son chéquier gratuit soit auprès des organismes de formation gestionnaires soit dans les cyber-centres labellisés.
Une personne peut effectuer au maximum 12 séquences (modules) d’environ 2 heures, soit 24 heures de cours financé. Le chéquier dont elle dispose compte 14 chèques : 2 chèques de positionnement et 12 chèques (un par module).
Que contiennent les modules du Timp@ss ?
Les connaissances utiles à acquérir sont réparties en 7 séquences « Multimédia » :
Maîtrise des premières bases de l’informatique.
Repérage dans la société de l’information (billetteries, cartes bancaires…).
Adoption d’une attitude citoyenne face aux nouvelles technologies.
Création d’un document numérique.
Repérage, placement, organisation de documents.
Communication au moyen de l’informatique.
Recherches et documentation au moyen d’un cdrom, d’Internet.
Et 5 séquences « Bureautique » :
Mise en forme et présentation de documents
Utilisation de formulaires et tableaux
Navigation sur Internet
Initiation à la messagerie
Initiation au travail collaboratif
A la fin de la formation, après évaluation, l’organisme de formation délivre une attestation de la Région, validant et valorisant l’initiation.
Les partenaires de la mise en place du Timp@ss
Les acteurs du projet
- La Région par le biais :
la Direction de la Formation Permanente (DFP) pilote le projet et finance l’ingénierie de formation, la formation et l’accompagnement de personnes. Elle labellise les lieux d’accueil partenaires.
La Direction de la Recherche, Enseignement supérieur, Santé, et Technologies de l’Information et de la Communication (DRESTIC) à travers le suivi de la participation des cyber-centres volontaires pour y participer. Elle accompagne également le développement des usages et des services et contribue à la mise en réseau.
La Direction de la Communication (DCM) s’est associé au projet pour la campagne de communication (logo, fléchage des lieux, informations, campagne de presse…)
La Direction des Systèmes d’Information (DSI) a pour mission la conception, la mise en œuvre et le suivi des différents systèmes d’information et la gestion de l’ensemble des systèmes et des architectures informatiques et de télécommunication.
- Les organismes de formation :
Les organismes de formation ayant été lauréats dans le cadre du marché public sont les interlocuteurs de la Région et constituent la colonne vertébrale du dispositif. Leurs missions sont le montage du dispositif, l’organisation pédagogique, l’administration, la gestion et la coordination.
- Les autres partenaires :
Les lieux d’accueil labellisés (cyber-centres, médiathèques, PIJ, CCAS, ...) sont rattachés à un organisme de formation et assurent un accueil et un accompagnement de proximité auprès des publics souhaitant bénéficier de l’offre Timp@ss. Ils ont également pour mission, la communication sur le dispositif auprès des publics.
Le Timp@ss leur permet de légitimer leur financement auprès des financeurs.
Des institutions partenaires s’associent au dispositif afin de toucher un public spécifique. Elles peuvent apporter une aide financière complémentaire aux fonds de la Région et surtout jouer le rôle de prescripteur auprès de leurs ayants droit (seniors dans le cadre d’un partenariat avec la CRAM Nord Picardie, agriculteurs dans le cadre d’un « Timp@ss Vert » mis en place par l’AFP2i sur l’Artois-Ternois, personnes illettrées accueillies par le réseau Lire,…)
Le rôle des animateurs d’EPN
L’accompagnement est assuré par des animateurs multimédia qui jouent le rôle de tuteurs.
Ces tuteurs suivent une formation obligatoire de 2 jours. Les cyber-centre représentent une trentaine de lieux sur les 280 points d’accès Timp@ss.
Une plateforme extranet permet le suivi des bénéficiaires.
Comment est financé le Timp@ss ?
La Région, réalise un appel d’offre ainsi qu’un marché public d’environ un million d’euros tous les trois ans pour sélectionner les organismes de formations qui assureront la gestion du Timp@ss. 15 lots ont été mis dans l’appel d’offre (un par territoire), actuellement cela représente 37 organismes gestionnaires. Ils sont dotés d’un montant variable en fonction des demandes estimées. Le prix moyen est d’environ 15€ par module (pris observé en fonction du nombre de module effectué et du montant de la dotation). La rémunération des lieux d’accueil dépend de la convention signée entre l’organisme de formation gestionnaire et le lieu d’accueil.
Un point sur le Timp@ss : quelques chiffres
Depuis novembre 2003, plus de 60.000 personnes ont bénéficié du Timp@ss pour s’initier ou se former aux divers outils informatique. Entre 2005 et 2008, la moyenne était d’environ 11.000 bénéficiaires par an. Depuis 2009, date de la mise en place de la nouvelle formule, environ 6900 personnes sont bénéficiaires par an. Cette baisse de bénéficiaires est la conséquence du nombre d’heures dispensé.
Les points forts de ce dispositif :
Forte visibilité auprès du grand public de l’action de la Région en matière de formation permanente.
Gratuité, proximité, accompagnement individualisé.
