Lieux d’accès publics

Point Accès Public Internet (PAPI)

"L’accès à internet n’est pas une liberté fondamentale"

C’est le député Franck Riester, rapporteur du projet de loi « Création et Internet » (dite Loi Hadopi) qui l’a dit.

Demain, si cette loi est votée suivant les propositions faites par Mme la Ministre de la Culture et de la Communication Christine Albanel le 18 février 2009 devant la Commision des lois de l’Assemblée nationale, à savoir le filtrage des accès publics internet wi-fi via une liste blanche des sites « utiles à la vie économique, culturelle et sociale du pays », nous allons tous faire un sacré bon en arrière.

Mais, laissez-moi vous raconter l’histoire de Xavier et Yolande ...

Xavier est étudiant en licence de Physique à l’Université de Lyon I. Lorsqu’il a débuté ses études, il a souscrit un prêt étudiant à « un euro par jour » pour s’équiper d’un ordinateur portable, grâce à l’opération « micro-portable étudiant », intiée en 2004 par le Ministre de l’Education Nationale, François Fillon.

Grâce à l’accès wi-fi gratuit proposé dans les locaux de la fac, il peut entre 2 cours :
- mettre à jour le site web de son club de basket avec les résultats du week-end,
- écouter les radios latino-américaines, car il est fan de salsa et il a constaté que son niveau en espagnol s’était amélioré depuis qu’il écoutait régulièrement ces émissions musicales,
- chatter avec ses copains avec qui il bosse dur cette année pour organiser une soirée pour le téléthon.

Yolande adore la quiétude des bibliothèques qu’elle fréquente assidument. Elle y vient pour travailler avec son ordinateur ultra-portable qui tient dans son sac à main. Son travail, c’est de chercher un boulot, ce qui l’occupe presque à temps plein. Elle préfère venir dans la salle de lecture de la « bibli », plutôt qu’à l’Agence pour l’emploi : ici, les gens ne voient pas écrit « chômeur » sur sa tête.
Il lui faut se documenter dans la presse spécialisée, récupérer des infos sur les sociétés, traquer les contacts intéressants sur les réseaux sociaux, ... mais aussi se démarquer, innover, en tenant à jour un blog à l’allure très professionnelle. Sa spécialité, le marketing culturel. Son modèle : le développement du merchandising au Château de Versailles, sous la Présidence de Christine Albanel. (Saviez-vous que Marie-Antoinette est une marque déposée maintenant ?)

Grâce à la connexion wi-fi proposée gratuitement aux lecteurs inscrits :
- elle relève sa boîte aux lettres sur laquelle elle reçoit des alertes de sites proposant des annonces ciblées sur son profil, très spécialisé.
- elle tient à jour son blog, qu’elle alimente de ses lectures, revue de presse, afin de montrer à ses futurs employeurs qu’elle est au fait de l’actu de son métier.

A priori tout sépare Xavier et Yolande. (Non, ne zappez pas, ceci n’est pas une pub pour un site de rencontres :-) )

Demain, si la Loi « Internet et Création » (dite Loi Hadopi) est votée suivant les propositions faites par Mme la Ministre de la Culture et de la Communication [1], recommandant le filtrage des accès publics internet wi-fi via une liste blanche des sites « utiles à la vie économique, culturelle et sociale du pays », Xavier et Yolande verront leur horizon numérique sérieusement rétrécit.

Qui défendra les blogs, le chat, les radios "étrangères", les réseaux sociaux, ... comme partie intégrante du patrimoine de l’humanité future dans la patrie des droits de l’homme et du Citoyen ?

Comme Xavier et Yolande, 3,8 millions de personnes (6 % de la population française) se connectent à Internet dans les lieux publics grâce à une liaison Wi-Fi, depuis leur propre ordinateur portable personnel. (Sce : CREDOC 2008 [2])

Par les temps qui courent, l’adage « Mieux vaut prévenir que guérir », pourrait bien être devenir « Il est plus rentable de punir que d’éduquer ».

Philippe Cazeneuve
Consultant-Formateur (Savoir en actes)

Posté le 27 février 2009 par Philippe Cazeneuve
Posté le 27 février 2009 par Philippe Cazeneuve
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Les accès publics wi-fi sous contrôle d’une liste blanche ?

Ou le web 0.5, l’internet réduit au minitel par les bien-pensants !

Black-Out du Net français

C’est à peine croyable, mais certains pensent qu’il est encore possible et légitime de limiter l’accès public dans des lieux équipés d’un accès wi-fi à quelques milliers de sites sélectionnés, une liste blanche de ce que l’internaute aurait le droit de voir.

Dans Numera : "Albanel : seuls les sites autorisés pourraient être vus en Wi-Fi !" :

C’est la surprise du jour. A l’occasion de son audition par la Commission des lois et des affaires culturelles, Christine Albanel a sorti de son chapeau une idée qui en dit long sur la vision qu’a le gouvernement d’Internet. Pour éviter que les accès Wi-Fi ne puissent être utilisés pour pirater des oeuvres sur Internet, la Ministre de la Culture a proposé que les accès publics soient configurés comme des "portails blancs".