Le dispositif Timp@ss génère des opportunités de partenariats entre divers organismes.
Le dispositif est reproductible dans une autre Région française, le cadre légal et les réseaux d’acteurs étant semblables. Un portage politique fort s’avère cependant indispensable, du fait de l’originalité du mode de financement et de l’organisation pédagogique, qui bousculent les habitudes et les intérêts des opérateurs de formation.
L’association ANIS sur le blog2Roubaix
Julie Bailleul (ANIS) interviewée par Bruno Lestienne (Blog2Roubaix) - durée 7 mn
Les Cybercentres Nord-Pas-de-Calais sur le Blog2Roubaix
Entretien d’Isabelle Cousin (Conseil Régional Nord-Pas-de-Calais) réalisé par Bruno Lestienne (Blog2Roubaix) - durée 10 mn
Des espaces numériques de proximité
Comment mettre les TIC au service du développement du territoire ?
Telle est la question qui a servi de fil conducteur à la démarche de réflexion conduite en 2005 en étroite collaboration avec les acteurs du territoire, avec l’assistance du cabinet Insite. Les réunions et séminaires organisés dans le cadre de l’élaboration de la stratégie et du plan d’actions, ont permis de sensibiliser les élus et des agents communaux ou intercommunaux aux enjeux du développement des TIC pour le territoire.
Décliné en 5 axes, 20 mesures, 57 actions, le projet de « Territoire numérique » se propose de :
Favoriser le développement économique et faciliter l’accès à l’emploi,
Dynamiser l’intercommunalité,
Faciliter l’accès aux services publics locaux et développer de nouveaux usages,
Insuffler une « culture numérique »,
Renforcer l’identité communautaire et l’image du territoire.
Parmi les 10 actions « phare » retenues par le Conseil communautaire, voici celles qui sont déjà engagées :
Doter chaque école d’un espace informatique ouvert aux habitants en dehors des horaires scolaires (en 2007, 311 machines installées dans 16 lieux).
Mettre en place un portail internet territorial
Harmoniser l’équipement informatique des mairies
Mutualiser un service de conseil et d’assistance informatique
Mailler le territoire
Ces espaces labellisés Cyber-base, aménagés dans les écoles, sont à la disposition des enseignants pendant le temps scolaire et ouverts gratuitement au public en dehors de ce temps. Un animateur recruté par les communes et formé par la Communauté d’agglomération, assure l’accueil du public, l’initiation aux outils numériques, le conseil, ... Puisqu’il s’agit d’espaces d’intérêt communautaire, l’agglo prend en charge les coûts de fonctionnement pendant le temps d’ouverture au public, entre 8 heures et 15 heures par semaine selon les communes. Les partenaires des Espaces Numériques de Proximité sont la Caisse des Dépôts, l’Inspection Académique du Nord, les communes du territoire de la CAPH.
L’implantation dans les écoles, résulte d’un choix politique considérant la nécessité de privilégier les jeunes (40% de la population du territoire a moins de 30 ans) et dans un souci de mutualiser les investissements. L’action vise prioritairement des familles aux revenus modestes n’ayant pas accès aux TIC, les personnes ayant des difficultés pour se déplacer dans les services publics locaux ou en attente d’un accompagnement pour utiliser les outils numériques.
Ces Espaces numériques sont également des outils au service de la politique TIC de l’agglomération. Par exemple, la collaboration menée actuellement avec le Plan local pour l’insertion et l’emploi (PLIE) permettra de répondre à la volonté d’aider les demandeurs d’emploi à utiliser les outils numériques pour leurs recherches. D’autres actions sont prévues à destination des associations locales, pour l’accompagnement des usagers lors de la mise en place des services publics en ligne, ...
En s’inscrivant dans l’appel à projets « Pack Territoire » lancé par la Région Nord Pas de Calais, la démarche a pu bénéficier du financement pour 3 ans (2004-2006) d’un poste de chef de projet. Selon Virginie Galez, « Ce dispositif régional était pensé autour de l’idée qu’un portail internet devait être le point de départ d’une démarche TIC pour un territoire et qu’il ferait prendre conscience à l’ensemble des acteurs du territoire de l’enjeu des TIC. Pour la CAPH, c’est le maillage du territoire d’Espaces Numériques de Proximité qui a fait prendre conscience de l’importance des outils numériques. Avec ce projet, les TIC et le service rendu aux habitants prennent une allure concrète pour les élus. » Cela dit, un gros travail d’accompagnement des communes est indispensable pour les aider à monter leurs projets.
La proximité d’un animateur dynamise les usages des enseignants
Dans chaque école un enseignant référent a bénéficié de 4 jours de formation par la cellule académique TICE, qui fourni aussi les licences "système" des postes et serveurs. Virginie Galez constate que « l’implantation des Espaces Numériques au sein des écoles incitent les enseignants à utiliser les TIC dans le cadre scolaire, non seulement parce que le matériel est à portée de main et à leur disposition, mais surtout parce que des relations s’installent avec l’animateur "grand public" qu’il croise de temps à autre, dont la présence rassure aussi en cas de souci technique avec le matériel. » Les postes et les serveurs sont paramétrés de façon à permettre aux enseignants et à l’animateur de disposer de leurs configurations spécifiques et d’espaces de stockages distincts et protégés.
L’agglomération, maître d’ouvrage du projet, finance avec l’aide de la Caisse des Dépôts le mobilier, le matériel informatique et les travaux de câblage et met à disposition des communes par convention ce matériel pour les usages scolaires. Elle leur délègue, par convention de mandat, le fonctionnement et la gestion des espaces numériques de proximité hors temps scolaire, et leur rembourse les frais de fonctionnement.
De leur côté, les communes mettent à disposition gratuitement les locaux scolaires pour l’ouverture au public et recrute les animateurs, qui seront formés et coordonnés par la mission TIC de l’agglo.
Une médiathèque au service des projets des enseignants
Un cadre partenarial : le Contrat Educatif Local
Le pôle multimédia a accueilli en 2006/2007 une quinzaine de classes primaires, ce qui représente une centaine de séances d’animation. Si les écoles de la Ville sont équipées en multimédia, elles ne disposent pas toujours des ressources humaines qualifiées, ni des conditions de travail que peut proposer la Médiathèque (salle de 24 postes avec vidéo-projecteur). La Médiathèque a donc proposé de mettre les ressources du pôle multimédia à disposition des enseignants.
Les projets sont conventionnés dans le cadre du projet éducatif local : les enseignants remplissent des fiches pour présenter leurs projets vers mai-juin, lesquels sont d’abord validés par l’Inspection Académique. La Médiathèque reçoit les fiches des projets multimédia en septembre et invite à une réunion en octobre tous les enseignants ayant émis le souhait de venir au pôle durant l’année. L’échange autour des projets de chacun permet d’affiner les contenus et de recueillir les souhaits en terme de calendrier.
Accueil de classes à la médiathèque
Les projets se déroulent sur des périodes de 5 à 7 semaines, à raison d’une séance hebdomadaire d’une heure. L’animation est assurée par l’équipe du pôle. Un animateur conduit la séance en donnant des instructions aux enfants et en s’aidant de la projection sur grand écran. Le reste de l’équipe (2 ou 3 animateurs) ainsi que l’enseignant et les parents accompagnateurs tournent dans la salle pour assister les enfants si besoin. Un cahier de liaison dans lequel les animateurs notent à chaque séance ce qui a été fait permet le suivi des projets, ce qui s’avère indispensable dans la mesure où les animateurs sont polyvalents et se relayent.
Tous les projets démarrent par une séance d’une heure d’initiation à l’environnement informatique, assurée par les animateurs du pôle multimédia. Si le projet nécessite la pratique du traitement de texte, la séance suivante y est consacrée. Pour les maternelles et les CP, les enfants acquièrent des compétences de base (apprentissage clavier, souris, dessin dans Paint, consultation d’un cédérom) en vue d’être plus autonomes. Pour les autres classes élémentaires, les projets visent une maîtrise de base du traitement de texte, de la recherche documentaire sur Internet, voire de certains logiciels spécifiques (présentation de diaporama par ex.).
Certains projets peuvent servir de support à la certification Brevet Informatique et Internet (B2i), mais dans ce cas, ce sont les enseignants qui prennent en charge au sein de l’école la validation des items du référentiel de compétences.
Bilan positif pour les enfants comme pour les enseignants
La perception des ateliers par les enfants est d’après les enseignants très positive : « enfants impatients », « très enthousiastes » ou « fiers de leurs réalisations ». Les enseignants apprécient particulièrement la mise à disposition d’un ordinateur par enfant et sont satisfaits par la qualité de l’animation. Cette année, une enseignante a déclaré percevoir de plus en plus de différence dans la maîtrise de l’outil entre ceux qui ont un ordinateur chez eux et ceux qui n’en ont pas ... En conséquence, elle s’est rendue plus disponible au cours des séances pour accompagner ces enfants « démunis » d’ordinateurs à la maison.
Exemples de projets accueillis
Réalisation d’un journal de bord de la classe (CE1)
Productions : textes rédigés et illustrés par les enfants présentant la classe et les sorties organisées dans l’année.
Activités : photo numérique, logiciel de dessin, traitement de texte.
Créer un abécédaire concernant Cézanne et l’illustrer (CE1)
Productions : abécédaires illustrés - document sur Cézanne - poèmes pour la fête des mères.
Activités : recherche de documents, initiation word et insertion d’images
"Regards sur la ville" à la manière du photographe Eugène Atget (Centre social de la Bourgogne, jeunes niveau Collège)
Productions : diaporama sur le thème "démolition, reconstruction, la ville en chantier" en lien avec une exposition proposée par la BnF
Activités : reportage photo, retouche d’images, montage multimédia




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