"L’Hadopi pourra enjoindre (les gestionnaires d’accès Wi-Fi publics) de prendre des mesures préventives", a ainsi rappelé la Ministre de la Culture et de la Communication. "Par exemple un portail blanc qui ne donnerait accès qu’à des sites vérifiés, après consultation de différents acteurs concernés", a-t-elle ajouté en substance.

Il faut se rendre à l’évidence nous sommes en France, pays qui s’illustre depuis quelques années par le volonté du gouvernement de réduire les libertés d’échanges sur internet et propose de couper l’accès à internet à des milliers d’internautes par jour, soupçonnés de téléchargements illégaux par les majors de la musique ou du cinéma !
 [3]

Aujourd’hui, les outils de communication se démocratisent avec en France des millions de blogs, des milliers de photos, des milliers de vidéos, de musiques publiés chaque jour sur le web.
Cette expression fait partie de notre richesse culturelle tout autant que le site d’un ministère ou d’une collectivité. Des milliers d’associations utilisent le web pour informer, échanger, se relier.

Et tout cela serait rayé de l’accès des lieux publics en wi-fi ?

Qui osera écrire cette liste infamante des exclus du web ? Qui prononcera l’exclusion d’ATD Quart monde, de l’association de mon quartier, du fournisseur d’accès associatif, du blog citoyen d’un habitant, d’une association de diffusion du logiciel libre ou d’un groupe de jeunes musiciens ?

Soyons concret !

Si comme le pense Olivier Henrard, conseiller de Christine Albanel,
il est possible d’éditer une liste de quelques milliers de sites :
 [4]

Que répondez-vous à ceux qui qualifient cette proposition de retour à un "minitel à haut débit" ?
O. H. : C’est ridicule. Si "liste blanche" il y avait, elle pourrait comporter des milliers de sites Web.

Cela représente pour chaque département quelques dizaines de sites en divisant par 100 départements !

Alors que dans chaque département, il y a des milliers de blogs, des centaines de sites associatifs, culturels ! Ainsi les habitants d’une ville n’auront plus accès aux sites des associations de leur cité, ni à ceux de leurs centres d’intérêt.

Aux ciseaux Madame et Messieurs les censeurs !

Veut-on expérimenter sur l’accès wi-fi, puis demain sur l’accès dans les lieux publics, un retour au minitel au sens d’une expression contrôlée, des réseaux limités à des fournisseurs de services rétribués ?

A un moment où l’on parle de société de la connaissance, du vivre ensemble, voilà que nos responsables des Ministères imaginent un système que même la Chine n’a pas mis en place !

C’est le web 0.5, le retour au minitel !

Comme le décrit Benjamin Bayart , Président de FDN (fournisseur d’accès associatif) dans sa conférence "Internet libre ou Minitel 2.0" lors des Rencontres mondiales du Logiciel libre en 2007 [5]

C’est une grave incompréhension du web qui depuis sa création est un réseau d’échanges ouvert, où les internautes de plus en plus nombreux inventent de nouveaux usages, mettent en ligne des contenus personnels, associatifs, culturels, ou de biens communs, au fur et à mesure de l’avancée des outils technologiques et du haut débit.

Côté économie, que représentent ces connexions en accès ouvert dans l’océan des échanges numérisés ? Un pour dix mille ?

Les bibliothèques n’ont pas tué les librairies ; en quoi quelques points d’accès publics ouverts, qui rendent un service bien utile, sont un danger pour les opérateurs ?
S’il y a quelque chose à réguler ce sont ces coûts exhorbitants des plateformes payantes d’accès wi-fi, qui font payer quelques euros par jour une connexion partagée qui ne revient à presque rien.

J’espère que ce projet sera mort-né, comme tant d’autres idées de contrôle policier du web et de l’expression, qui fleurissent aujourd’hui !
Et j’espère qu’il ne se trouvera pas de personnes pour cautionner la constitution de telles listes !

Michel Briand
Président de CRéATIF

Lien hypertexte: La Quadrature du Net
Posté le 26 février 2009 par Michel Briand
Posté le 26 février 2009 par Michel Briand
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Les internautes des ZUS se connectent depuis les lieux d’accès publics 3 fois plus que la moyenne nationale

C’est une des données qui ressort d’un sondage IPSOS réalisé dans la cadre d’une étude du cabinet Ernst & Young pour la CDC, intitulée "Evaluation de la « fracture numérique » dans les quartiers « sensibles » traités par l’ANRU" (Novembre 2008). Ce sondage compare les réponses d’un échantillon de personnes habitant dans les ZUS de métropole avec les réponses d’un échantillon représentatif de la population française.

La synthèse des résultats de ce sondage est disponible sur I-Ville :
http://i.ville.gouv.fr/Data/inserhitlien.php?id=4169 (pdf - 6 pages - 650 Ko)

Elle révèle peu d’écarts entre les taux d’équipement informatique des ménages des ZUS (63 %) et celui de la moyenne de la population française (70 %).
- Cependant, on trouve dans les ZUS plutôt plus d’antennes satellite et de consoles de jeux et plutôt moins d’imprimantes que dans l’ensemble de la population.

La proportion de ménages utilisant internet est identique (60 %).
- par contre, la fréquence de connexion est plus faible dans les ZUS (37 % se connectent tous les jours contre 47 % dans l’ensemble de la population)
- La connexion depuis un lieu d’accès public à internet est 3 fois plus importante pour les habitants des ZUS (27 % des internautes résidants dans les ZUS se connecte depuis un PAPI , contre 9 % pour la moyenne française).

Question usages aussi, quelques différences notoires :
- Internet est 2 fois plus utilisé comme ressources pour faire ses devoirs ou suivre ses études (20 % des internautes en ZUS contre 9 % pour la moyenne française).
- Les 15-19 ans des ZUS téléchargent plus de musique (66 % d’entre eux le font contre 49 % pour la moyenne française) et jouent plus en ligne (52 % d’entre eux contre 41 % pour la moyenne française).

Les catégories traditionnelles les plus éloignées d’internet, le sont encore davantage lorsqu’ils résident dans les ZUS.
- Les femmes (46 % n’accèdent jamais à internet dans les ZUS contre 40 % en moyenne nationale)
- Les seniors (84 % des plus de 60 ans n’accèdent jamais à internet dans les ZUS contre 77 % en moyenne nationale)
- Les étrangers ont deux fois moins de chance d’être équipés d’internet à domicile que les français (41 % des étrangers résidants en ZUS ne disposent pas d’internet à domicile contre 24 % des français).

Posté le 28 novembre 2008 par Philippe Cazeneuve
Posté le 28 novembre 2008 par Philippe Cazeneuve
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4èmes Rencontres du Net public Breton à Lorient et l’accès public

Atelier : L’accès public aujourd’hui et ses élargissements

Voici le texte de présentation de cet atelier proposé par CRéATIF dans le cadre des 4èmes Rencontres du Net public breton le 28 octobre 2008 à Lorient.

"L’accès public dans les cybercommunes, les espaces publics numériques, les PAPI (points d’accès publics à internet) assure un service d’utilité sociale qui évolue vers une mise en réseau des services publics accessibles dans ces lieux (accès à l’emploi, compétences B2I, accès aux services publics ...).

D’autre part, de plus en plus de travailleurs du domaine social utilisent aujourd’hui le multimédia comme un outil de médiation pour l’insertion, le lien social, la reconquête de l’estime de soi.

C’est autour de cette double évolution de l’accès public accompagné que nous vous proposons d’échanger avec des intervenants impliqués dans cette
réflexion."

Les 4èmes rencontres du Net public Breton organisées par Mégalis

R3 - Rencontre sur l’accès public aujourd’hui et ses élargissements

Les intervenants :

  • Philippe Cazeneuve, Rédacteur en chef des guides de la collection CRéATIF-CDC
  • Élisabeth Le Faucheur Joncour, Responsable de projets, Service Démocratie locale et citoyenneté, Ville de Brest. Isolement social des personnes en situation de précarité : le multimédia comme outil de médiation.
  • Jérôme Lamache, Coordinateur du Centre de ressources des EPN de Basse Normandie.
  • Hedwige Cornet, chargée de mission EPN à la Délégation aux Usages de l’Internet.
  • Association Défis à Lanester près de Lorient. Recyclage d’ordinateur & inclusion par le numérique.

Ci-dessous, le diaporama de l’intervention de Philippe Cazeneuve

Posté le 31 octobre 2008 par Philippe Cazeneuve
Posté le 31 octobre 2008 par Philippe Cazeneuve
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Brest, Ville Connectée sur France Culture

Emission "Place de la Toile" du vendredi 7/12/07 de 11h à 12h
L’émission "Place de la Toile" animée par Xavier de La Porte et Thomas Baumgartner propose chaque vendredi de 11h à 12h un panorama de l’actualité de la Toile, avec cette semaine un dossier spécial enregistré en direct de Brest où il y est question d’accès public à internet accompagné.

Ecoutez ou podcastez l’émission sur le site de France-Culture

Enregistrée au Café du musée à Brest.

Les Invités

- Michel Briand. Adjoint au Maire de Brest, en charge de la démocratie locale, la citoyenneté et des nouvelles technologies.

- Marc Le Gall. Enseignant et responsable du projets des webtrotters des lycées à Brest.

- Régine Roué. Animatrice multimédia sur le quartier de Kerourien.

- Annabelle Boutet. Maître de conférences de sociologie à l’ENST Bretagne, membre du groupe d’intérêt scientifique MARSOUIN.

Posté le 8 décembre 2007 par Philippe Cazeneuve
Posté le 8 décembre 2007 par Philippe Cazeneuve
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